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Clash autour de la reconstruction de la flèche de la basilique de Saint-Denis : Stéphane Bern préféré au maire Bally Bagayoko

Stéphane Bern @tribunechretienne - Depositphotos - Bally Bagayoko - DR
Stéphane Bern @tribunechretienne - Depositphotos - Bally Bagayoko - DR
L'élection de Stéphane Bern à la tête de l'association « Suivez la Flèche », chargée de piloter la reconstruction de la flèche de la basilique de Saint-Denis, a provoqué un véritable bras de fer avec le maire LFI Bally Bagayoko. Persuadé que cette présidence lui revenait de droit, l'édile a quitté la réunion avant le vote. Pourtant, les statuts de l'association racontent une tout autre histoire

C’est un épisode qui en dit long sur les tensions entourant l’un des plus grands chantiers patrimoniaux de France. Jeudi 23 juillet, Stéphane Bern a été élu président de l’association « Suivez la Flèche », chargée de conduire la reconstruction de la tour nord et de la flèche de la basilique de Saint-Denis. Une élection qui a tourné au bras de fer avec le nouveau maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko.

Estimant que cette présidence lui revenait naturellement en tant que maire de la commune, Bally Bagayoko s’est opposé à la candidature de Stéphane Bern. Mais devant le soutien dont bénéficiait ce dernier au sein du conseil d’administration, l’édile a finalement retiré sa candidature avant de quitter la salle avec plusieurs de ses soutiens, refusant d’assister au scrutin. Le vote s’est alors déroulé en son absence. Stéphane Bern a été élu à l’unanimité des administrateurs restés présents.

Pourquoi un tel affrontement ? Parce que le maire considérait que la présidence de l’association revenait, selon l’usage, au premier magistrat de la ville. Il est vrai que ses deux prédécesseurs, Patrick Braouezec puis Mathieu Hanotin, avaient successivement occupé cette fonction. Mais cet usage n’a jamais constitué une règle.

L’association « Suivez la Flèche » est une association de droit privé régie par la loi de 1901. Ses statuts sont clairs : son président est élu par le conseil d’administration. Aucune disposition ne réserve cette responsabilité au maire de Saint-Denis. Autrement dit, Bally Bagayoko ne disposait d’aucun droit particulier sur cette présidence.À l’inverse, plusieurs administrateurs ont estimé que Stéphane Bern était la personnalité la plus à même de conduire cette nouvelle phase du projet. Depuis des années, le défenseur du patrimoine s’est imposé comme l’un des principaux ambassadeurs des monuments historiques français. Son expérience, son réseau auprès des mécènes et sa capacité à mobiliser l’opinion publique ont pesé dans la décision.

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Selon Stéphane Bern lui-même, plusieurs partenaires du chantier, ainsi que l’État ,propriétaire de la basilique , l’ont encouragé à présenter sa candidature afin de donner un nouvel élan au projet.

Car le chantier est loin d’être achevé. Lancée officiellement en mars 2025, la reconstruction de la flèche représente un investissement d’environ 38 millions d’euros. Si une grande partie des financements a déjà été réunie, plusieurs millions d’euros restent encore à trouver pour mener les travaux à leur terme.

Après son élection, Stéphane Bern a immédiatement rejeté toute interprétation politique. « Quand on vient vous solliciter pour servir, il faut servir », a-t-il déclaré, assurant que sa candidature n’était dirigée « contre personne », mais qu’elle répondait uniquement à la volonté de faire avancer un projet patrimonial d’intérêt national. Le maire de Saint-Denis voit les choses tout autrement. Pour Bally Bagayoko, cette élection rompt avec une pratique installée depuis la création de l’association et affaiblit le rôle de la municipalité dans un projet emblématique pour la ville. Son départ avant le vote a donné à cette réunion des allures de rupture politique.

Au-delà de cet affrontement, cette séquence rappelle une réalité souvent ignorée : la reconstruction de la flèche de la basilique de Saint-Denis n’est pas pilotée par la mairie, mais par une association indépendante dont les dirigeants sont élus conformément à ses statuts. En choisissant Stéphane Bern, le conseil d’administration a privilégié une personnalité reconnue pour son engagement en faveur du patrimoine et sa capacité à fédérer les soutiens autour d’un chantier exceptionnel. Une décision parfaitement légale, mais dont les conséquences politiques dépassent désormais largement le seul cadre de la restauration de la nécropole des rois de France.

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