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Israël a officiellement reconnu le génocide arménien : une décision historique après des décennies d’attente

fleurs déposées devant la Flamme éternelle du Mémorial du génocide arménien de Tsitsernakaberd - Depositphotos
fleurs déposées devant la Flamme éternelle du Mémorial du génocide arménien de Tsitsernakaberd - Depositphotos
Le gouvernement israélien a officiellement reconnu, le 28 juin 2026, le génocide arménien commis par l'Empire ottoman en 1915. Une décision historique qui met fin à des décennies de prudence diplomatique et intervient près d'un an après une première déclaration ambiguë de Benjamin Netanyahou, qui avait laissé entrevoir un changement de position

Pendant plus d’un siècle, la question du génocide arménien est demeurée l’un des sujets les plus sensibles de la diplomatie israélienne. Si de nombreux historiens, intellectuels et responsables politiques israéliens avaient reconnu la réalité des massacres de 1915, l’État d’Israël s’était toujours abstenu d’une reconnaissance officielle, privilégiant ses relations stratégiques avec la Turquie puis, plus récemment, avec l’Azerbaïdjan.

Le 28 juin 2026, cette position a changé. Réuni à Jérusalem, le gouvernement israélien a adopté à l’unanimité une résolution reconnaissant officiellement le génocide arménien. À l’origine de cette initiative figure le ministre des Affaires étrangères, Gideon Sa’ar, qui a présenté cette décision comme un « devoir moral et historique ». « Il n’est jamais trop tard pour faire ce qui est juste », a-t-il déclaré à l’issue du Conseil des ministres.

Cette reconnaissance concerne les massacres perpétrés à partir du 24 avril 1915 contre les Arméniens de l’Empire ottoman. Les historiens estiment qu’entre un million et un million et demi d’Arméniens furent assassinés ou périrent lors des déportations organisées par les autorités ottomanes. Depuis plusieurs années, plus d’une trentaine de pays, dont la France, avaient déjà officiellement reconnu ces événements comme un génocide.

Cette décision constitue l’aboutissement d’une évolution amorcée l’année précédente. En août 2025, lors d’un entretien accordé au PBD Podcast animé par Patrick Bet-David, le Premier ministre Benjamin Netanyahou avait surpris en répondant à la question de la reconnaissance du génocide arménien par cette formule : « I just did. Here you go » (« Je viens de le faire. Voilà. »). Ces propos avaient aussitôt été interprétés comme une reconnaissance historique. Toutefois, plusieurs spécialistes avaient souligné qu’en l’absence d’un texte officiel, d’une déclaration gouvernementale ou d’un vote de la Knesset, il ne s’agissait que d’un geste symbolique, sans portée juridique. La résolution adoptée le 28 juin 2026 constitue donc la première reconnaissance officielle émanant du gouvernement israélien.

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Pour Israël, cette décision revêt une portée morale particulière. Né après la Shoah, l’État hébreu s’est construit autour du devoir de mémoire et de la lutte contre le négationnisme. Pendant longtemps, certains responsables politiques avaient estimé qu’une reconnaissance du génocide arménien risquait d’affaiblir le caractère singulier de l’extermination des Juifs d’Europe. D’autres, au contraire, soutenaient que reconnaître les souffrances du peuple arménien renforçait l’engagement universel contre tous les génocides.

Cette évolution intervient également dans un contexte de profond refroidissement des relations entre Israël et la Turquie, qui continue de rejeter fermement la qualification de génocide pour les événements de 1915.

Sur le plan institutionnel, le processus doit encore être achevé. La résolution gouvernementale doit désormais être ratifiée par la Knesset afin de devenir pleinement la position officielle de l’État d’Israël. Mais, d’ores et déjà, cette décision marque un tournant majeur dans la politique mémorielle israélienne et constitue une étape importante pour le peuple arménien, qui attendait depuis plus de cent dix ans cette reconnaissance de la part de l’État juif.

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