Chapeau : Ce dimanche 27 septembre, lors de la messe célébrée dans la prairie du sanctuaire de Lourdes, Léon XIV a placé son homélie sous le signe de l’appel à la conversion adressé par la Vierge Marie à sainte Bernadette. Dans un discours profondément spirituel, le Saint-Père a rappelé la nécessité de la pénitence, défendu la dignité de toute vie humaine et invité l’Église elle-même à reconnaître ses fautes pour devenir un véritable témoin de l’espérance chrétienne.
« C’est aujourd’hui, pas demain, qu’il faut se convertir »
🇻🇦 🇫🇷LÉON XIV À LOURDES
— Tribune Chrétienne (@tribuchretienne) September 27, 2026
🔴 A Lourdes comme à Paris, une foule immense de fidèles est venue à la rencontre du pape Léon XIV , pour communier dans la foi et la prière lors de la grande messe de 11 heures
➡️ Un nouveau moment de ferveur du peuple de Dieu
extrait images Vatican… pic.twitter.com/zTEEqzfbqm
À Lourdes, Léon XIV a choisi de revenir au cœur du message confié par la Vierge Marie à sainte Bernadette en 1858. Devant les pèlerins venus de France et du monde entier, le pape a prononcé une homélie dont le fil conducteur est la conversion personnelle, condition indispensable d’une véritable renaissance spirituelle. « C’est aujourd’hui – pas demain – qu’il faut se convertir ; c’est aujourd’hui le moment favorable, le jour du salut », a-t-il rappelé, soulignant que l’appel à la pénitence traverse toute l’Écriture sainte et demeure pleinement actuel.
Le Saint-Père replace ainsi le message de Lourdes dans sa dimension proprement évangélique. La conversion n’est pas une simple amélioration morale ni une démarche de développement personnel. Elle engage le salut de l’homme et sa relation avec Dieu. Le pape rappelle que le christianisme ne promet pas seulement une consolation dans les épreuves de l’existence, mais ouvre l’horizon de la vie éternelle. Il cite à cet égard les paroles de la Vierge à Bernadette : « Je ne te promets pas d’être heureuse en ce monde mais dans l’autre ».
Cette promesse prend une résonance particulière dans une société où la recherche du bien-être matériel tend parfois à reléguer au second plan la question du salut. Léon XIV rappelle que la vocation de l’homme dépasse infiniment les limites de son existence terrestre.
« Pénitence ! Pénitence ! Pénitence ! » : l’appel de la Vierge adressé à notre époque
Le passage central de l’homélie reprend les trois mots prononcés par la Vierge Marie à Lourdes : « Pénitence ! Pénitence ! Pénitence ! ». Léon XIV s’interroge : « Serions-nous lents à comprendre ? Nous estimons-nous trop facilement sans péché ? Ne la pratiquons-nous pas assez ? » Ces interrogations touchent à une difficulté profonde du christianisme contemporain : comment annoncer la miséricorde divine sans rappeler la réalité du péché et la nécessité de la conversion ? Le pape rappelle que la pénitence n’est pas uniquement destinée à celui qui la pratique. Elle possède également une dimension de réparation et de solidarité spirituelle avec les pécheurs. Elle est un acte d’amour envers Dieu et envers les hommes. Évoquant les conflits qui détruisent tant de vies innocentes, il souligne que la transformation du monde commence nécessairement par celle des consciences : « C’est donc le cœur des hommes qu’il faut changer, à commencer par le nôtre. »
Il ne s’agit pas seulement de dénoncer le mal à l’extérieur de soi, mais de reconnaître sa propre responsabilité. La conversion chrétienne commence précisément lorsque l’homme cesse de considérer que le changement doit toujours venir des autres.
L’appel du Pape Léon XIV à prier le Rosaire
🇻🇦 🇫🇷LÉON XIV À LOURDES
— Tribune Chrétienne (@tribuchretienne) September 27, 2026
🚨À Lourdes, le pape Léon XIV invite tous les catholiques à prier le Saint Rosaire durant tout le mois d’octobre, avec une intention particulière
➡️ « Que cessent les guerres et que la paix s’installe entre les peuples en conflit »#LéonXIV #Lourdes… pic.twitter.com/oJJsTPp5IN
À Lourdes, une défense de la dignité de la vie humaine
L’un des autres passages particulièrement significatifs concerne la maladie, la souffrance et la vieillesse. Face aux courants contemporains qui cherchent à redéfinir la valeur de la vie humaine, Léon XIV présente la grotte de Massabielle comme un sanctuaire de l’espérance chrétienne. « Ici, aucune fragilité n’est rejetée », affirme-t-il, avant de s’adresser directement aux personnes malades et handicapées. Le propos revêt une portée particulière dans le contexte français des débats sur la fin de vie. Sans entrer dans les dispositions d’un texte législatif, le pape rappelle le fondement spirituel de la conception chrétienne de la dignité humaine : la valeur d’une existence ne dépend ni de son autonomie, ni de son état de santé, ni de son utilité sociale. Lourdes incarne précisément cette conviction. Les personnes malades n’y occupent pas une place périphérique : elles sont au centre de la vie du sanctuaire et de la sollicitude de l’Église.
