Depuis 2000 ans

Qui sont les cinq martyrs franciscains qui viennent d’être béatifiés, plus de quatre siècles après leur mort ?

Œuvre officielle des cinq martyrs franciscains de Géorgie, réalisée par l’artiste Jared Seff pour leur béatification le 31 octobre 2026 à Savannah, aux États-Unis. (Photo OSV News / Diocèse de Savannah)
Œuvre officielle des cinq martyrs franciscains de Géorgie, réalisée par l’artiste Jared Seff pour leur béatification le 31 octobre 2026 à Savannah, aux États-Unis. (Photo OSV News / Diocèse de Savannah)
Assassinés en 1597 pour avoir défendu leur foi et l'enseignement chrétien sur le mariage, cinq missionnaires franciscains espagnols ont été béatifiés le 31 octobre 2026 à Savannah, aux États-Unis. Leur histoire, longtemps méconnue, rappelle le courage des premiers évangélisateurs de l'Amérique

Le samedi 31 octobre 2026, l’Église catholique a élevé aux honneurs des autels cinq religieux franciscains assassinés il y a plus de quatre siècles sur les côtes de l’actuelle Géorgie américaine. Pedro de Corpa, Blas Rodríguez de Cuacos, Miguel de Añón, Antonio de Badajoz et Francisco de Veráscola sont désormais reconnus comme bienheureux. Leur béatification, célébrée au Savannah Convention Center, a été présidée par le cardinal Frank Leo, archevêque de Toronto, représentant personnel du pape Léon XIV.

Le lendemain, dimanche 1er novembre, à l’occasion de l’Angélus de la Toussaint, le Souverain Pontife a salué leur témoignage en déclarant : « Invoquons l’intercession de ces martyrs pour tous les missionnaires de l’Évangile. »

Pour comprendre leur histoire, il faut revenir à la fin du XVIe siècle. La présence espagnole s’étend alors sur une partie du sud-est de l’Amérique du Nord. Des missionnaires franciscains sont envoyés auprès des populations autochtones, notamment les Guale, installés le long du littoral atlantique. Leur mission consiste à annoncer Jésus-Christ, administrer les sacrements et accompagner les premières communautés chrétiennes. Pedro de Corpa, prêtre franciscain espagnol arrivé en Amérique en 1587, exerce son ministère à Tolomato. Blas Rodríguez de Cuacos, originaire d’Estrémadure, rejoint également les missions de la région. Miguel de Añón et Antonio de Badajoz, respectivement prêtre et frère religieux, partagent la même vocation. Francisco de Veráscola, lui aussi prêtre franciscain, complète ce groupe de missionnaires dispersés dans plusieurs établissements.

Lire l’article : https://tribunechretienne.com/avec-larrivee-de-montserrat-alvarado-une-page-historique-se-tourne-dans-la-communication-du-saint-siege/

Tous ont quitté leur pays pour consacrer leur existence à l’évangélisation de populations auxquelles ils souhaitaient transmettre la foi catholique. Le drame survient en septembre 1597. Un chef autochtone baptisé, Juanillo, souhaite prendre une seconde épouse. Pedro de Corpa lui rappelle alors l’enseignement de l’Église sur l’unité et l’indissolubilité du mariage. Cette opposition provoque une révolte au cours de laquelle le missionnaire est assassiné. Les violences s’étendent rapidement aux missions voisines. Quatre autres franciscains sont tués à leur tour. Ces événements s’inscrivent dans un contexte de tensions entre les populations autochtones et la présence coloniale espagnole. Mais l’Église a reconnu dans la mort des cinq religieux un véritable martyre in odium fidei, en haine de la foi.

Le 27 janvier 2025, le pape François avait autorisé la promulgation du décret reconnaissant officiellement leur martyre. Leur béatification a ensuite été célébrée sous le pontificat de Léon XIV, dont la lettre apostolique, signée le 30 septembre 2026, les présente comme des témoins ayant préféré la vérité salvatrice de l’Évangile à leur propre sécurité. Leur mémoire liturgique a été fixée au 22 septembre. Dans son homélie, le cardinal Frank Leo a décrit ces religieux comme des « témoins rayonnants de l’Évangile ». Il a particulièrement souligné leur fidélité à la sainteté du mariage, leur engagement missionnaire et leur défense de la dignité humaine.

Cette béatification intervient également durant l’année du huitième centenaire de la mort de saint François d’Assise, fondateur de l’ordre auquel appartenaient les cinq martyrs. Plus de quatre siècles après leur sacrifice, leur témoignage rappelle que l’évangélisation ne consiste pas seulement à apporter une assistance matérielle ou à entretenir un dialogue entre les cultures. Elle demeure fondamentalement l’annonce de Jésus-Christ et de son enseignement, même lorsque cette fidélité exige le don de sa propre vie. Leur histoire fait ainsi écho aux paroles de saint Paul : « Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Évangile ! » (1 Co 9,16).

Recevez chaque jour notre newsletter !