« Le travail est loin d’être terminé. » Par cette mise en garde, les Filles de Marie Auxiliatrice, plus connues sous le nom de sœurs salésiennes, rappellent que le drame vécu par le Venezuela ne s’est pas arrêté avec la fin des secousses. Près de trois semaines après les deux puissants séismes qui ont frappé le pays le 24 juin dernier, l’urgence humanitaire demeure entière. Selon le dernier bilan communiqué par les autorités vénézuéliennes et relayé par l’Agence Fides, près de 4 500 personnes ont perdu la vie. Environ 17 000 blessés ont été recensés et plus de 19 500 sinistrés vivent encore dans des centres d’accueil provisoires. À ce lourd bilan s’ajoute un nombre de disparus qui reste encore impossible à établir avec précision.
Si les opérations de secours et la distribution de l’aide internationale se poursuivent, les besoins restent immenses, notamment dans la région côtière de La Guaira, particulièrement dévastée, où les travaux de reconstruction ne font que commencer. Au milieu de cette tragédie, l’Église catholique poursuit discrètement mais inlassablement sa mission de proximité. Depuis les premières heures de la catastrophe, les religieuses salésiennes sont mobilisées auprès des familles déplacées, apportant une aide matérielle mais aussi une présence humaine indispensable.
« Nous avons distribué des repas préparés avec amour et, surtout, nous sommes restées aux côtés des personnes, à l’écoute de leurs préoccupations et en leur offrant une présence amicale dans les moments les plus difficiles », témoigne la supérieure provinciale, sœur Maria Eugenia Ramos Rangel, auprès de l’Agence Fides. Les religieuses se sont également rendues dans la région d’El Junquito, où les destructions matérielles sont considérables. Dans les centres d’accueil, elles ont distribué des pyjamas aux enfants, des kits d’hygiène et des couches pour les jeunes mères. À Caracas également, elles continuent d’accompagner des familles contraintes de vivre sous des tentes après que leurs maisons ont été déclarées inhabitables. Pour sœur Maria Eugenia, quelques signes d’espérance apparaissent malgré tout. Certaines familles ont pu être transférées vers des structures d’hébergement d’urgence. Mais cette amélioration demeure insuffisante face à l’ampleur des besoins.
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« Nous sommes heureux que plusieurs familles aient déjà été transférées dans des centres d’hébergement d’urgence, mais le travail est loin d’être terminé. De nombreuses personnes ont dû quitter leur domicile sans qu’un nouveau logement leur soit garanti. Elles continuent d’attendre des réponses concrètes et un endroit sûr où se sentir chez elles », insiste-t-elle. Ce nouvel appel rappelle que, passée l’émotion des premiers jours, les catastrophes naturelles risquent souvent de tomber dans l’oubli médiatique alors même que commence la phase la plus longue : celle de la reconstruction des vies, des familles et des communautés. Depuis le début de la crise, l’Église vénézuélienne demeure mobilisée. Évêques, prêtres, religieux, religieuses et bénévoles poursuivent leur œuvre auprès des populations sinistrées, faisant des paroisses et des communautés religieuses de véritables lieux d’accueil, de solidarité et d’espérance. Le témoignage des sœurs salésiennes rappelle enfin que la charité chrétienne ne se limite pas à répondre à l’urgence immédiate. Elle consiste aussi à demeurer auprès des plus fragiles lorsque les caméras s’éloignent, afin que les victimes ne soient pas abandonnées une seconde fois, dans l’épreuve de la reconstruction.


