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Pseudonymes, 25 gendarmes et un chef de la sécurité au bloc opératoire : les secrets de l’hospitalisation de Léon XIV

La chapelle Saint-Jean-Paul-II, située dans le hall d’entrée de l’hôpital Gemelli, à Rome. Commandée par le pape François, elle peut accueillir jusqu’à 100 fidèles - DR
La chapelle Saint-Jean-Paul-II, située dans le hall d’entrée de l’hôpital Gemelli, à Rome. Commandée par le pape François, elle peut accueillir jusqu’à 100 fidèles - DR
De la surveillance de l’espace aérien aux examens médicaux protégés par des pseudonymes, l’hospitalisation de Léon XIV au Gemelli révèle les coulisses d’un dispositif de sécurité exceptionnel

Mardi 13 octobre, alors que Léon XIV subit une intervention chirurgicale destinée à retirer le lobe inférieur de son poumon droit, un homme se trouve dans la salle d’opération sans appartenir au personnel médical : Gianluca Gauzzi Broccoletti, commandant du Corps de la gendarmerie de l’État de la Cité du Vatican. Sa présence jusque dans le bloc opératoire, aux côtés des chirurgiens et des anesthésistes, témoigne des mesures de sécurité exceptionnelles déployées autour du souverain pontife. Cette protection s’inscrit dans une organisation beaucoup plus vaste, mise en place dès son admission au Policlinico Agostino Gemelli, à Rome :

Vingt-cinq gendarmes mobilisés, surveillance aérienne, cinq religieuses présentes auprès du Saint-Père, salle spécialement aménagée pour la célébration de la messe et communications étroitement encadrées avec le Vatican : de la confidentialité des examens médicaux à la préparation des repas, chaque détail de cette hospitalisation fait l’objet de précautions particulières.

Au cœur de ce dispositif, le docteur Luigi Carbone, médecin personnel de Léon XIV et responsable de la Direction de la santé et de l’hygiène du Vatican, joue un rôle central. Présent auprès de l’équipe médicale, il accompagne étroitement le souverain pontife tout au long de sa prise en charge et assure le lien entre les médecins de l’hôpital et l’entourage pontifical. Cette hospitalisation exceptionnelle a mobilisé une équipe médicale de premier plan, sous la direction du professeur Stefano Margaritora, entouré de plusieurs spécialistes en chirurgie thoracique et du professeur Massimo Antonelli, responsable de l’anesthésie. Le pape a passé environ trois heures dans le secteur opératoire, dont une heure et demie consacrée à l’intervention chirurgicale proprement dite, au cours de laquelle les médecins procèdent à l’ablation du lobe inférieur de son poumon droit, atteint d’un adénocarcinome.

La présence du commandant de la gendarmerie répond à la nécessité de maintenir la protection du chef de l’Église catholique jusque dans l’environnement chirurgical, y compris lorsqu’il se trouve sous anesthésie.

Une vigilance qui se prolonge jusque dans les gestes les plus ordinaires de sa convalescence, notamment les repas, préparés par les religieuses présentes à l’étage selon les prescriptions médicales. Après son réveil, Léon XIV aurait d’ailleurs demandé à dîner dès le mardi soir. Même l’organisation de son alimentation s’inscrit ainsi dans le dispositif particulièrement encadré qui entoure son hospitalisation. Autre disposition particulièrement étonnante : les données médicales du souverain pontife font l’objet de procédures de confidentialité renforcées. Certains examens sont enregistrés sous des pseudonymes, avec des âges volontairement modifiés ou au moyen de codes spécifiques. Ces précautions visent à empêcher toute consultation non autorisée des résultats médicaux.

Les analyses biologiques, les prélèvements et les comptes rendus sont également soumis à des contrôles particuliers. Les données informatiques sont protégées par des identifiants destinés à limiter les risques de divulgation. Une autre pratique a été évoquée : certaines informations médicales auraient été consignées à la main, puis remises directement aux médecins afin d’éviter leur circulation dans les systèmes informatiques habituels. Cette disposition n’a toutefois pas été confirmée par des sources hospitalières ou vaticanes identifiées.

Le secret médical revêt ici une dimension particulière. Le patient est aussi le souverain de l’État de la Cité du Vatican, et toute information concernant sa santé peut avoir des répercussions bien au-delà du seul domaine hospitalier.

