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Le pape Léon XIV confie la direction des Œuvres pontificales missionnaires à une religieuse irlandaise

Soeur Mary Teresa Barron - capture
Soeur Mary Teresa Barron - capture
Jeudi 8 octobre, Léon XIV a nommé sœur Mary Teresa Barron, ancienne présidente de l’Union internationale des supérieures générales, à la tête des Œuvres pontificales missionnaires, lui confiant ainsi d’importantes responsabilités dans le financement et le soutien de l’évangélisation à travers le monde

Soeur Mary Teresa Barron, religieuse irlandaise de 57 ans, secrétaire adjointe du Dicastère pour l’évangélisation, au sein de la section chargée de la première évangélisation et des nouvelles Églises particulières,exercera simultanément la fonction de présidente des Œuvres pontificales missionnaires (OPM), à compter du 4 janvier 2027.

Originaire de Donegal, en Irlande, où elle est née le 7 novembre 1968, sœur Barron appartient aux Sœurs missionnaires de Notre-Dame des Apôtres, une congrégation particulièrement engagée dans l’évangélisation en Afrique. Supérieure générale depuis 2018, elle possède une formation en administration de la santé publique et en développement international. Entre 2022 et 2025, elle a présidé le Service de documentation et d’étude sur la mission mondiale (SEDOS), puis, de 2023 à 2025, l’Union internationale des supérieures générales (UISG), qui rassemble les responsables de congrégations religieuses féminines.

Le parcours de sœur Barron s’inscrit dans les orientations institutionnelles encouragées par le pape François. Son engagement au sein de l’UISG l’a placée au cœur des réflexions sur la synodalité, la participation des femmes aux responsabilités ecclésiales et l’évolution du gouvernement de l’Église. En 2024, François l’avait déjà nommée membre du Dicastère pour l’évangélisation. Cette proximité avec le précédent pontificat est avant tout institutionnelle, mais elle est significative. Sous François, plusieurs responsabilités traditionnellement confiées à des prélats ont été ouvertes à des religieuses, notamment avec la nomination de sœur Simona Brambilla comme préfète du Dicastère pour les instituts de vie consacrée en janvier 2025.

Léon XIV poursuit cette évolution en confiant à sœur Barron une fonction importante dans l’administration missionnaire du Saint-Siège. Cette orientation soulève des interrogations ecclésiologiques sur l’articulation entre pouvoir de gouvernement et ministère ordonné, sans remettre en cause la doctrine catholique réservant le sacrement de l’ordre aux hommes.

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Un rôle déterminant dans le financement de l’évangélisation

La fonction confiée à sœur Barron dépasse largement une nomination symbolique. Les Œuvres pontificales missionnaires constituent un instrument essentiel du soutien apporté par le Saint-Père aux territoires de mission. Elles regroupent quatre institutions : la Propagation de la Foi, Saint-Pierre-Apôtre, l’Enfance missionnaire et l’Union pontificale missionnaire. Leur action permet notamment de soutenir la formation des séminaristes, les vocations sacerdotales et religieuses, les communautés chrétiennes et les besoins matériels des jeunes Églises.

La constitution apostolique Praedicate evangelium, promulguée en 2022, confie au secrétaire adjoint chargé des OPM la gestion et la répartition équitable des subventions destinées à la coopération missionnaire. Sœur Barron exercera donc une responsabilité concrète dans l’attribution de ressources indispensables à de nombreux diocèses, particulièrement en Afrique et en Asie. Ces décisions financières ne sont jamais purement administratives. Elles peuvent déterminer la capacité d’un séminaire à former de futurs prêtres, d’une communauté à maintenir sa présence ou d’un diocèse à poursuivre son œuvre d’évangélisation.

La nomination d’une religieuse formée au développement international invite également à rappeler la finalité propre de l’activité missionnaire. L’Église a toujours associé l’annonce de l’Évangile au service des pauvres, à l’éducation et aux œuvres de charité. Mais ces engagements, indispensables, ne peuvent remplacer l’annonce explicite de Jésus-Christ. Cette distinction mérite une attention particulière à une époque où les préoccupations sociales, environnementales et humanitaires occupent une place croissante dans les discours ecclésiaux.

L’évangélisation ne peut devenir une simple coopération internationale, pas davantage que la charité chrétienne ne saurait être séparée de la foi qui l’inspire. Saint Paul VI le rappelait dans Evangelii nuntiandi : « Il n’y a pas d’évangélisation vraie si le nom, l’enseignement, la vie, les promesses, le Règne, le mystère de Jésus de Nazareth Fils de Dieu ne sont pas annoncés. »

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