Dimanche 18 octobre 2026, au lendemain de son retour au Vatican, Léon XIV a retrouvé les fidèles pour un Angélus particulièrement attendu. Après plusieurs jours d’hospitalisation au Gemelli, où il avait subi une intervention chirurgicale au poumon le 13 octobre, le Saint-Père est apparu souriant, s’exprimant d’une voix ferme et posée.
Cette première apparition publique depuis sa sortie de l’hôpital marque une étape importante de sa convalescence, alors que les interrogations sur sa santé et sur la poursuite de son pontificat s’étaient multipliées ces derniers jours. Mais au-delà de cette réapparition, le pape a tenu à délivrer un enseignement consacré à l’une des paroles les plus fondamentales de l’Évangile : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu » (Mt 22, 21).
Revenant sur le passage de saint Matthieu proposé par la liturgie, Léon XIV a rappelé les circonstances dans lesquelles le Christ prononce cette parole. Les pharisiens cherchent à le prendre au piège en l’interrogeant sur la légitimité de l’impôt dû à l’empereur romain. Une réponse favorable à César risquerait de le discréditer auprès du peuple ; une réponse hostile pourrait le faire accuser de rébellion contre l’autorité impériale. Mais Jésus refuse de se laisser enfermer dans cette alternative. En demandant à voir la monnaie portant l’effigie de César, il élève la question vers une vérité supérieure : l’autorité politique possède son domaine propre, mais elle ne saurait revendiquer ce qui appartient à Dieu.
Cette distinction constitue l’un des fondements de la pensée politique chrétienne. Elle reconnaît la légitimité des institutions temporelles, tout en rappelant que leur pouvoir n’est ni absolu ni souverain sur les consciences.
Le chrétien doit accomplir ses devoirs civiques, respecter l’autorité légitime et contribuer au bien commun. Mais aucune puissance terrestre ne peut exiger de lui qu’il renonce à la vérité, à la justice ou à sa fidélité envers Dieu.
Léon XIV a particulièrement insisté sur la liberté intérieure qui découle de cette exigence évangélique : « Son Royaume n’abolit pas les fonctions ni les responsabilités humaines. Il demande cependant de vivre sans compromis, libres de toute mauvaise ambition et de tout intérêt injuste, en faisant passer avant tout le Royaume de Dieu et sa justice. » Ces paroles rappellent que le christianisme n’est ni une fuite hors du monde ni une soumission inconditionnelle aux puissances terrestres. Il appelle au contraire à une présence active dans la société, éclairée par une conscience droite.
C’est dans cette perspective que prend tout son sens l’exhortation du pape à demeurer « sincères, sans crainte ni hypocrisie, libres pour le bien ». La liberté chrétienne ne consiste pas à s’affranchir de toute exigence morale, mais à choisir le bien, y compris lorsque ce choix suppose de résister aux pressions du monde.
« J’ai vraiment ressenti votre soutien »
À l’issue de la prière mariale, Léon XIV a tenu à remercier personnellement les fidèles qui l’ont accompagné pendant son hospitalisation. « Je tiens à remercier tous ceux qui ont prié pour moi ces derniers jours. J’ai vraiment ressenti votre soutien, merci ! » Le Saint-Père a également exprimé une reconnaissance particulière aux médecins, aux infirmiers et à l’ensemble du personnel de la polyclinique Gemelli. Puis il est revenu sur ce que cette épreuve lui avait personnellement apporté :
« Cette expérience m’a fait ressentir de manière particulière la proximité avec tous ceux qui traversent la maladie et une situation d’infirmité. »
Cette confidence mérite d’être soulignée. Le pape ne présente pas son hospitalisation comme une simple interruption de son ministère, mais comme une expérience humaine et spirituelle qui lui a permis d’éprouver plus profondément la condition des malades. Dans la tradition chrétienne, la souffrance n’est jamais recherchée pour elle-même. Mais lorsqu’elle est traversée dans la foi, elle peut devenir un lieu de communion avec le Christ souffrant et avec ceux qui portent le poids de la fragilité humaine.
