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[Vidéo] Danses amazoniennes avec des machettes dans une église de Moselle : entre culture et idolâtrie, peut-on tout se permettre dans un lieu sacré ?

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Un programme payant et une programmation relayée par la mairie qui soulève une nouvelle fois une question : une église consacrée peut-elle devenir une scène de spectacle ?

L’affiche ne laisse aucune place au doute. Publiée par la mairie d’Henridorff, en Moselle, elle annonce pour le samedi 24 octobre 2026, à 20 h 30, un spectacle intitulé « Chants & danses de l’Amazonie baroque », dans l’église de l’Exaltation-de-la-Sainte-Croix. Sur le visuel, des danseurs coiffés de grandes parures de plumes exécutent une chorégraphie accompagnée de percussions. Le spectacle, assuré par l’ensemble bolivien Moxos sous la direction de Raquel Maldonado, est proposé au tarif de 20 euros.

Il ne s’agit donc pas simplement d’un concert de musique sacrée. Les organisateurs annoncent explicitement des danses traditionnelles, et la brochure officielle du Festival international de musique de Sarrebourg évoque même de « fastueuses danses de porteurs de machettes ».

Que viennent faire de telles chorégraphies dans une église catholique ?

Sur leur site officiel, les Rencontres musicales de Saint-Ulrich, organisatrices du Festival international de musique de Sarrebourg, présentent cette programmation dans la continuité des « Chemins du Baroque dans le Nouveau Monde », un projet destiné à faire redécouvrir le patrimoine musical né de la rencontre entre les missionnaires européens et les populations d’Amérique latine. Dans leur programme officiel 2026, les organisateurs évoquent notamment les compositions de Domenico Zipoli, jésuite du XVIIIe siècle, et annoncent la participation de l’ensemble bolivien Moxos, avec ses chants, ses instruments traditionnels et ses « fastueuses danses de porteurs de machettes ».

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L’héritage des missions catholiques mérite incontestablement d’être connu et transmis. Mais une question demeure : au nom de cette histoire missionnaire, peut-on introduire n’importe quelle représentation chorégraphique dans un édifice consacré ? Que ces traditions possèdent une valeur culturelle ne signifie pas nécessairement qu’elles aient leur place dans une église. La beauté d’un patrimoine musical ne dispense jamais du respect dû au sanctuaire.

Cette programmation ne peut manquer de rappeler la vive controverse provoquée, en octobre 2019, par la présence de statuettes associées à la Pachamama lors du Synode sur l’Amazonie, sous le pontificat de François.

Des cérémonies organisées dans les jardins du Vatican, puis la présence de ces représentations dans l’église Santa Maria in Traspontina, à Rome, avaient suscité l’indignation de nombreux catholiques, qui dénonçaient, à juste titre, une profanation et une confusion entre les traditions religieuses autochtones et le culte chrétien.

Le Saint-Siège avait contesté toute intention idolâtrique. Sept ans plus tard, le spectacle annoncé à Henridorff soulève, dans un contexte différent, une interrogation comparable sur les limites de l’inculturation. Certes, rien ne permet d’assimiler les danses des Moxos à un culte rendu à la Pachamama : leur tradition est notamment liée aux célébrations de saint Ignace de Loyola dans les anciennes missions jésuites. Mais cette origine chrétienne suffit-elle à justifier leur représentation chorégraphique dans une église consacrée ?

L’inculturation, lorsqu’elle est authentiquement chrétienne, doit permettre aux cultures de rencontrer l’Évangile, non conduire à effacer la distinction entre un sanctuaire et un espace de spectacle.

Il existe une différence fondamentale entre faire découvrir l’héritage musical des missions et transformer une église en salle de représentation chorégraphique.

Le droit de l’Église est pourtant explicite. Le canon 1210 du Code de droit canonique rappelle que, dans un lieu sacré, ne doit être admis que ce qui favorise le culte, la piété et la religion. D’autres usages peuvent être autorisés par l’autorité compétente, à condition de ne pas être contraires à la sainteté du lieu. Plus précisément encore, le canon 1239 réserve l’autel au culte divin, à l’exclusion de tout usage profane. La question se pose désormais aux organisateurs, au curé de la paroisse et au diocèse de Metz. Le respect des cultures est une exigence légitime. Celui du caractère sacré de nos églises ne devrait pas l’être moins.

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