Le choix de Metz possède une dimension historique particulière. Située au carrefour de plusieurs nations, la ville appartient à une région marquée par les conflits franco-allemands et les efforts de réconciliation qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale. Elle est également liée à la mémoire de Robert Schuman, l’un des principaux artisans de la construction européenne, dont l’engagement politique était profondément nourri par sa foi catholique.
Cette dernière étape devrait attirer entre 50 000 et 100 000 personnes, selon les estimations rapportées par nos confrères de La Croix. Une nouvelle mobilisation après la ferveur exceptionnelle de Paris, où plus de 800 000 personnes auraient participé aux différents rassemblements, et les quelque 150 000 fidèles réunis dimanche à Lourdes pour la messe pontificale.
Une rencontre interreligieuse autour d’un appel commun à la paix
Le pape doit quitter Lourdes à 7 h 40 et atterrir à l’aéroport de Metz-Nancy-Lorraine à 9 h 20, où il sera accueilli par les autorités locales. À 10 heures, Léon XIV rejoindra le centre des congrès Robert-Schuman pour une rencontre avec les principaux représentants des religions présentes en France. Le cardinal Jean-Marc Aveline, président de la Conférence des évêques de France, le grand rabbin de France Haïm Korsia, le recteur de la Grande Mosquée de Paris Chems-eddine Hafiz, le métropolite orthodoxe Mgr Dimitrios, Christian Krieger, président de la Fédération protestante de France, et Antony Boussemart, coprésident de l’Union bouddhiste de France, figurent parmi les participants annoncés.
Cette rencontre sera marquée par la présentation de l’« appel de Metz », une déclaration commune préparée par les représentants des différents cultes. Le souverain pontife doit également signer ce texte avant de prononcer un discours.
Dans un contexte international marqué par la multiplication des conflits et des tensions religieuses, cette initiative entend rappeler la responsabilité particulière des religions dans la recherche de la paix. Pour l’Église catholique, le dialogue interreligieux ne suppose pas l’effacement des différences doctrinales, mais la reconnaissance de la dignité de chaque personne et la recherche du bien commun.
Emmanuel Macron et plusieurs dirigeants européens attendus autour du pape
À 11 heures, une deuxième rencontre réunira des responsables politiques et religieux autour de l’avenir de l’Europe. Les dirigeants des États membres de l’Union européenne ont été conviés par l’Élysée, même si la liste complète des participants n’a pas encore été rendue publique. Outre Emmanuel Macron, la presse régionale annonce notamment la présence du grand-duc Guillaume de Luxembourg et du prince Albert II de Monaco. La participation d’Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a également été évoquée, sans confirmation officielle à ce stade. Le Premier ministre luxembourgeois, Luc Frieden, a quant à lui confirmé sa participation à cette rencontre.
Cette rencontre donnera à la dernière journée du voyage une dimension diplomatique particulière. Après avoir rappelé à Paris les racines chrétiennes de la France et la légitimité de l’engagement des catholiques dans la vie publique, Léon XIV s’adressera cette fois à une Europe confrontée aux défis de la guerre, des divisions politiques et de la préservation de son héritage spirituel. La référence à Robert Schuman prend ici tout son sens. Pour cet homme d’État catholique, la construction européenne devait permettre de dépasser les rivalités nationales qui avaient conduit le continent à deux guerres mondiales. La réconciliation franco-allemande constituait le point de départ d’une solidarité destinée à rendre durablement possible la paix entre les peuples.
Une dernière rencontre avec les fidèles dans les rues de Metz
Après un déjeuner à l’évêché auprès de Mgr Philippe Ballot, archevêque-évêque de Metz, Léon XIV retrouvera les fidèles à partir de 14 h 30 pour un parcours en papamobile à travers le centre-ville.
Le cortège empruntera notamment l’avenue Foch, la place de la République, le quai Paul-Vautrin et la place de Chambre, avant de rejoindre la cathédrale Saint-Étienne. Ce parcours permettra aux habitants et aux pèlerins de saluer le souverain pontife avant la dernière célébration de son voyage. La ville a mis en place un important dispositif d’accueil et de sécurité, accompagné de restrictions de circulation. De nombreux points de contrôle sont prévus dans le périmètre sécurisé. Les transports du réseau Le MET’ seront gratuits afin de faciliter les déplacements des pèlerins.
Une dernière messe pour la paix dans la cathédrale Saint-Étienne
À 16 heures, Léon XIV présidera la dernière messe de son voyage apostolique en France, dans la cathédrale Saint-Étienne. Cette célébration constituera l’ultime grand rendez-vous spirituel d’un déplacement marqué par la ferveur des catholiques français.
Le président Emmanuel Macron, qui n’avait pas assisté à la messe célébrée samedi place de la Concorde, doit finalement être présent à cette dernière célébration
La cathédrale pourra accueillir environ 2 000 personnes, tandis que 12 000 autres pourront suivre la cérémonie à l’extérieur, grâce à des écrans géants. La communion sera également distribuée aux fidèles réunis aux abords de l’édifice.La liturgie sera accompagnée par la Maîtrise de la cathédrale, forte de 150 choristes, enfants et adultes. Le chant grégorien figurera notamment au programme musical, aux côtés des interventions de l’organiste titulaire Thierry Ferré. Cette messe viendra prolonger, dans la prière, les réflexions développées au cours de la matinée. Car la paix, dans la tradition chrétienne, ne relève pas uniquement des accords entre États. Elle engage aussi la conscience humaine, la recherche de la justice, le pardon et la reconnaissance de la dignité de chaque personne.
À l’issue de la célébration, le pape rejoindra l’aéroport de Metz-Nancy-Lorraine, où une cérémonie officielle de départ est prévue à 18 h 30. Son avion doit décoller pour Rome à 19 heures, avec une arrivée annoncée à Fiumicino à 20 h 50.


