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[Education sexuelle en Allemagne] Pourquoi Monseigneur Stefan Hesse est- il mis en cause ?

Monseigneur Hesse , archevêque de Hambourg - @Eglise catholique allemande
Monseigneur Hesse , archevêque de Hambourg - @Eglise catholique allemande
À Hambourg, l’entrée en vigueur prochaine d’un nouveau cadre d’éducation sexuelle dans quinze écoles catholiques provoque la colère de nombreuses familles

Selon les informations rapportées ce 13 août par Nico Spuntoni dans La Nuova Bussola , des parents ont saisi le pape Léon XIV puis le Dicastère pour les évêques, sans avoir obtenu jusqu’ici la réponse qu’ils espéraient. C’est donc une controverse particulièrement sensible qui agite l’archidiocèse de Hambourg. Elle concerne directement l’éducation sexuelle dispensée dans les établissements catholiques et pose une question de fond : une école catholique peut-elle adopter une conception de la sexualité et de l’identité que des parents jugent incompatible avec l’enseignement de l’Église ?

À l’origine de la polémique se trouve l’approbation par l’archidiocèse d’un nouveau cadre de référence pour l’éducation sexuelle dans les écoles catholiques. Celui-ci s’inscrit dans une « pédagogie de la diversité » et reprend notamment la formule allemande « Männlich, weiblich, divers », que l’on peut traduire par « masculin, féminin, divers ». Les familles opposées au projet considèrent que le document va beaucoup plus loin qu’une simple prévention ou qu’une éducation affective adaptée à l’âge des enfants.

Selon les propos des parents ce cadre favoriserait une « sexualisation délibérée des enfants et des adolescents » et conduirait à « dévaloriser, déformer ou rejeter la vision catholique de la sexualité, du mariage et de la famille ».Les parents contestent notamment des enseignements concernant la diversité sexuelle et les identités de genre. Ils s’inquiètent également, selon le récit du journaliste italien, de méthodes pédagogiques interactives proposées dès l’école primaire, de collaborations avec des organisations ou militants spécialisés dans l’éducation sexuelle et du manque de garanties concernant la possibilité de retirer leurs enfants de certaines séquences consacrées aux questions LGBT.

Rappelons également que Mgr Stefan Hesse avait déjà traversé une grave crise en mars 2021, à la suite de la publication du rapport consacré à la gestion des violences sexuelles dans l’archidiocèse de Cologne entre 1975 et 2018, où il avait exercé d’importantes responsabilités avant sa nomination à Hambourg. Il avait alors présenté sa démission au pape François, qui avait finalement décidé de ne pas l’accepter et de le maintenir à la tête de l’archidiocèse de Hambourg.

L’affaire est d’autant plus embarrassante pour l’Église allemande que Monseigneur Stefan Hesse, archevêque de Hambourg est présenté comme un défenseur convaincu de la synodalité. Cette fois les familles affirment précisément ne pas avoir été véritablement associées à l’élaboration du dispositif.

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Elles se sont regroupées au sein d’un « Réseau pour la protection et la prévention de l’enfance ». Après plusieurs demandes, leurs représentants auraient finalement été reçus par Mgr Hesse en décembre 2025, sans parvenir à obtenir une modification substantielle du projet.Parmi les figures de cette mobilisation apparaît Varinia Arauco Vera, mère de famille d’origine péruvienne, qui dénonce l’impossibilité d’établir un véritable dialogue avec l’archidiocèse.Le paradoxe est évident : une Église allemande qui fait de « l’écoute » et de la « participation » les maîtres mots de son Chemin synodal se retrouve accusée par des parents catholiques de ne pas les avoir suffisamment écoutés lorsqu’il s’agit de l’éducation de leurs propres enfants.

Faute d’obtenir satisfaction à Hambourg, les familles ont décidé de se tourner vers Rome. Une lettre de supplication adressée au pape Léon XIV a été remise en février au nonce apostolique en Allemagne. Les parents y demandent au pape d’intervenir pour « arrêter cette initiative » et les aider à « protéger la foi et la pureté de nos enfants ».Un passage de leur démarche mérite particulièrement l’attention. Les familles affirment que certains catholiques issus de l’immigration ne reconnaîtraient plus dans cette orientation l’Église à laquelle ils pensaient confier leurs enfants. Elles écrivent notamment que « les migrants ne sentent plus l’Église catholique de ce pays comme leur propre maison ». Le propos est lourd de sens dans une Église allemande qui revendique volontiers son engagement en faveur de l’accueil et de l’intégration.

La lettre étant restée sans réponse , les parents ont donc franchi une nouvelle étape : ils auraient déposé il y a environ deux mois une plainte canonique contre Monseigneur Stefan Hesse auprès du Dicastère pour les évêques, désormais dirigé par Mgr Filippo Iannone.L’urgence est réelle puisque le nouveau cadre doit entrer officiellement en vigueur le 20 août dans quinze écoles catholiques de l’archidiocèse de Hambourg.

L’affaire dépasse ainsi largement une querelle pédagogique locale. Elle touche à la nature même de l’enseignement catholique. Une école confessionnelle ne peut se contenter d’apposer une croix sur ses murs : sa conception de la personne humaine, du corps, de la sexualité, du mariage et de la famille est censée demeurer cohérente avec l’anthropologie chrétienne. C’est précisément ce que contestent les familles de Hambourg. Leur mobilisation pose désormais une question embarrassante à Rome : après avoir demandé pendant des années aux laïcs de participer davantage à la vie de l’Église, peut-on ignorer des centaines de parents lorsqu’ils demandent que l’école catholique demeure réellement catholique ?

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