Une conversion que l’Église doit d’abord vivre elle-même
Léon XIV applique également cette exigence à l’institution ecclésiale : « Elle doit avoir le courage de vivre cette conversion en premier lieu. » Il évoque les blessures profondes, les infidélités et les égarements commis au sein de l’Église, appelant à reconnaître humblement les fautes pour permettre une véritable guérison. Ce passage donne toute sa cohérence à l’homélie. L’Église ne peut annoncer au monde la nécessité de la conversion sans accepter de se laisser elle-même purifier par le Christ. La reconnaissance des fautes ne contredit pas sa mission : elle participe de sa fidélité à l’Évangile.
Le pape termine en confiant une mission aux pèlerins, particulièrement aux malades, dont il rappelle le rôle irremplaçable dans l’Église. « Vous repartirez en missionnaires de l’espérance ! » Ainsi, le message de Lourdes ne se réduit ni à une exhortation morale ni à la seule recherche d’une guérison physique. Il rappelle que la vocation ultime de l’homme est la vie éternelle et que la conversion, la prière et l’union à la passion du Christ constituent les chemins de cette espérance.
INTÉGRALITÉ DE L’HOMÉLIE DU PAPE LÉON XIV À LOURDES
Dimanche 27 septembre 2026 – Messe dans la prairie du sanctuaire Notre-Dame de Lourdes
« Frères et sœurs, pèlerins venus de France et du monde entier, en vous regardant ce matin, réunis dans la maison de notre Mère, je vois le visage universel de l’Église. Certains de vous ont traversé des continents, surmonté des fatigues, apporté vos joies et vos fardeaux jusqu’à cette Grotte sacrée. Quel bonheur d’être ensemble, un seul cœur, une seule famille !
Je tiens à saluer tout particulièrement les pèlerins venus de toutes les provinces et diocèses de France. Vous foulez aujourd’hui le sol de cette terre bénie qui a reçu tant de grâces. Que ce pèlerinage ravive la flamme de la foi dans vos foyers et dans vos paroisses. Portez le réconfort de Lourdes à vos voisins, à vos proches et à tout le peuple français.
Les textes que la Liturgie nous propose en ce dimanche rejoignent un aspect central du message que la Vierge Marie est venue confier à sainte Bernadette : un appel, tendre et pressant, à la conversion. Jésus pose dans l’Évangile un regard de vérité et de profonde tristesse sur les cœurs fermés : « Vous ne vous êtes pas repentis ! » (Mt 21, 32). Pourquoi cette blessure dans le cœur du Christ ? Parce que Dieu ne veut pas la perte de ses enfants. Le prophète Ézéchiel nous le rappelle : « Tout homme qui commet le mal et meurt dans cet état, c’est à cause de son mal qu’il mourra » alors que s’il se convertit, s’il « ouvre les yeux et se détourne de ses crimes, c’est certain, il vivra, il ne mourra pas » (cf. Ez 18, 26.28). C’est pourquoi les appels à la pénitence résonnent sans cesse dans les Saintes Écritures, et traversent la prédication de l’Évangile au cours des siècles. Ils revêtent une gravité salutaire pour en manifester l’urgence et la nécessité : c’est aujourd’hui – pas demain – qu’il faut se convertir ; c’est aujourd’hui le moment favorable, le jour du salut (cf. 2 Co 6, 2). Oui, Dieu désire que l’homme vive, qu’il ouvre les yeux et retourne à Lui. Se convertir, c’est quitter les chemins de l’errance pour s’engager sur la voie de la vie, en ouvrant notre cœur à la seule joie qui ne passe pas.
Jésus lui-même ne mâche pas ses mots lorsqu’Il exhorte à la pénitence, comme nous le rapporte, par exemple, saint Luc : « Si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous » (13, 5). Mais Il élargit l’horizon de la vie terrestre à celui de la vie éternelle. Alors que le bonheur ici-bas est une réalité éphémère, relative, parfois hélas inaccessible pour certains, le bonheur véritable est en revanche promis à tous, en espérance ; et il devrait faire l’objet principal de notre recherche, de nos efforts et de nos choix. La Vierge Marie n’a-t-elle pas dit à sainte Bernadette : « Je ne te promets pas d’être heureuse en ce monde mais dans l’autre » ?
Cette promesse, proclamée ici-même, résonne avec une force particulière en cette terre de France et bouscule nos mentalités contemporaines. Dans ce moment de l’histoire, au sein d’une société en quête de progrès et de bien-être matériel, mais parfois tentée d’oublier l’horizon de l’éternité, Marie vient nous rappeler la grandeur et l’ampleur de notre vocation à la vie, à la vie éternelle. Face aux courants actuels qui cherchent à redéfinir la valeur de la vie humaine devant la maladie, la souffrance ou la vieillesse, la Grotte de Massabielle se dresse comme un sanctuaire de l’espérance chrétienne. Ici, aucune fragilité n’est rejetée. Vos béquilles, vos fauteuils roulants, vos larmes cachées ne sont pas des obstacles : ils sont le lieu par excellence où vous êtes pleinement respectés, accueillis et transformés par l’amour infini de Dieu. Lourdes est le lieu béni d’une profession de foi en la beauté et la sacralité de la vie, car elle y est accueillie comme un don précieux de Dieu, appelé à s’épanouir pour l’éternité dans l’amour du Père.
