Depuis plusieurs années, le Nicaragua est devenu l’un des pays où les relations entre le régime de Daniel Ortega et l’Église catholique se sont le plus fortement dégradées. Arrestations de prêtres, expulsions de religieux, fermeture d’œuvres catholiques, confiscations de biens ecclésiastiques et exil forcé de plusieurs évêques ont profondément marqué la vie de l’Église locale. C’est dans ce contexte que le Secrétariat épiscopal de l’Amérique centrale (Sedac) a publié, ce 14 juillet, un communiqué exprimant sa « grande attention » et sa « préoccupation » concernant la situation de Monseigneur Juan Abelardo Mata, évêque émérite d’Estelí.
Selon le ministère de l’Intérieur nicaraguayen, le prélat fait actuellement l’objet d’une enquête portant sur l’origine de ses biens. Les autorités n’ont toutefois fourni aucun détail sur les motifs précis de cette procédure, ni sur son statut juridique actuel.
Si le gouvernement affirme que l’évêque se trouve à son domicile, aucune information indépendante ne permet aujourd’hui de confirmer sa situation réelle. Depuis plusieurs jours, aucune nouvelle publique n’a été donnée concernant son état ou les conditions dans lesquelles il se trouve. Face à cette opacité, les évêques d’Amérique centrale lancent un appel respectueux mais ferme. Dans leur déclaration, ils écrivent :
« Nous exprimons notre préoccupation pour la santé de Monseigneur Juan Abelardo et demandons respectueusement au Gouvernement de la République d’autoriser la visite de son médecin ainsi que du personnel qui l’assiste quotidiennement, compte tenu de son état de santé délicat. »
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Cette demande, qui peut paraître élémentaire, revêt une portée particulière dans le contexte nicaraguayen. Depuis plusieurs années, de nombreux membres du clergé ont été détenus ou placés sous surveillance sans que leurs proches puissent librement leur rendre visite ou connaître précisément leur situation.Monseigneur Juan Abelardo Mata est l’une des voix épiscopales les plus connues du Nicaragua. À plusieurs reprises, il avait dénoncé les atteintes aux libertés fondamentales, les violences politiques et les restrictions imposées à l’Église. Ses prises de position lui avaient valu de devenir l’une des principales cibles des autorités.
Le communiqué du Sedac témoigne également d’une solidarité régionale rarement exprimée avec une telle clarté. Les conférences épiscopales d’Amérique centrale suivent désormais publiquement l’évolution du dossier et invitent les autorités nicaraguayennes à faire preuve de transparence.
Au-delà du cas personnel de Monseigneur Mata, cette affaire illustre une nouvelle fois les persécutions croissantes auxquelles est confrontée l’Église catholique au Nicaragua. Alors que plusieurs évêques ont déjà été contraints à l’exil et que de nombreuses institutions ecclésiales ont été fermées, l’inquiétude demeure vive quant au respect des droits fondamentaux des responsables religieux encore présents dans le pays.L’appel des évêques d’Amérique centrale est simple : permettre à un homme âgé et souffrant de recevoir les soins médicaux dont il a besoin. Un geste humanitaire qui, dans les circonstances actuelles, prend une dimension particulièrement symbolique.


