L’Espagne est une nouvelle fois plongée dans le deuil. Ce mercredi 28 octobre, vers 8 h 54, deux trains à grande vitesse, l’un exploité par Renfe et l’autre par Iryo, sont entrés en collision près d’Urda, dans la province de Tolède, à environ 150 kilomètres au sud de Madrid. Plus de 500 voyageurs se trouvaient à bord des deux convois. Les autorités ont immédiatement déclenché un important dispositif de secours, mobilisant notamment les pompiers, les équipes médicales et l’Unité militaire d’urgence.
Au milieu de cette tragédie, le témoignage du père Fernando Fernández de Bobadilla, curé de Los Yébenes, illustre la présence concrète de l’Église auprès des victimes. Interrogé par la radio catholique espagnole COPE alors qu’il participe aux secours, le prêtre déclare : « Je suis en ce moment avec une poche de sérum dans une main et une autre poche dans l’autre. C’est horrible. » Le religieux décrit également le triage des victimes, effectué par les équipes médicales selon la gravité de leur état. Deux blessés particulièrement graves se trouvent alors auprès de lui, dans l’attente de leur évacuation.
La Conférence épiscopale espagnole a rapidement réagi par une déclaration officielle :
« À la suite du grave accident ferroviaire survenu à Urda (Tolède), dans la matinée de ce mercredi 28 octobre, la Conférence épiscopale espagnole (CEE) souhaite exprimer ses condoléances et sa proximité aux familles des victimes. Elle prie pour le repos éternel des personnes décédées et pour le rétablissement des blessés.
La Conférence épiscopale espagnole s’associe à la douleur des personnes touchées et demande que des prières soient offertes pour toutes les victimes lors des célébrations de la communauté chrétienne, afin que, par l’intercession de la Vierge Marie, Consolatrice des affligés et Reine de la paix, le Seigneur accorde le don de la Vie aux victimes, ainsi que l’espérance aux familles et aux personnes affectées.
Elle confie également à la prière toutes les personnes engagées dans les opérations de secours, celles qui prennent soin des blessés et celles qui accompagnent les familles des victimes. »
Dans l’archidiocèse de Tolède, Mgr Francisco Cerro Chaves et son auxiliaire, Mgr Francisco César García Magán, ont également exprimé leur profonde douleur et leur proximité avec les familles. L’archidiocèse, les paroisses d’Urda et de Los Yébenes ainsi que Caritas diocésaine se sont mis à la disposition des personnes touchées pour leur apporter aide matérielle, accompagnement et soutien spirituel.
Cette mobilisation prend une forme concrète. Des locaux paroissiaux, notamment autour de la basilique du Santo Cristo d’Urda, sont proposés pour accueillir les proches des victimes. Des bénévoles distribuent de l’eau et de la nourriture, tandis que les prêtres accompagnent les familles confrontées à l’angoisse et à l’incertitude.
Le cardinal José Cobo, archevêque de Madrid, a également appelé les fidèles à prier pour les défunts, le rétablissement des blessés et les personnes engagées dans les secours. Le drame intervient neuf mois seulement après la catastrophe ferroviaire d’Adamuz, en Andalousie, survenue le 18 janvier dernier, qui avait déjà coûté la vie à plusieurs dizaines de personnes. Les causes de cette nouvelle collision restent à déterminer. À Madrid, un appel urgent au don de sang a été lancé pour répondre aux besoins des blessés.
Dans cette Espagne une nouvelle fois endeuillée, la mobilisation des prêtres, des paroisses et des évêques rappelle que la mission de l’Église ne se limite pas aux paroles de consolation. Elle se manifeste aussi dans la présence auprès des victimes, l’assistance aux blessés et l’accompagnement des familles, là où la souffrance humaine appelle une charité immédiate et concrète.


