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[Béatification] Qui était le bienheureux Elias Pierre Hoyek , le patriarche maronite surnommé le « Père du Grand Liban » ?

Le président de la République, le général Joseph Aoun lors de la Cérémonie ( à gauche) - Elias Pierre Hoyek -  DR
Le président de la République, le général Joseph Aoun lors de la Cérémonie ( à gauche) - Elias Pierre Hoyek - DR
Le Saint-Père a rappelé le rôle déterminant de ce pasteur dans l'histoire de l'Église maronite et dans la naissance du Grand Liban, tout en confiant à son intercession le peuple libanais, aujourd'hui encore éprouvé

La cérémonie de béatification du samedi 25 juillet s’est déroulée en présence des plus hautes autorités religieuses et civiles du Liban. Étaient notamment présents le président de la République, le général Joseph Aoun, le Premier ministre Nawaf Salam, le cardinal Marcello Semeraro, envoyé spécial du pape Léon XIV, Mgr Paolo Borgia, nonce apostolique au Liban et représentant du Saint-Siège, le patriarche maronite Bechara Boutros Raï, de nombreux patriarches et évêques, ainsi que des ministres, parlementaires, diplomates, responsables militaires et des milliers de fidèles venus du Liban et de la diaspora.

Crédit dailybeirut.com

Né le 4 décembre 1843 à Helta, dans le nord du Liban, Elias Pierre Hoyek grandit au sein d’une famille profondément chrétienne. Très tôt attiré par la vie sacerdotale, il entre au séminaire maronite avant de poursuivre sa formation au Collège de la Propagande à Rome. Ordonné prêtre en 1870, il revient dans son pays où il se distingue rapidement par son intelligence, sa piété et son dévouement pastoral. En 1889, il est nommé évêque, puis, dix ans plus tard, le 6 décembre 1899, il devient le 72e patriarche d’Antioche des Maronites. Il conservera cette charge jusqu’à sa mort, en 1931, guidant l’Église maronite durant plus de trois décennies particulièrement éprouvantes.

Son patriarcat est marqué par des crises majeures. Pendant la Première Guerre mondiale, le Mont-Liban connaît une famine catastrophique qui fait des dizaines de milliers de victimes. Le patriarche Hoyek mobilise alors toutes les ressources possibles pour venir en aide aux populations, organisant des œuvres de secours, distribuant des vivres et soutenant les plus pauvres malgré les restrictions imposées par les autorités ottomanes.

Visionnaire, Elias Hoyek comprend également que l’avenir du Liban se joue sur le plan politique. Après la guerre, il conduit personnellement une délégation à la Conférence de la Paix de Paris, en 1919.

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Il y défend avec fermeté la création d’un État libanais indépendant, doté de frontières lui assurant une véritable viabilité économique. Son engagement contribue directement à la proclamation du Grand Liban le 1er septembre 1920 par le général Henri Gouraud. Cette action lui vaudra d’être surnommé, jusqu’à aujourd’hui, le « Père du Grand Liban ».

Crédit dailybeirut.com

Mais Elias Hoyek ne fut pas seulement un homme d’Église et un bâtisseur de nation. Il accorda une place essentielle à l’éducation, à la charité et à la promotion de la vie religieuse. En 1895, alors qu’il était encore évêque, il fonda la Congrégation des Sœurs maronites de la Sainte Famille, destinée à servir les plus pauvres, les malades et les enfants par l’enseignement et les œuvres sociales. Cette congrégation poursuit encore aujourd’hui sa mission au Liban et dans plusieurs pays. Pasteur proche de son peuple, profondément attaché à la communion avec le Saint-Siège, Elias Hoyek s’employa également à renforcer la formation du clergé et à développer les institutions catholiques, convaincu que la foi devait irriguer toute la vie de la société.

Décédé le 24 décembre 1931 à Bkerké, siège du patriarcat maronite, il laisse l’image d’un pasteur courageux, d’un homme de prière et d’un artisan de paix. Sa béatification, célébrée hier au Liban, reconnaît officiellement les vertus héroïques de celui qui demeure l’une des figures les plus emblématiques de l’histoire de l’Église maronite et de la nation libanaise. Au lendemain de cette célébration, le pape Léon XIV a d’ailleurs invoqué son intercession pour que Dieu accorde enfin au Liban « le don de la paix », un vœu qui résonne avec une actualité toujours douloureuse.

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