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La sécurité avant tout …

Au dixième étage du Gemelli, l’aile gauche est devenue une zone à accès strictement contrôlé. Environ 25 gendarmes du Vatican se relaient jour et nuit pour surveiller les couloirs, les escaliers et les ascenseurs conduisant aux espaces réservés au pape. Seules les personnes expressément autorisées peuvent y pénétrer. Des membres de la Garde suisse pontificale participent également au dispositif. À l’extérieur, des policiers italiens, certains en civil, surveillent les abords de l’établissement et contrôlent les accès empruntés par les visiteurs, les journalistes et les fidèles. La coordination s’effectue entre la gendarmerie vaticane, les autorités italiennes et les services de sécurité de l’hôpital, avec un contrôle des autorisations impliquant la Préfecture de la Maison pontificale.

La protection s’étend également au ciel. Des mesures de surveillance aérienne et de détection de drones ont été évoquées dans la presse italienne, ainsi que la mise en place de restrictions de survol, sans confirmation détaillée de toutes leurs modalités. Lors de l’arrivée du pape, mardi 13 octobre, un hélicoptère de surveillance survolait effectivement les lieux, tandis que des fidèles se trouvaient derrière les barrières de sécurité. L’ensemble doit fonctionner sans interrompre l’activité habituelle du Gemelli, qui continue à accueillir ses patients et leurs familles.

Un appartement pontifical en travaux et cinq religieuses auprès du Saint-Père

Léon XIV n’occupe pas l’appartement traditionnellement réservé aux papes dans cet établissement. Celui-ci étant actuellement en rénovation, le souverain pontife a été installé dans une autre partie du dixième étage, normalement destinée aux hospitalisations privées. Les gendarmes demeurent les seuls détenteurs des clés de l’appartement pontifical habituel, tandis que la zone où séjourne actuellement Léon XIV fait l’objet d’une surveillance permanente. Cinq religieuses de la Maison pontificale se relaient auprès du pape pour l’accompagner durant sa convalescence.

Ses repas sont préparés par ces religieuses présentes à l’étage, conformément aux prescriptions de l’équipe médicale. Cette présence contribue aussi à préserver un cadre de vie aussi paisible que possible, malgré les contraintes imposées par la surveillance et les soins.

Une salle spécialement aménagée pour permettre au pape de célébrer la messe

Mercredi 14 octobre, au lendemain de son opération, Léon XIV a également tenu à concélébrer la messe, malgré les contraintes de son hospitalisation. La célébration s’est déroulée dans une salle spécialement aménagée au dixième étage du Gemelli. La chapelle habituellement réservée aux souverains pontifes étant actuellement en rénovation, comme l’appartement pontifical, il a fallu adapter un autre espace pour permettre au Saint-Père de participer à l’Eucharistie. Cette messe, célébrée dans un cadre privé, constitue un élément important de la vie quotidienne du pape à l’hôpital. Elle témoigne de la place centrale conservée par la prière et la liturgie dans son emploi du temps, malgré l’intervention chirurgicale subie la veille.

Deux secrétaires personnels et une liaison directe avec le cardinal Parolin

Malgré son hospitalisation, Léon XIV conserve un lien avec les services du Vatican. Ses deux secrétaires personnels, Mgr Edgard Iván Rimaycuna Inga et Mgr Marco Billeri, assurent la liaison entre sa chambre et les différents organismes de la Curie romaine. Des collaborateurs de confiance peuvent lui transmettre des dossiers nécessitant son attention, mais ces échanges restent limités afin de respecter les consignes de repos. En cas de nécessité, le souverain pontife peut communiquer directement avec le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État, ainsi qu’avec Mgr Paolo Rudelli, substitut de la Secrétairerie d’État. Précisons que Mgr Petar Rajič, préfet de la Maison pontificale, figurait également parmi les responsables présents lors de l’arrivée du pape au Gemelli. Cette organisation permet d’assurer la continuité des affaires courantes tout en réduisant autant que possible les sollicitations adressées au Saint-Père.

Derrière les portes étroitement surveillées du Gemelli, le souverain pontife poursuit désormais sa convalescence, entouré d’un cercle restreint de médecins, de religieuses, de collaborateurs et de responsables de la sécurité. Car même lorsqu’il doit se soumettre aux exigences médicales comme n’importe quel patient, le pape demeure le chef de l’Église universelle et le souverain d’un État. Une double responsabilité qui explique l’ampleur des précautions prises autour de lui, jusque dans les gestes les plus ordinaires de son hospitalisation.

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