« Je reprendrai progressivement mes activités »
C’est toutefois la dernière déclaration de Léon XIV qui retiendra particulièrement l’attention, alors que les interrogations sur sa santé et sur la poursuite de son pontificat se sont multipliées ces derniers jours. « Cette phase délicate étant désormais derrière moi, comme vous le savez, je reprendrai progressivement mes activités, toujours avec l’aide de Dieu et grâce à vos prières. » Le choix des mots est important. Le pape affirme clairement que l’étape la plus difficile de son hospitalisation est passée. Il annonce également la reprise de ses activités, tout en prenant soin d’en préciser le caractère progressif.
Cette déclaration ne signifie pas que sa convalescence est achevée ni que toutes les interrogations médicales sont levées. Elle manifeste néanmoins sa volonté de reprendre personnellement l’exercice de sa charge, après une hospitalisation qui avait suscité de nombreuses inquiétudes au Vatican et dans l’ensemble de l’Église.
La prudence demeure donc de mise quant à son agenda, notamment concernant son voyage envisagé en Amérique latine au mois de novembre. Mais les paroles prononcées ce dimanche témoignent d’un pape qui entend poursuivre sa mission et retrouver progressivement le rythme de ses responsabilités.
PAPE LÉON XIV
ANGÉLUS
Chers frères et sœurs, bon dimanche !
L’Évangile proclamé lors de la liturgie de ce jour (Mt 22, 15-21) nous confronte à l’une des paroles les plus célèbres de Jésus : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu » (cf. v. 21). C’est pourquoi il est important de la replacer dans le contexte où elle a été prononcée à l’origine.
L’évangéliste Matthieu décrit une situation hostile à Jésus : les pharisiens se rassemblent pour voir comment le prendre en défaut dans ses discours (cf. v. 15). Ils décident d’envoyer certaines personnes l’interroger sur une question controversée : « Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à César ? » (v. 17). La réponse du Maître est astucieuse, car elle lui permet d’échapper au piège et de démasquer l’hypocrisie de ceux qui cherchent à le faire trébucher. Il leur demande la pièce de l’impôt, c’est-à-dire un denier. Ils la lui donnent, et Jésus dit : « Cette effigie et cette inscription,
de qui sont-elles ? ». Ils lui répondent : « De César ». Alors il déclare : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu » (vv. 17-21).
En Jésus, nous contemplons un Dieu qui ne craint pas l’histoire et qui, au contraire, vient l’habiter. Son Royaume n’abolit pas les fonctions ni les responsabilités humaines. Il demande cependant de vivre sans compromis, libres de toute mauvaise ambition et de tout intérêt injuste, en faisant passer avant tout le Royaume de Dieu et sa justice (cf. Mt 6, 33). On est frappé, en ce sens, par l’éloge que ces mêmes personnes adressent à Jésus, même si elles sont mues par de mauvaises intentions : « Maître, lui disent-ils, nous le savons : tu es toujours vrai et tu enseignes le chemin de Dieu en vérité ; tu ne te laisses influencer par personne, car ce n’est pas selon l’apparence que tu considères les gens » (v. 16).
Très chers amis, tel est précisément le profil de ceux qui « rendent à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » : être sincères, sans crainte ni hypocrisie, libres pour le bien. Prions le Seigneur de nous aider à être ainsi. Et confions-nous à l’intercession de la Vierge Marie.
À l’issue de l’Angélus
Chers frères et sœurs,
nous célébrons aujourd’hui la centième Journée Missionnaire Mondiale. Pensons à toute l’histoire missionnaire de ces cent dernières années ! Prions pour que l’Église reste toujours fidèle au mandat du Seigneur ressuscité : « Allez dans le monde entier et proclamez l’Évangile à toute la création » (Mc 16, 15).
Je tiens à remercier tous ceux qui ont prié pour moi ces derniers jours. J’ai vraiment ressenti votre soutien, merci !
J’exprime une reconnaissance particulière aux médecins, aux infirmiers et à l’ensemble du personnel de la polyclinique « Gemelli ».
Cette expérience m’a fait ressentir de manière particulière la proximité avec tous ceux qui traversent la maladie et une situation d’infirmité.
Cette phase délicate étant désormais derrière moi, comme vous le savez, je reprendrai progressivement mes activités, toujours avec l’aide de Dieu et grâce à vos prières.
Merci encore et bon dimanche ! »


