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« Les Œuvres pontificales missionnaires sont peut-être le secret le mieux gardé de l’Église catholique »

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Devant les évêques récemment nommés réunis à Rome, le père Tadeusz Nowak a regretté que les Œuvres pontificales missionnaires demeurent méconnues, y compris dans une partie du clergé. Son intervention rappelle la place décisive de la mission dans la communion des diocèses avec le Saint-Siège

Il y a des institutions dont la discrétion est presque devenue une seconde nature. Les Œuvres pontificales missionnaires en font partie. Elles irriguent pourtant la vie de très nombreuses communautés chrétiennes à travers le monde : séminaires, noviciats, catéchistes, projets pastoraux, écoles ou dispensaires. Mais leur rôle reste largement ignoré, y compris dans des diocèses où la générosité missionnaire demeure réelle.

« Les Œuvres pontificales missionnaires sont peut-être le secret le mieux gardé de l’Église catholique » : la remarque du père Tadeusz Nowak, coordonnateur par intérim des OPM, était formulée avec humour. Elle n’en contenait pas moins un constat sévère. Devant des évêques récemment nommés et venus suivre à Rome leur session de formation, il a relevé que nombre d’évêques et de prêtres « ne savent pas vraiment qui nous sommes ». Cette méconnaissance interroge. Car la mission n’est pas une activité périphérique, confiée à quelques congrégations ou à des catholiques particulièrement engagés. Elle appartient à la nature même de l’Église. Une Église locale n’est jamais seulement chargée de ses paroisses, de ses écoles, de ses finances ou de ses difficultés internes. Elle vit aussi de son lien avec les autres Églises particulières et avec celui qui préside à leur unité : l’évêque de Rome.

C’est précisément ce que le Dicastère pour l’Évangélisation a voulu rappeler aux nouveaux évêques. La journée de formation, tenue le 8 septembre à l’Université pontificale Urbanienne, était consacrée aux formes concrètes de cette communion missionnaire avec le Successeur de Pierre.

L’Obole de Saint-Pierre, les fonds destinés à la formation, les collèges romains et les OPM n’y étaient pas présentés comme de simples dispositifs techniques, mais comme des instruments d’une solidarité ecclésiale effective.

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Les OPM rassemblent quatre œuvres. L’Union pontificale missionnaire, que Paul VI qualifiait d’« âme » de l’ensemble, veille à entretenir la conscience missionnaire. L’Œuvre de saint Pierre-Apôtre accompagne la formation des futurs prêtres et religieux dans les jeunes Églises. L’Œuvre de la Sainte Enfance associe les enfants à la solidarité missionnaire, selon sa devise : « Les enfants aident les enfants ». Enfin, l’Œuvre de la Propagation de la Foi, fondée à Lyon en 1822 par la bienheureuse Pauline Jaricot, soutient la vie missionnaire des diocèses les plus fragiles.

Cette dernière précision est essentielle. La Propagation de la Foi ne se conçoit pas comme un organisme distribuant des fonds à sens unique. Le père Nowak l’a définie comme « un partenaire, et non un bienfaiteur ou un bailleur de fonds » des Églises locales. Derrière cette formule se trouve une vision profondément catholique : les communautés d’Afrique, d’Asie, d’Océanie ou d’Amérique latine ne sont pas des destinataires passifs de la générosité occidentale. Elles sont des Églises sœurs, souvent jeunes et pauvres matériellement, mais parfois riches d’un dynamisme évangélique dont l’Europe elle-même aurait beaucoup à recevoir.

Le rappel intervient à un moment où tant de diocèses occidentaux sont accaparés par leurs réorganisations, le manque de prêtres, les contraintes budgétaires ou les crises internes. Ces réalités ne peuvent être ignorées. Mais une Église qui ne regarderait plus au-delà d’elle-même risquerait de se réduire à l’administration de ses propres fragilités. Les institutions présentées à Rome racontent une autre histoire. Les collèges héritiers de l’ancienne Propaganda Fide accueillent des séminaristes, des prêtres, des religieuses et des formateurs venus des cinq continents. L’Université Urbanienne est liée à près d’une centaine d’instituts affiliés dans quarante pays. La communion avec Rome se traduit ainsi par une formation partagée, une aide contrôlée et une responsabilité commune dans l’annonce de l’Évangile.

L’Agence Fides relève également l’insistance des responsables romains sur la transparence dans la gestion des aides. C’est une exigence salutaire. La charité de l’Église n’est pas une générosité vague : elle doit être administrée avec rigueur pour atteindre ceux auxquels elle est destinée. La boutade du père Nowak peut donc devenir un appel. Faire connaître les OPM, ce n’est pas ajouter une campagne de plus au calendrier diocésain. C’est redécouvrir que la mission ne commence pas au bout du monde : elle commence lorsque chaque catholique comprend que son Église locale participe à une même œuvre, celle de transmettre le Christ à tous les peuples.

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