Le 22 juillet 2026, le père Joseph Chang Yanfeng a été ordonné évêque du diocèse de Chifeng, en Mongolie-Intérieure. Dans un communiqué publié le même jour, le Saint-Siège a précisé que le pape Léon XIV avait approuvé sa nomination le 15 juin dernier, conformément aux dispositions de l’accord provisoire conclu entre le Vatican et la République populaire de Chine sur la nomination des évêques.
Il s’agit de la deuxième nomination épiscopale effectuée par Léon XIV dans le cadre de cet accord, après celle de Mgr Joseph Lin Yuntuan à Fuzhou. Si certains y voient le signe d’une volonté de préserver un dialogue diplomatique avec Pékin, d’autres estiment que cette décision confirme la poursuite d’une politique dont les résultats demeurent très discutés. Signé en 2018 sous le pontificat du pape François, l’accord sino-vatican reste entouré d’un grand mystère. Son contenu n’a jamais été rendu public. Officiellement, il vise à permettre au pape de conserver la décision finale sur la nomination des évêques, tout en instaurant un mécanisme de concertation avec les autorités chinoises.
Dans les faits, plusieurs épisodes ont fragilisé cette présentation. Pékin a procédé à plusieurs nominations épiscopales sans attendre l’accord de Rome, certaines ayant ensuite été reconnues par le Saint-Siège. Pour de nombreux observateurs, cette succession d’événements a nourri le sentiment que le Vatican se trouvait davantage en position d’entériner des décisions déjà prises que de les orienter.
Parallèlement, la situation des catholiques demeurés fidèles à l’Église dite « clandestine » continue de susciter une vive préoccupation.
Plusieurs évêques et prêtres ont été arrêtés, placés sous surveillance ou empêchés d’exercer librement leur ministère, tandis que la politique de « sinisation » des religions voulue par le régime communiste se poursuit. Le cardinal Joseph Zen, évêque émérite de Hong Kong, demeure l’une des voix les plus critiques à l’égard de cet accord. Selon lui, il a affaibli l’Église clandestine sans offrir de véritables garanties en matière de liberté religieuse.
La nouvelle nomination intervient également dans un contexte particulier. Durant la vacance du Siège apostolique qui a suivi le décès du pape François, les autorités chinoises avaient lancé le processus de désignation de deux nouveaux évêques avant même l’élection de Léon XIV. Ce geste avait été interprété comme la démonstration d’une Pékin convaincue que le dialogue avec Rome se poursuivrait, quel que soit le nouveau pape. Ces premières décisions de Léon XIV semblent effectivement confirmer cette continuité diplomatique. Elles ne permettent toutefois pas encore de savoir si le nouveau pontife entend simplement poursuivre l’accord existant ou s’il cherchera, à terme, à en renégocier certains aspects afin d’obtenir de véritables avancées pour la liberté de l’Église en Chine.
Huit ans après la signature d’un accord dont le contenu demeure toujours secret, une question continue donc de se poser : cette politique favorise-t-elle réellement la mission de l’Église catholique en Chine ou risque-t-elle de conforter un équilibre qui profite avant tout aux autorités communistes chinoises ? C’est sans doute l’un des grands dossiers diplomatiques du pontificat de Léon XIV.


