Au lendemain de sa rencontre avec sept victimes d’abus sexuels à Lourdes, Léon XIV a été directement interrogé sur une question particulièrement sensible. Plusieurs victimes avaient affirmé, à l’issue de leur entretien avec le Saint-Père, que celui-ci avait reconnu le caractère systémique des violences sexuelles commises au sein de l’Église. Dans l’avion qui le ramenait de Metz à Rome, le pape a tenu à préciser publiquement sa pensée :
« Plusieurs d’entre eux ont évoqué des abus systémiques. Personnellement, je préfère l’exprimer autrement, même si j’ai bien parlé de certaines organisations au sein de l’Église qui se sont parfois, si l’on peut dire, comportées en tant que système de manière abusive. Mais je pense qu’il est important de faire la distinction. »
Cette précision est importante. Léon XIV ne nie pas l’existence de dysfonctionnements institutionnels. Il reconnaît explicitement que certaines organisations ecclésiales ont pu se comporter de manière abusive en tant que système. Il préfère cependant ne pas reprendre à son compte la qualification générale d’abus sexuels systémiques dans l’Église. Cette distinction permet de différencier les violences commises, la responsabilité personnelle de leurs auteurs et les défaillances institutionnelles qui ont pu favoriser leur perpétuation. Reconnaître ces dernières ne signifie pas nécessairement attribuer à l’ensemble de l’institution ecclésiale un fonctionnement uniformément abusif.
Le pape a surtout insisté sur la gravité particulière des violences sexuelles lorsqu’elles sont commises au sein de l’Église : « Les abus sexuels sont avant tout un problème humain. Lorsqu’ils se produisent au sein de l’Église, ils revêtent en réalité une toute autre dimension, car la vie de foi des personnes est profondément blessée, voire parfois détruite. » Ces paroles rappellent que les violences commises par des personnes investies d’une autorité religieuse peuvent atteindre les victimes jusque dans leur relation à Dieu. La responsabilité de l’Église ne saurait donc se limiter à la reconnaissance des faits. Elle implique également une écoute attentive et un accompagnement des personnes blessées.
Léon XIV a d’ailleurs expliqué avoir demandé aux sept victimes rencontrées à Lourdes de l’aider à transmettre aux autres victimes sa volonté, ainsi que celle de l’Église, de les écouter et de les accompagner sur le chemin de la guérison. La clarification apportée dans l’avion ne constitue donc ni un démenti formel des témoignages recueillis à Lourdes ni une négation des responsabilités institutionnelles. Elle marque la volonté du pape de distinguer la qualification générale des abus sexuels du fonctionnement abusif de certaines organisations ecclésiales, tout en réaffirmant la responsabilité particulière de l’Église envers les victimes.


