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Le Parlement européen a-t-il enfin pris la mesure des persécutions contre les chrétiens ?

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Le 9 juillet dernier, le Parlement européen a adopté deux résolutions dénonçant les violences subies par les chrétiens au Nigeria et au Pakistan. Une prise de position forte et largement saluée, qui pose néanmoins une question : face à l'ampleur des persécutions antichrétiennes dans le monde, cette mobilisation politique sera-t-elle suivie d'effets concrets ?

Le Parlement européen a envoyé un signal politique fort le 9 juillet en adoptant deux résolutions consacrées aux persécutions dont sont victimes les chrétiens au Nigeria et au Pakistan. À une très large majorité, les eurodéputés ont condamné les violences, les enlèvements, les conversions forcées et les mariages imposés qui frappent ces communautés, tout en appelant les autorités des deux pays à agir sans délai.

Ces textes, numérotés 2026/2800(RSP) et 2026/2801(RSP), témoignent d’une prise de conscience institutionnelle d’une réalité souvent dénoncée par les organisations de défense de la liberté religieuse : les chrétiens demeurent aujourd’hui le groupe religieux le plus persécuté dans de nombreuses régions du monde.La première résolution fait suite au massacre perpétré dans le village de Kawel, dans l’État du Plateau, au Nigeria. Plusieurs dizaines de chrétiens y ont été tués lors d’une attaque armée qui a également fait de nombreux blessés et provoqué d’importantes destructions.

Adoptée par 510 voix pour, une seule contre et 86 abstentions, la résolution condamne fermement ce massacre, présente les condoléances du Parlement aux familles des victimes et appelle les autorités nigérianes à mettre fin à l’impunité. Les députés européens demandent des enquêtes indépendantes, une protection accrue des populations civiles et un renforcement de la lutte contre les groupes terroristes, notamment Boko Haram.Le texte souligne également que les violences qui ensanglantent le centre du Nigeria résultent d’un ensemble complexe de facteurs : terrorisme islamiste, conflits fonciers, tensions ethniques et religieuses, criminalité organisée et pression croissante sur les ressources naturelles.

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La seconde résolution concerne le cas de Maria Shahbaz, une adolescente chrétienne pakistanaise de treize ans qui aurait été enlevée, convertie de force à l’islam puis contrainte d’épouser son ravisseur. Le Parlement européen demande que la jeune fille puisse bénéficier d’une assistance juridique, d’un accompagnement psychologique et retrouver le contact avec sa famille. Les députés dénoncent également une pratique qui touche de nombreuses jeunes filles appartenant aux minorités religieuses.

Selon les données citées dans la résolution, près de 25 % des victimes de conversions forcées liées à des mariages sont chrétiennes, tandis que les 75 % restantes appartiennent à la communauté hindoue. Les eurodéputés exhortent également Islamabad à appliquer plus strictement la législation contre les mariages précoces et à revoir l’usage des lois sur le blasphème, régulièrement dénoncées par les défenseurs des droits de l’homme.

Ces deux résolutions rappellent que la liberté religieuse demeure un droit fondamental dont l’exercice est encore gravement compromis dans plusieurs pays. Elles constituent aussi une reconnaissance officielle des souffrances endurées par des milliers de chrétiens souvent réduits au silence sur la scène internationale.

Reste désormais à savoir si ces déclarations seront suivies d’initiatives diplomatiques ou de mesures concrètes. Car si le Parlement européen semble avoir pris davantage conscience de la gravité des persécutions antichrétiennes, les victimes, elles, continuent chaque jour de payer le prix de leur foi. Entre les résolutions votées à Strasbourg et la réalité des villages attaqués, des églises incendiées ou des jeunes filles enlevées, le chemin vers une véritable protection de la liberté religieuse reste encore long.

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