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Léon XIV nomme trois nouveaux historiens au Vatican : quelle sera leur mission ?

Léon XIV - capture écran
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Le Saint-Siège a annoncé, jeudi 13 août, la nomination de trois universitaires au Comité pontifical des sciences historiques. Une décision discrète, loin des grandes nominations de la Curie, mais qui met en lumière une institution chargée de favoriser la recherche historique et les relations entre l’Église et le monde universitaire

Le pape Léon XIV poursuit les nominations au sein des organismes du Saint-Siège. Dans son bulletin du jeudi 13 août 2026, la Salle de presse du Vatican annonce l’entrée de trois nouveaux membres au Comité pontifical des sciences historiques : l’Italien Umberto Longo, l’Américain Francesco Cesareo et la Polonaise Anna Barańska.

Derrière cette annonce relativement technique se trouve une institution peu connue du grand public mais importante dans les relations entre l’Église et la recherche historique.Créé en 1954 par Pie XII, le Comité pontifical des sciences historiques a pour mission de promouvoir l’étude de l’histoire et de favoriser la coopération entre le Saint-Siège et les historiens. Il participe notamment à des rencontres et colloques internationaux et contribue au dialogue scientifique autour de l’histoire de l’Église et de ses rapports avec les sociétés.Il ne s’agit donc pas d’un « ministère » du Vatican ni d’un organisme disposant d’un pouvoir doctrinal. Ses membres sont avant tout choisis pour leurs compétences universitaires.

Le premier nouveau membre, Umberto Longo, est directeur de l’Institut historique italien pour le Moyen Âge, à Rome. Médiéviste, il travaille notamment sur l’histoire religieuse, les institutions ecclésiastiques et le monachisme médiéval.Le deuxième, Francesco Cesareo, apporte un profil différent. Historien, il est président émérite d’Assumption University à Worcester, dans le Massachusetts. Mais son nom est également connu dans l’Église américaine pour une autre raison : il a présidé le National Review Board, organisme consultatif créé par la Conférence des évêques catholiques des États-Unis dans le cadre de la lutte contre les abus sexuels sur mineurs.Cette expérience lui a donné une connaissance particulière de l’une des crises les plus graves auxquelles l’Église contemporaine a été confrontée, même si sa nomination annoncée par Rome concerne ici ses compétences universitaires et historiques.

Enfin, Anna Barańska est professeure associée à la faculté des sciences humaines de l’Université catholique Jean-Paul II de Lublin, en Pologne. Historienne du XIXe siècle, elle s’est notamment intéressée aux relations entre religion, politique et société.

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Pour l’Église catholique, l’histoire constitue un domaine particulièrement sensible parce qu’elle touche aussi bien aux conciles et aux pontificats qu’aux relations entre l’Église et les États, aux guerres, aux persécutions, aux missions ou encore aux grandes crises contemporaines.Le travail historique permet également d’affronter certaines périodes controversées sans réduire le passé à des lectures purement idéologiques.Le Saint-Siège a d’ailleurs progressivement facilité l’accès des chercheurs à des fonds autrefois fermés. L’ouverture, décidée par le pape François, des archives du pontificat de Pie XII en 2020 a notamment donné une nouvelle impulsion aux recherches concernant l’attitude du Vatican pendant la Seconde Guerre mondiale.

Il serait donc excessif de chercher dans ces trois nominations un bouleversement de la ligne du pontificat. Le Comité pontifical des sciences historiques n’est ni le Dicastère pour la Doctrine de la foi ni le Dicastère pour les évêques.La décision de Léon XIV manifeste néanmoins une volonté de maintenir au Vatican un dialogue de haut niveau avec la recherche universitaire internationale.

Avec un Italien spécialiste du Moyen Âge, une historienne polonaise issue d’une grande université catholique et un universitaire américain également engagé dans la réflexion sur la crise des abus, le Comité accueille trois profils complémentaires pour une même mission : aider l’Église à regarder son histoire avec les exigences propres au travail scientifique.

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