Le retrait discret d’un rapport ne suffit pas toujours à effacer le malaise qu’il révèle. En publiant puis en retirant un document présentant l’Église catholique comme une organisation « anti-droits », Amnesty International UK a mis en lumière une fracture idéologique de plus en plus profonde entre la conception chrétienne de la dignité humaine et celle portée par une partie des grandes organisations militantes occidentales. Intitulé A growing threat: the anti-rights movement in the UK, le rapport désignait comme une « menace » plus d’une centaine d’organisations britanniques. Parmi elles figuraient la Conférence des évêques catholiques d’Angleterre et du Pays de Galles, plusieurs associations pro-vie, des centres d’aide aux femmes enceintes, des médias chrétiens, mais aussi des mouvements féministes critiques de l’idéologie du genre.
Aux yeux d’Amnesty International, ces organisations s’opposeraient aux « droits » des femmes et des personnes LGBT+ en contestant l’avortement, les revendications liées au changement de sexe ou encore la redéfinition du mariage. Le rapport allait jusqu’à recommander que certaines d’entre elles perdent leur statut d’œuvres caritatives, pourtant reconnu par les autorités britanniques. Interrogée par LifeSiteNews, la Conférence des évêques catholiques a répondu avec calme. Elle rappelle que l’Église « œuvre à défendre les droits donnés par Dieu à toute l’humanité, sans exception ». Cette défense concerne les prisonniers injustement détenus, les migrants, les victimes de la traite des êtres humains, mais aussi « le droit à la vie de toute personne, de la conception jusqu’à la mort naturelle ». Les évêques réaffirment également leur attachement à la liberté religieuse, à la liberté de conscience et à la liberté d’expression, conformément à l’enseignement de Dignitatis Humanae.
Le véritable enjeu dépasse toutefois le seul cas britannique. Depuis plusieurs années, un changement profond s’opère dans le langage des droits humains. Pour de nombreuses organisations internationales, l’accès à l’avortement est désormais présenté comme un droit fondamental, tandis que les revendications liées à l’identité de genre sont progressivement intégrées au corpus des droits humains. Dès lors, ceux qui défendent la vie dès la conception, rappellent la complémentarité de l’homme et de la femme ou refusent certaines évolutions anthropologiques sont désormais accusés d’être… « anti-droits ».
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Face aux nombreuses critiques, Amnesty International UK a finalement retiré son rapport, reconnaissant qu’il avait été publié sans suivre les procédures internes habituelles. L’organisation n’a toutefois nullement renoncé à ses positions sur l’avortement ou les questions de genre, laissant penser que seule la forme de la publication était en cause. L’ironie de l’histoire mérite enfin d’être soulignée. Amnesty International fut fondée en 1961 par Peter Benenson, un catholique converti, afin de défendre les prisonniers de conscience et les victimes des régimes totalitaires. Soixante-cinq ans plus tard, cette même organisation en vient à présenter l’Église catholique comme une menace pour les droits humains parce qu’elle demeure fidèle à son enseignement sur la vie, la famille et la dignité de la personne.
Au fond, cette affaire pose une question essentielle : lorsqu’une institution bimillénaire est qualifiée d’« anti-droits » pour avoir défendu sans relâche les plus fragiles, les enfants à naître et la liberté de conscience, n’est-ce pas la définition même des droits de l’homme qui est aujourd’hui en train de changer ?