« Je te promets » ! Oui, la vie éternelle est une promesse solide, certaine, que le Seigneur nous fait. Il nous l’a déjà obtenue par sa mort sur la croix et sa résurrection, et il la réalise déjà chaque jour en nous par la grâce du baptême. Elle est à notre portée, mais il nous appartient de l’accueillir librement, de la saisir, de ne pas y faire obstacle ; or l’obstacle à la grâce et à la vie éternelle, le seul obstacle, c’est le péché, le repli sur soi, ce refus de Dieu qui nous enferme dans nos obscurités! Notre responsabilité personnelle est donc en jeu, et elle est grande ! Dieu nous a voulu libres, car la liberté est une condition de l’amour ; on ne peut pas aimer par contrainte. Cette liberté qui nous est donnée, nous devons l’engager dans un “oui” au Christ, avec le secours de sa grâce, et à la suite de Marie ; un “oui” sans cesse renouvelé, et cela jusqu’à notre dernier souffle : “maintenant et à l’heure de notre mort…” disons-nous dans le “Je vous salue Marie”.
On retrouve cet appel insistant à la conversion dans les paroles que Marie prononça ici-même : « Pénitence ! Pénitence ! Pénitence ! ». Elle répète le mot trois fois… ! et invite Bernadette à en accomplir certains gestes ! Pourquoi donc ? Serions-nous lents à comprendre ? Nous estimons-nous trop facilement sans péché ? Ne la pratiquons-nous pas assez ? La Vierge nous demande de faire pénitence, non seulement pour nous-mêmes qui en avons besoin, mais aussi « pour les pécheurs », pour un monde qui va mal. Comment nos cœurs ne seraient-ils pas interpellés face aux conflits de plus en plus répandus, qui détruisent tant de vies innocentes. Or le mal que connaît notre époque vient du cœur de l’homme, Dieu n’en n’est pas responsable : « Ce n’est pas ma conduite qui n’est pas bonne – dit-il aux fils d’Israël –, c’est la vôtre » (Ez 18, 25). C’est donc le cœur des hommes qu’il faut changer, à commencer par le nôtre.
La pénitence est une œuvre suscitée par l’amour en solidarité avec le genre humain : amour pour Dieu dont on veut réparer la blessure de son Cœur causée par nos péchés ; amour pour tous nos frères les hommes qui n’entendent pas cet appel à la conversion et que leurs fautes entraînent vers la mort. Cette exigence de conversion engage l’Église elle-même dans son pèlerinage terrestre. Elle doit avoir le courage de vivre cette conversion en premier lieu. Pour guérir des blessures profondes, des infidélités et des égarements douloureux commis en son sein, nous devons nous tenir humblement sous le regard purificateur du Seigneur. Reconnaître nos propres fautes est indispensable à notre progression spirituelle, comme l’écrivait Saint Augustin : « Que te déplaise toujours ce que tu es, si tu veux atteindre ce que tu n’es pas » (Disc. 169, 15.18)
Le rappel de notre Mère à notre devoir de prière et de conversion nous remplit d’une grande espérance, car elle nous indique le moyen pour changer le cours des choses, moyen qui n’est autre que celui de nous associer à la passion du Christ. Chers malades qui connaissez la souffrance, si nombreux à Lourdes, il vous est possible de vivre vos peines et vos douleurs dans cet esprit d’offrande, pour entrer dans cette démarche rédemptrice dont le monde a tant besoin. En ce sens vous êtes vraiment au cœur de l’Église, et votre rôle est irremplaçable.
Pèlerins, frères et sœurs, vous ne repartirez pas de Lourdes comme vous y êtes arrivés : vous repartirez en missionnaires de l’espérance ! Tel est le miracle de ce lieu : susciter la joie de l’espérance au cœur même de l’épreuve et de la peine. La Vierge Marie guérit nos regards et transfigure nos cœurs en leur donnant la paix. Devenez dans vos pays, vos diocèses et vos familles, les témoins actifs de cette force et de cette tendresse divines qui nous permettent de continuer la route et d’atteindre le but. Portés par la prière des malades et l’amour de notre Mère, marchez avec confiance vers l’avenir. Ne craignez pas les tempêtes du monde : la sainte Mère de Dieu veille sur notre marche, elle enveloppe l’Église de son manteau de tendresse ; Étoile radieuse du matin, elle guide nos pas pour nous enfanter, dans la joie, à la vie même de son Fils Jésus.
Amen. »
Source Vatican


