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« De la musique d’ascenseur dans notre église !  » : le concert de Jean-Claude Borelly suscite l’incompréhension

Jean-Claude Borelly - ( Wikipedia)
Jean-Claude Borelly - ( Wikipedia)
L'annonce du concert de Jean-Claude Borelly dans l'église Saint-Martin de Villetoureix, le 31 juillet prochain, a suscité de très nombreuses réactions. Au-delà de l'artiste lui-même, c'est une question essentielle qui est posée : une église consacrée peut-elle accueillir un répertoire principalement composé de variétés, de musiques de films et de mélodies populaires ?

À la suite de l’annonce du concert de Jean-Claude Borelly dans l’église Saint-Martin de Villetoureix, la rédaction de Tribune Chrétienne a reçu nombreux messages de lecteurs. Tous expriment la même incompréhension, parfois la même indignation. Comment une église catholique peut-elle accueillir un programme mêlant musiques de films, variétés et mélodies populaires, comme si un sanctuaire n’était plus qu’une salle de spectacle ? Située à Villetoureix, près de Ribérac, en Dordogne, cette église romane du XIIᵉ siècle appartient au diocèse de Périgueux et Sarlat, conduit par Monseigneur Philippe Mousset. Toujours consacrée au culte, elle n’est pas un simple monument historique, mais un lieu saint destiné à la prière et à la célébration des sacrements.

Les organisateurs mettent en avant un spectacle intitulé Au Chœur des mélodies, en soulignant la présence de quelques œuvres du répertoire sacré. Mais cela ne saurait masquer la nature réelle du programme, qui comprend également des titres comme Dolannes Mélodie, Les Corons, L’Hymne à l’amour, Je ne regrette rien, des chansons de Barbara Streisand ainsi que diverses musiques de films et mélodies populaires. Même si l’on cherche à justifier ce type de concert par un mélange d’œuvres sacrées et de répertoire profane, la question demeure entière. Une église est-elle le lieu approprié pour ce type de programmation ?

Le droit de l’Église est pourtant sans ambiguïté. Le canon 1210 du Code de droit canonique dispose : « Dans un lieu sacré, ne sera admis que ce qui sert ou favorise l’exercice ou le développement du culte, de la piété et de la religion ; est interdit tout ce qui est incompatible avec la sainteté du lieu. » Certes, l’évêque diocésain peut autoriser exceptionnellement d’autres usages. Mais cela ne signifie nullement qu’une église puisse accueillir indistinctement n’importe quel répertoire musical. Ajouter quelques œuvres religieuses à un programme essentiellement composé de variétés ou de musiques de divertissement ne suffit pas à répondre à l’exigence du droit de l’Église.

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Les plus grands trompettistes qui se produisent dans des sanctuaires l’ont d’ailleurs toujours compris. Maurice André, Guy Touvron, Thierry Caens, David Guerrier ou encore Romain Leleu privilégient Bach, Haendel, Telemann, Purcell, Albinoni ou les grandes œuvres du répertoire sacré. Ils savent qu’ils ne jouent pas simplement dans une belle acoustique : ils jouent dans un lieu consacré où la musique doit conduire les âmes vers Dieu. Les nombreux messages reçus par notre rédaction témoignent d’une attente profonde des fidèles. Ils ne demandent pas que leurs églises deviennent des salles de concert ou des lieux d’animation culturelle. Ils demandent simplement que soit respectée la vocation première d’un sanctuaire. Une église n’est pas un auditorium et les fidèles en ont assez de la confusion des genres… . Une Eglise est avant tout, la maison de Dieu.

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