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Inde : des nationalistes hindous font irruption dans une école chrétienne et exigent des changements dans ses pratiques religieuses

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Dans l'État du Chhattisgarh, une école chrétienne s'est retrouvée au centre d'une vive confrontation avec des organisations hindoues

Le 13 octobre 2026, à Konta, dans le district de Sukma, au centre-est de l’Inde, plusieurs militants d’organisations nationalistes hindoues se sont présentés au Mother Teresa Jyoti Convent School, un établissement scolaire chrétien privé. Ils accusaient sa direction de ne pas respecter les traditions religieuses hindoues et réclamaient des modifications concernant les tenues vestimentaires, les prières et la place accordée aux différentes religions dans l’école.

L’incident, rapporté notamment par les médias indiens Nai Dunia, Bhilai Times et Ujala Samay, trouve son origine dans un conflit entre la direction et une enseignante hindoue, Lakshmi Prasanna, employée dans cet établissement depuis une quinzaine d’années. À l’occasion de Navratri, fête hindoue de neuf nuits consacrée au culte de la déesse Durga et de ses différentes manifestations, l’enseignante s’était présentée à l’école vêtue de rouge et portant un collier religieux traditionnel.

Selon les informations publiées dans la presse locale, la direction aurait contesté cette tenue, estimant qu’elle ne correspondait pas aux règles de l’établissement. L’enseignante aurait alors quitté ses fonctions en présentant sa démission. Cette décision a immédiatement provoqué la mobilisation de plusieurs représentants d’organisations hindoues, qui ont dénoncé une atteinte à la liberté religieuse.

Le différend individuel a rapidement pris une dimension plus large. Des militants se sont rendus dans l’établissement pour interpeller sa direction et exiger que les traditions hindoues soient davantage respectées. Leurs revendications ne concernaient plus seulement l’enseignante. Ils ont également demandé que les élèves hindous puissent porter leurs symboles religieux et que les pratiques de prière de l’école soient réexaminées.

Selon les informations rapportées localement, certains représentants ont également réclamé la possibilité d’installer des représentations de divinités hindoues dans l’établissement.

Les manifestants ont par ailleurs accusé l’école d’exposer les élèves hindous à des enseignements chrétiens susceptibles, selon eux, de favoriser leur conversion. Aucun élément indépendant rendu public ne permet toutefois d’établir l’existence de conversions forcées ou de pratiques d’endoctrinement dans cet établissement. Il s’agit, à ce stade, d’accusations formulées par les contestataires. Cette distinction est importante dans un pays où les accusations de conversion religieuse peuvent entraîner de fortes tensions, particulièrement dans les régions où les organisations nationalistes hindoues exercent une influence importante.

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Face à la mobilisation, les autorités locales sont intervenues pour éviter une aggravation de la situation. Selon la presse indienne, le responsable local de l’éducation, S. K. Deep, et le responsable de la police, Shivanand Tiwari, ont participé aux discussions destinées à apaiser les tensions. Les manifestants ont remis un mémorandum à l’administration du district pour réclamer un examen des pratiques de l’établissement. Le directeur de l’école aurait reconnu une erreur dans la gestion du différend avec l’enseignante et assuré qu’une situation similaire ne se reproduirait pas. En revanche, les informations disponibles ne permettent pas de confirmer que la direction aurait accepté l’ensemble des revendications concernant les prières, les symboles religieux ou l’organisation de l’enseignement chrétien.

Cette affaire intervient dans un contexte particulièrement sensible pour les établissements chrétiens en Inde. Le Chhattisgarh, État dirigé par le Bharatiya Janata Party (BJP), connaît depuis plusieurs années des controverses concernant les conversions religieuses, les activités missionnaires et les droits des minorités chrétiennes.

L’État dispose d’une législation encadrant les conversions religieuses, officiellement destinée à empêcher celles obtenues par la force, la fraude ou des moyens considérés comme abusifs. Les organisations chrétiennes dénoncent régulièrement les risques d’instrumentalisation de ces dispositions contre leurs communautés. À Konta, la question demeure désormais de savoir si les autorités garantiront à l’établissement la possibilité de poursuivre sereinement sa mission éducative, dans le respect de la loi et de la liberté religieuse de chacun.

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