Il est des images qui résument à elles seules une crise. À Munich, la fête de sainte Marie-Madeleine a donné lieu à une célébration où se sont mêlés chorégraphies, symboles militants, « sermon-dialogue » entre un évêque auxiliaire et une femme laïque, et volonté affichée de promouvoir une nouvelle vision du rôle des femmes dans l’Église.
🔴Marie-Madeleine instrumentalisée ?
— Tribune Chrétienne (@tribuchretienne) July 25, 2026
➡️En Allemagne, une célébration qui brouille toujours davantage le sens de la liturgie
➡️Après un « sermon-dialogue » entre un évêque et une laïque, en pleine contradiction avec les récentes directives romaines, la célébration de la fête… pic.twitter.com/6ztsPUXKJY
L’initiative, organisée dans le cadre d’un programme diocésain consacré à Marie-Madeleine, se voulait festive et innovante. Les participantes, vêtues de rouge, ont exécuté une chorégraphie collective avant la célébration, tandis qu’une autre danse a été présentée dans le cadre de la messe. À cela s’est ajouté un « sermon-dialogue » entre Mgr Wolfgang Bischof et Theresia Reischl, alors même que le Saint-Siège a rappelé en juin dernier que l’homélie durant la messe est réservée au ministre ordonné.
Pris isolément, chacun de ces éléments pourrait être présenté comme une simple initiative pastorale. Mais leur accumulation révèle une orientation beaucoup plus profonde : celle d’une Église qui semble davantage préoccupée par l’adaptation aux « revendications contemporaines » que par la fidélité à la tradition liturgique.
La liturgie catholique n’est pas un laboratoire d’expérimentations. Elle n’appartient ni aux évêques, ni aux commissions pastorales, ni aux groupes militants. Elle appartient à l’Église universelle. Comme l’enseignait saint Jean-Paul II dans Ecclesia de Eucharistia, personne ne peut disposer de la liturgie selon ses préférences personnelles, car elle est un trésor reçu et non une création humaine. La place accordée à la danse illustre cette confusion. La Congrégation pour les Sacrements rappelait déjà en 1975 que la danse ne fait pas partie de l’expression normale de la liturgie romaine. Si certaines cultures peuvent connaître des formes rituelles particulières, celles-ci ne sauraient justifier l’introduction de chorégraphies dans des célébrations occidentales, au risque de transformer le sanctuaire en espace de représentation.
Plus profondément encore, c’est la figure même de sainte Marie-Madeleine qui semble ici instrumentalisée. Première témoin de la Résurrection, elle est honorée par l’Église non parce qu’elle aurait revendiqué une fonction sacerdotale, mais parce qu’elle a accueilli la miséricorde du Christ et annoncé fidèlement sa victoire sur la mort. Son exemple est celui de la conversion, de la fidélité et de la mission, non celui d’une remise en cause de la constitution sacramentelle de l’Église.
Depuis plusieurs décennies, une partie de l’Église en Allemagne multiplie les initiatives qui interrogent : bénédictions de couples homosexuels, appels à l’ordination des femmes, remises en cause de la morale catholique, expérimentations liturgiques. Malgré les rappels répétés de Rome, ces initiatives se poursuivent, donnant l’impression que les directives du Saint-Siège relèvent désormais de simples recommandations.Cette célébration de Munich en offre une nouvelle illustration. Derrière une chorégraphie, des vêtements rouges ou un « sermon-dialogue » se joue une question bien plus essentielle : la liturgie est-elle encore l’acte du Christ et de son Église, ou devient-elle progressivement le lieu où s’expriment les revendications culturelles du moment ?


