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[Vidéo] À Marseille, le cardinal Aveline invite l’Église à entrer dans l’année électorale avec « franchise et liberté »

Le cardinal Jean-Marc Aveline lors de  lors de la messe de rentrée du diocèse de Marseille - capture écran
Le cardinal Jean-Marc Aveline lors de lors de la messe de rentrée du diocèse de Marseille - capture écran
À quinze jours de la venue de Léon XIV en France, l’archevêque de Marseille a repris l’appel du pape à transformer les problèmes et les conflits en « étapes de croissance dans la franchise et la liberté ». Une invitation qu’il a directement appliquée à l’année électorale qui s’ouvre en France

Au terme de son homélie prononcée lors de la messe de rentrée du diocèse de Marseille, le cardinal Jean-Marc Aveline a élargi son propos à la situation du pays. Sans nommer de parti, de candidat ou de controverse particulière, l’archevêque a clairement fait référence à l’élection présidentielle de 2027 et au climat politique qui commence déjà à s’installer.

L’archevêque de Marseille venait de reprendre l’appel lancé par Léon XIV lors de l’Angélus : « Apprenons à transformer les problèmes et les conflits, qui sont inévitables dans la vie de toute famille, de toute communauté, de tout pays, en étapes de croissance dans la franchise et la liberté. » Une phrase que l’archevêque de Marseille a immédiatement appliquée à la période électorale : « Le Pape a dit ça tout à l’heure à l’Angélus, et je me suis dit : “Nous qui entrons dans une année électorale, on va avoir besoin de regarder les choses comme ça !” »

L’intervention demeure prudente. Mais deux mots méritent d’être retenus : « franchise » et « liberté ». L’unité à laquelle appelle le prélat marseillais ne saurait signifier l’effacement des convictions ou le silence devant les questions qui divisent. La fraternité chrétienne exige de les affronter loyalement, sans mépris de l’adversaire, mais sans renoncer à dire ce que l’Église tient pour vrai. Cette exigence vaut également pour l’Église de France.

À l’approche de l’élection présidentielle, saura-t-elle intervenir avec cette même franchise sur les enjeux qui engagent la dignité humaine et le bien commun ? la loi sur l’euthanasie récemment adoptée, l’avortement dans la constitution, la famille et le programme EVARS dans l’Education Nationale, la liberté de conscience ou encore la place du christianisme dans la société face à une laïcité toujours plus menaçante et source d’effacement des valeurs chrétiennes.

Ces sujets ne peuvent être réduits à de simples marqueurs partisans. Ils appellent une parole catholique claire, enracinée dans l’Évangile et dans la doctrine de l’Église

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L’ensemble de l’homélie était précisément consacré à la responsabilité des chrétiens les uns envers les autres. Reprenant la figure biblique du « guetteur », le cardinal Aveline a rappelé que le croyant ne pouvait se désintéresser du salut de son prochain. « Être créé à l’image et à la ressemblance de Dieu entraîne pour chacun une mission très concrète : celle d’être responsable de son frère, de se soucier de sa relation avec le bon Dieu, de prendre soin de son âme », a-t-il déclaré. Cette responsabilité concerne tous les baptisés, mais plus encore les prêtres, chargés de « veiller au bien des âmes ». Reprenant les mots du pape Léon XIV, L’archevêque a insisté sur la nécessité de retrouver « l’art délicat mais nécessaire de la correction fraternelle ».

Ne pas avertir un frère lorsqu’il s’égare ne serait pas seulement le négliger, mais négliger également l’Évangile et son exigence de conversion.

À quelques jours de l’arrivée du pape, le cardinal Aveline a également demandé aux fidèles de préparer leurs cœurs plutôt que de s’arrêter à l’ampleur visible de l’événement. « Les fruits spirituels d’un tel événement dépassent largement ce que nos yeux pourront voir sur le moment », a-t-il souligné.

Précisons toutefois que son allusion à l’année électorale fait naître une attente concrète. Sur des sujets qui engagent directement la dignité de toute vie humaine, l’Église ne peut faire comme si de rien n’était face au président Emmanuel Macron, qui a porté ces évolutions législatives. La venue du Saint-Père donnera peut-être l’occasion de le vérifier. Léon XIV saura-t-il exercer cette correction fraternelle à l’égard du président de la République, en rappelant que l’avortement ne devient pas un bien parce que sa pratique est protégée par la Constitution, et que provoquer délibérément la mort ne saurait être présenté comme un progrès de civilisation ?

À l’approche de 2027, c’est cette parole libre et sans ambiguïté que les catholiques sont en droit d’attendre de leurs pasteurs comme du successeur de Pierre.

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