Le Saint-Siège a choisi de rompre le silence. Alors que de nombreuses rumeurs faisaient état ces derniers jours d’un prétendu acquittement du père Marko Rupnik pour les accusations de violences, le célèbre mosaïste slovène, accusé par de nombreuses femmes de graves abus spirituels, psychologiques et sexuels, le Vatican a officiellement démenti ces informations. Dans une déclaration transmise le 22 juillet aux journalistes accrédités auprès du Saint-Siège, Matteo Bruni, directeur de la Salle de presse du Vatican, affirme sans ambiguïté :
« Les informations publiées concernant une quelconque décision des juges présidant le procès canonique du père Marko Ivan Rupnik sont totalement infondées. »
Par cette formule, le Vatican ne se contente pas de nier un acquittement : il affirme qu’aucune décision des juges ne peut, à ce stade, être présentée comme acquise. Cette mise au point apporte également un élément inédit sur l’état de la procédure. Le Saint-Siège précise en effet que l’examen du dossier est toujours en cours et que le collège des juges poursuit son travail.
Selon Matteo Bruni, les magistrats examinent la documentation transmise par les diocèses concernés, la Compagnie de Jésus, les différentes parties impliquées dans le dossier, mais également les informations publiées dans la presse. Le Vatican ajoute que, si les juges estiment nécessaire de recueillir d’autres éléments, ils prendront eux-mêmes les initiatives nécessaires.Autrement dit, contrairement aux rumeurs qui se sont propagées depuis plusieurs jours, le procès canonique n’est pas clos.
Le directeur de la Salle de presse justifie également la discrétion observée par le Saint-Siège depuis l’ouverture de cette procédure exceptionnelle.« Au cours de la procédure, comme dans toute procédure judiciaire, aucune information concernant les activités en cours ne peut être communiquée », explique-t-il, afin de préserver la sérénité du jugement et d’éviter de porter préjudice aux personnes concernées. Une remarque qui semble viser directement les informations contradictoires diffusées ces derniers jours.Cette intervention constitue la première prise de parole officielle du Vatican depuis le début de la polémique provoquée par les annonces de certains médias italiens affirmant que le père Rupnik aurait été innocenté.
L’affaire demeure particulièrement sensible. Ancien jésuite, Marko Rupnik est accusé par de nombreuses anciennes religieuses et consacrées d’avoir exercé sur elles des violences spirituelles, psychologiques et sexuelles sur plusieurs décennies. Les accusations ont suscité une vive émotion dans toute l’Église, d’autant que plusieurs œuvres monumentales de l’artiste sont toujours visibles dans de grands sanctuaires, notamment à Lourdes.
Le démenti du Vatican ne préjuge évidemment en rien de l’issue du procès canonique. Il signifie en revanche que les informations annonçant un acquittement étaient dépourvues de fondement et que les juges poursuivent toujours l’examen d’un dossier parmi les plus sensibles de ces dernières années.
Cette clarification était devenue indispensable. Face à une affaire qui touche à la crédibilité de la justice de l’Église et à la souffrance de nombreuses victimes présumées, la diffusion de rumeurs contradictoires ne pouvait qu’accroître la confusion. En réaffirmant qu’aucune décision n’a été rendue et que la procédure suit son cours, le Saint-Siège remet les faits au centre du débat. Reste désormais une attente, celle d’une décision claire, motivée et rendue publique, afin que cette longue affaire trouve enfin son terme dans la vérité et la justice.


