Selon l’agence Adnkronos, le souverain pontife aurait adressé quelques mots particulièrement significatifs à Monseigneur Jorge Eduardo Lozano, archevêque de San Juan de Cuyo. « Nous nous verrons en Argentine. » Cette phrase, que Léon XIV aurait prononcée lundi 12 octobre en prenant congé de Mgr Jorge Eduardo Lozano, prend une résonance particulière au moment où le souverain pontife s’apprête à subir une intervention chirurgicale au poumon. Rapportés par le média argentin Infobae, puis par l’agence italienne Adnkronos, ces quelques mots témoignent de la volonté du pape de maintenir son déplacement en Amérique latine, prévu au mois de novembre.
L’entretien s’est déroulé lundi matin dans la bibliothèque du Palais apostolique, entre 9 h 45 et 10 h 15. Selon les informations rapportées par la presse argentine, l’archevêque de San Juan de Cuyo aurait trouvé Léon XIV serein, malgré l’opération qui l’attendait le lendemain. Le pape se serait intéressé aux préparatifs du voyage, posant plusieurs questions sur son organisation et les rencontres envisagées. Au moment de prendre congé, Mgr Lozano lui aurait simplement lancé un « À bientôt », auquel le souverain pontife aurait répondu : « Nous nous verrons en Argentine. » Une réponse qui, sans constituer une confirmation officielle du déplacement, indique que Léon XIV n’entend pas, à ce stade, renoncer à ce rendez-vous avec les catholiques sud-américains.
Une opération au poumon qui pourrait modifier le calendrier
Mardi 13 octobre, Léon XIV doit être pris en charge à la polyclinique universitaire Agostino Gemelli de Rome pour une intervention concernant un nodule pulmonaire. L’opération doit être supervisée par le professeur Stefano Margaritora, spécialiste de chirurgie thoracique. La durée d’hospitalisation annoncée est d’environ une semaine, mais celle-ci ne saurait être confondue avec le délai nécessaire à une récupération complète. Après une intervention thoracique, la reprise des déplacements aériens dépend notamment de l’évolution postopératoire et de l’avis de l’équipe médicale.
La question est d’autant plus importante que le voyage envisagé débuterait moins d’un mois après l’opération. À ce stade, aucune décision définitive concernant un éventuel report n’a été annoncée. Les prochaines communications du Vatican permettront de déterminer si le programme initial peut être maintenu.
L’Argentine, l’Uruguay et le Pérou au programme
Selon la presse argentine, le déplacement apostolique devrait commencer en Uruguay autour du 6 novembre, avant une étape en Argentine du 8 au 11 novembre, puis une visite au Pérou. En Argentine, plusieurs lieux sont évoqués, notamment Buenos Aires, Córdoba et le sanctuaire de Notre-Dame de Luján, l’un des principaux centres de pèlerinage du pays. Cette basilique, consacrée à la Vierge Marie, occupe une place particulière dans la vie spirituelle des Argentins. Une célébration pontificale y constituerait un moment important pour une Église profondément marquée par la piété populaire. Le passage au Pérou revêtirait également une signification personnelle pour Léon XIV. Avant son élection au siège de Pierre, Robert Francis Prevost a consacré une grande partie de sa vie religieuse et épiscopale à ce pays, notamment comme missionnaire augustinien puis évêque de Chiclayo. Ce retour serait l’occasion de retrouver des communautés auprès desquelles il a exercé son ministère pendant de nombreuses années.
Selon Infobae, les organisateurs argentins n’auraient reçu aucune instruction du Saint-Siège leur demandant de suspendre les préparatifs. Le président Javier Milei aurait néanmoins fait savoir qu’un éventuel report serait compris si les médecins le jugeaient nécessaire. La rencontre avec Mgr Lozano intervient ainsi à un moment décisif. Elle montre qu’à la veille de son hospitalisation, Léon XIV continuait de se projeter dans l’exercice de son ministère apostolique, au-delà des contraintes médicales immédiates.
Pour les fidèles d’Amérique latine, les paroles rapportées par l’archevêque constituent un signe encourageant. Mais entre la volonté du souverain pontife et la réalité de sa convalescence, la décision appartiendra désormais à l’évolution de son état de santé et aux recommandations de ses médecins.


