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« Je suis d’abord un disciple avant d’être un influenceur » : le Vatican met en garde les communicateurs catholiques contre la dictature des algorithmes

À Kigali, au Rwanda, Mgr Fortunatus Nwachukwu, secrétaire du Dicastère pour l’Évangélisation, a livré une véritable feuille de route pour la présence catholique dans l’univers numérique

« Les communicateurs catholiques sont avant tout des disciples, bien avant d’être des influenceurs. » La formule de Monseigneur Fortunatus Nwachukwu résume l’intervention qu’il a prononcée le 4 août 2026 à Kigali, à l’ouverture du congrès international de SIGNIS, l’association catholique mondiale regroupant des professionnels des médias dans plus de 100 pays. Le congrès, organisé pour la première fois en Afrique, se déroule jusqu’au 8 août.

Pour l’archevêque nigérian, le bouleversement numérique constitue une formidable possibilité d’évangélisation, mais également un danger. Internet a « abattu les frontières géographiques » : une vidéo réalisée à Kigali peut être regardée presque instantanément à Manille et une homélie prononcée au Kilimandjaro atteindre Bruxelles avant même la fin de la messe.

Mgr Nwachukwu

Mais cette puissance n’est pas neutre. « La technologie n’est jamais un outil neutre », avertit Mgr Nwachukwu. Selon lui, une communication abandonnée à la logique des algorithmes risque d’alimenter « le tribalisme plutôt que la communion et la solidarité ». Les plateformes tendent à favoriser « ce qui fait du bruit, et non ce qui est vrai ; ce qui polarise, et non ce qui réconcilie ».

Pour autant, il ne s’agit nullement pour les catholiques d’abandonner les réseaux sociaux. Instagram, TikTok ou YouTube sont devenus des lieux où des millions de personnes cherchent « la vérité, un sens à leur vie et un sentiment d’appartenance ». Les communicateurs de l’Église doivent donc y être présents, mais « non pas pour attirer l’attention, mais pour rendre témoignage avec sagesse et amour ».

Mgr Nwachukwu va plus loin en rappelant aux journalistes, réalisateurs et créateurs de contenus catholiques leur responsabilité particulière envers ceux qui n’ont pas de voix. Leur métier, affirme-t-il, n’est pas seulement une compétence professionnelle, mais une vocation à donner la parole aux plus faibles : migrants, communautés oubliées, victimes d’abus, travailleurs ou enfants sans défense.

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Comme le rapporte l’Agence Fides, l’archevêque replace surtout cette mission dans une perspective explicitement chrétienne : « “catholique” n’est pas une étiquette que l’on porte, mais une identité que l’on incarne ». Le modèle de toute communication authentiquement catholique demeure le Christ, le Verbe fait chair.D’où cette formule particulièrement forte : « Chaque article que vous écrivez, chaque image que vous publiez, chaque documentaire que vous produisez […] est une brique posée pour l’une ou l’autre cité, une nouvelle tour de Babel ou une nouvelle cité de Dieu. Il n’existe pas de chantier neutre. »

Face à l’essor de l’intelligence artificielle, Mgr Nwachukwu fixe enfin une limite claire : « l’intelligence artificielle peut vous aider dans la recherche, mais ne peut vous remplacer dans le témoignage ». Son avertissement est tout aussi explicite : « Laissez la technologie être au service de votre mission. Ne permettez jamais […] qu’elle se substitue à votre conscience. » Un rappel qui prend une résonance particulière à l’heure où l’évangélisation numérique risque elle aussi de mesurer son efficacité en vues, en abonnés et en « likes » : pour le secrétaire du Dicastère pour l’Évangélisation, le communicateur catholique n’est pas d’abord appelé à devenir visible, mais à rester fidèle au Christ.

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