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Après Bétharram, le réseau des écoles La Salle confronté à son tour à de graves accusations

école Jean-Baptiste de la Salle d’Amiens - DR
école Jean-Baptiste de la Salle d’Amiens - DR
Les premiers signalements à la justice devraient être déposés à la rentrée de septembre

Selon une enquête publiée par Le Parisien, un collectif d’anciens élèves prépare le dépôt de plusieurs signalements concernant des établissements du réseau La Salle. Le quotidien affirme que le dossier pourrait concerner plusieurs centaines de victimes présumées, un nombre potentiellement supérieur à celui évoqué dans l’affaire Bétharram.

Fondé en 1680 par saint Jean-Baptiste de La Salle, l’Institut des Frères des Écoles chrétiennes est aujourd’hui présent dans près de 80 pays. En France, le réseau La Salle regroupe plusieurs dizaines d’établissements accueillant environ 150 000 élèves. Les témoignages recueillis portent sur des faits qui se seraient déroulés principalement entre les années 1950 et les années 2000 dans différents établissements répartis sur le territoire. Les accusations évoquent des violences physiques, psychologiques ainsi que des agressions sexuelles. Les premiers signalements au parquet devraient être déposés au mois de septembre, ouvrant la voie à d’éventuelles enquêtes judiciaires. À ce stade, il appartient à la justice d’établir les faits et, le cas échéant, les responsabilités.

Ce dossier intervient alors que certains établissements lasalliens avaient déjà retenu l’attention des autorités académiques. En juin 2025, le collège catholique Godefroy de Bouillon de Boulogne-sur-Mer, qui dépend du réseau La Salle, avait fait l’objet d’une inspection inopinée diligentée par le rectorat de Lille. Selon un rapport révélé en mai 2026 par Mediacités, cette inspection avait été décidée après l’analyse de plusieurs documents transmis à l’académie. Les inspecteurs relevaient notamment des difficultés concernant la bientraitance des élèves, évoquant des propos jugés blessants de certains enseignants ainsi que des « carences » dans la prévention et le traitement des violences sexuelles entre collégiens. La direction de l’établissement avait indiqué avoir engagé des mesures correctrices et assuré que les recommandations avaient été prises en compte.

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Il convient toutefois de distinguer clairement ces différentes situations. L’inspection administrative menée à Boulogne-sur-Mer ne porte pas sur les mêmes faits que les accusations aujourd’hui relayées par Le Parisien. Les premières concernent le fonctionnement d’un établissement précis ; les secondes visent des faits présumés anciens qui devront faire l’objet d’investigations judiciaires.

Comme dans l’affaire Bétharram, de nombreux témoignages émergent plusieurs décennies après les faits allégués. Ce phénomène témoigne de la difficulté, pour certaines victimes, de prendre la parole, mais aussi de l’évolution du regard porté par la société sur les violences commises à l’encontre des mineurs. Pour l’enseignement catholique, ces révélations constituent un nouveau défi. Sans céder aux amalgames qui jetteraient le discrédit sur des milliers d’établissements, d’enseignants et d’éducateurs accomplissant leur mission avec dévouement, la recherche de la vérité demeure indispensable. Les responsabilités sont personnelles ; elles doivent être établies avec rigueur par la justice, dans le respect des victimes comme de la présomption d’innocence.

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