Le calendrier ne pouvait qu’attirer l’attention. Ce samedi 5 septembre, Léon XIV a reçu en audience Monseigneur Georg Gänswein, actuel nonce apostolique en Lituanie, en Lettonie et en Estonie. Le Saint-Siège n’a donné aucune indication sur le contenu de l’entretien. Mais la rencontre intervient au moment où l’avenir du prélat allemand, longtemps secrétaire particulier et homme de confiance de Benoît XVI, fait de nouveau l’objet de nombreuses spéculations.
À 70 ans, Mgr Gänswein pourrait-il prochainement quitter les pays baltes pour Paris ? L’hypothèse n’a rien d’officiel. Elle a toutefois été évoquée cet été par des observateurs du Vatican et rapportée notamment par l’agence catholique allemande KNA. La raison est d’abord calendaire : l’actuel nonce apostolique en France, Mgr Celestino Migliore, atteindra 75 ans le 1er juillet 2027. Paris pourrait donc devenir l’une des grandes nonciatures susceptibles de se libérer prochainement. Un autre élément rend l’hypothèse crédible : Mgr Gänswein parle déjà français. KNA souligne que le français fait partie des quatre langues étrangères qu’il maîtrise depuis longtemps. Pour un diplomate susceptible d’être envoyé dans un pays où les relations entre l’Église, l’État et l’épiscopat sont particulièrement complexes, ce n’est évidemment pas un détail.
Cette audience prend surtout une dimension particulière au regard du parcours récent de l’ancien secrétaire de Benoît XVI. Après la mort du pape émérite, ses relations avec le pape François avaient été marquées par une période difficile. Renvoyé dans son archidiocèse d’origine de Fribourg sans mission particulière en 2023, Mgr Gänswein avait finalement retrouvé une fonction diplomatique en juin 2024 avec sa nomination comme nonce dans les trois États baltes.
Depuis l’élection de Léon XIV, les signes d’une normalisation se sont multipliés. La rencontre de ce samedi n’est d’ailleurs pas la première entre les deux hommes. Mgr Gänswein avait déjà rencontré le nouveau pape dans le cadre de la réunion des représentants pontificaux en juin 2025, puis avait été reçu en audience privée à la fin de cette même année.
L’intéressé lui-même n’a pas caché sa satisfaction devant le changement d’atmosphère au Vatican. En janvier, il estimait auprès d’EWTN que « la normalité revient peu à peu ». Quelques mois plus tard, à l’occasion de son 70e anniversaire, il décrivait Léon XIV comme un homme « prudent et intelligent », capable de voir les problèmes, de les prendre au sérieux et d’agir. Le profil de Mgr Gänswein rendrait évidemment une nomination en France particulièrement remarquée. Théologien de formation, profondément associé à la mémoire de Benoît XVI, il s’est récemment prononcé en faveur d’une attitude plus ouverte à l’égard des catholiques attachés à l’ancienne liturgie romaine. Son arrivée à Paris serait donc observée de très près, notamment dans un catholicisme français où la question liturgique demeure particulièrement sensible.
Elle aurait également une portée symbolique au moment où Léon XIV s’apprête lui-même à venir en France du 25 au 28 septembre, avec des étapes à Paris, Saint-Denis, Lourdes et Metz. Le programme officiel prévoit notamment des vêpres à Notre-Dame de Paris et une grande veillée avec les jeunes au Stade de France. Rien ne permet cependant d’affirmer que la France a été évoquée au cours de l’audience de ce samedi. Un nonce rencontre normalement le pape pour rendre compte de la situation des Églises et des pays auprès desquels il représente le Saint-Siège. Dans le cas de Mgr Gänswein, l’entretien peut donc parfaitement relever de cette activité diplomatique ordinaire.
Mais après les années de mise à l’écart qui avaient suivi la fin du pontificat de Benoît XVI, une chose paraît désormais beaucoup plus claire : Georg Gänswein a retrouvé le chemin du bureau pontifical. Reste à savoir si ce chemin passera bientôt par Paris.


