De la Major à la Bonne Mère. Jusqu’ici curé de Notre-Dame-de-la-Major et des Accoules, le père Didier Rocca prend désormais la tête du sanctuaire qui domine Marseille. Une nouvelle mission qui le rapproche aussi géographiquement du cœur du diocèse : L’Archevêché et la résidence du cardinal Jean-Marc Aveline se trouvent, en effet, en contrebas, à proximité immédiate de Notre-Dame de la Garde.

Le parcours du nouveau recteur est moins classique qu’il n’y paraît. Avant le sacerdoce, Didier Rocca a longtemps enseigné les mathématiques. Marseillais, il a exercé dans plusieurs établissements de la ville, notamment à l’École de Provence, au lycée Lacordaire, au collège Cluny puis à Notre-Dame de la Viste, dans les quartiers Nord. L’enseignement n’est d’ailleurs qu’une partie de son engagement auprès des jeunes. Didier Rocca a également été très investi dans l’Œuvre de la Jeunesse Jean-Joseph Allemand, institution catholique historique de Marseille consacrée à l’éducation humaine et chrétienne de la jeunesse. La paroisse de Notre-Dame-de-la-Major le présentait comme religieux de l’Œuvre Allemand. Son itinéraire sacerdotal s’est ainsi construit après plusieurs années consacrées à l’éducation et à la transmission.
Ordonné prêtre il y a un peu plus de sept ans, il a ensuite exercé comme chapelain de la cathédrale Sainte-Marie-Majeure, plus familièrement appelée la Major, et comme vicaire de la paroisse Notre-Dame-de-la-Major – Les Accoules. En 2022, le cardinal Aveline le nomme curé de cet ensemble paroissial. Cette responsabilité l’a placé au cœur du Marseille historique, dans un environnement où se croisent habitants, touristes et fidèles de passage. Le père Rocca a parallèlement conservé des liens avec l’enseignement catholique, notamment comme prêtre référent de l’établissement Notre-Dame de la Major. Son nouveau ministère prolonge donc un parcours profondément ancré dans la cité phocéenne.
À Notre-Dame de la Garde, la mission change toutefois de dimension. La basilique n’est pas seulement l’un des monuments les plus connus de Marseille. Elle est avant tout un sanctuaire marial et un haut lieu de la dévotion populaire.
Marins, familles, pèlerins ou simples visiteurs viennent depuis des générations se confier à celle que les Marseillais appellent affectueusement la « Bonne Mère ». Près de deux millions de personnes franchissent chaque année les portes du site. Être recteur d’un tel lieu suppose donc de concilier plusieurs réalités. Il faut assurer la vie liturgique du sanctuaire, accueillir les pèlerins, accompagner la dévotion populaire, tout en composant avec une fréquentation touristique considérable. Les ex-voto qui couvrent certaines parties de la basilique, les cierges, les intentions de prière et les messes témoignent d’une dimension religieuse qui demeure bien vivante derrière l’image mondialement connue du monument.
Précisons que le père Didier Rocca succède au père Olivier Spinosa, qui aura dirigé le sanctuaire pendant neuf ans. Une période marquée notamment par l’important chantier de restauration de la basilique et de sa statue monumentale, soutenu par des dizaines de milliers de donateurs, mais aussi par la venue du pape François en septembre 2023 à l’occasion des Rencontres méditerranéennes. Le pontife argentin avait alors fait de Marseille une étape emblématique de son discours sur la Méditerranée, accordant une place centrale aux questions migratoires et au dialogue entre les peuples. C’est donc à la tête d’un sanctuaire récemment restauré, fort d’un rayonnement qui dépasse largement Marseille, que le père Didier Rocca commence aujourd’hui sa mission.
En choisissant le père Didier Rocca, âgé de 58 ans, le cardinal Aveline confie donc la Bonne Mère à un enfant du pays né à Marseille et profondément enraciné dans la cité phocéenne. Il y exercera désormais l’une des charges religieuses les plus visibles. Notons que ce changement de recteur trouve aussi un écho à Paris, où beaucoup prédisent, espèrent ou attendent une évolution à la tête de la cathédrale Notre-Dame. Depuis plusieurs mois, rumeurs, noms avancés et vraies ou fausses révélations alimentent les conversations autour d’une éventuelle succession du père Olivier Ribadeau Dumas, actuel recteur, tandis que plusieurs voix souhaitent voir s’ouvrir une nouvelle page après la visite pontificale.
Ce changement de recteur trouve aussi un écho à Paris, où beaucoup prédisent, espèrent ou attendent une évolution à la tête de Notre-Dame. Depuis plusieurs mois, rumeurs, noms avancés et vraies ou fausses révélations circulent autour d’une éventuelle succession du père Olivier Ribadeau Dumas. En attendant, c’est bien l’actuel recteur qui aura l’honneur d’accueillir le Saint-Père le 25 septembre prochain, aux côtés de Monseigneur Laurent Ulrich, lui aussi objet de spéculations persistantes sur son avenir à la tête du diocèse, même s’il s’est employé à les démentir. À Marseille, c’est déjà fait : une nouvelle page s’écrit désormais sous le regard de la Bonne Mère.


