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Midterms 2026 : Donald Trump, les catholiques américains et la bataille des valeurs chrétiennes

Donald Trump en campagne devant le bassin du Lincoln Memorial, à Washington - capture 3 novembre 2026
Donald Trump en campagne devant le bassin du Lincoln Memorial, à Washington - capture 3 novembre 2026
Ce mardi 3 novembre, plus de 54 millions d'Américains ont déjà voté par anticipation. Entre défense de la vie, liberté religieuse et mobilisation des évêques, les catholiques occupent une place importante dans ce scrutin décisif pour le mandat du président Trump

Ce mardi 3 novembre 2026, les Américains sont appelés aux urnes pour renouveler les 435 sièges de la Chambre des représentants et 35 des 100 sièges du Sénat. À mi-parcours du second mandat du président Trump, ces élections détermineront les équilibres du Congrès pour les deux prochaines années. Pour les catholiques américains, elles revêtent également une dimension morale et religieuse particulière, notamment autour de la défense de la vie, de la liberté de conscience et de l’éducation.

La mobilisation électorale est considérable. Selon les données de l’Université de Floride arrêtées au 1er novembre, 53 277 249 Américains avaient déjà voté par anticipation, en personne ou par correspondance, contre 45,9 millions lors des élections de mi-mandat de 2022.

Le 22 octobre dernier, une rencontre à la Maison-Blanche a illustré la place centrale qu’occupe le fait religieux dans la vie politique américaine sous la présidence de Donald Trump. Douze évêques catholiques ont rencontré le président des États-Unis et prié avec lui dans le Bureau ovale. Parmi eux figuraient notamment Mgr James Golka, archevêque de Denver, Mgr Joseph Naumann, archevêque émérite de Kansas City, et Mgr Edward Burns, évêque de Dallas. La présence de ces douze prélats à la Maison-Blanche n’a cependant pas fait l’unanimité. Sans constituer une délégation officielle de la Conférence épiscopale américaine, leur visite a suscité des critiques de la part de certains observateurs, qui ont dénoncé une possible instrumentalisation de la religion à des fins politiques.

Il reste que, depuis son retour à la Maison-Blanche, le président Trump accorde, à tort ou à raison, une place importante aux questions religieuses dans son action politique. La liberté de conscience, la défense de la vie et les droits des parents en matière d’éducation figurent parmi les priorités affichées de son administration. Autant de sujets abordés lors de cette rencontre, au cours de laquelle ont également été évoquées les difficultés rencontrées par certains religieux étrangers pour obtenir leurs visas. La Maison-Blanche a, de son côté, rappelé les grâces présidentielles accordées à des militants pro-vie.

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La question de l’avortement demeure précisément l’un des principaux enjeux de ce scrutin pour les électeurs attachés à la défense de la vie. Depuis la décision Dobbs rendue par la Cour suprême en juin 2022, qui a mis fin à la protection constitutionnelle fédérale de l’avortement issue de l’arrêt Roe v. Wade, chaque État dispose d’une plus grande liberté pour déterminer sa propre législation. Cette évolution a déplacé une partie du débat vers les assemblées locales et les référendums populaires.

Quatre États sont particulièrement concernés ce 3 novembre. Dans le Missouri, les électeurs doivent décider s’ils souhaitent revenir sur les protections constitutionnelles de l’avortement adoptées en 2024, en rétablissant des restrictions assorties de certaines exceptions. Dans l’Idaho, le Nevada et la Virginie, les consultations portent au contraire sur l’inscription ou la consolidation de garanties constitutionnelles relatives à l’accès à l’avortement. Ces votes pourraient durablement modifier le cadre juridique applicable dans chacun de ces États.

À l’approche du scrutin, l’épiscopat américain a multiplié les appels au discernement. Le 14 octobre, Monseigneur Paul Coakley, président de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis, a rappelé que les convictions religieuses devaient éclairer les choix politiques des fidèles, au-delà des fidélités partisanes. Une position qui s’inscrit dans l’enseignement constant de l’Église sur la dignité de la personne humaine, le caractère inviolable de la vie et la responsabilité morale des citoyens.

Sur le terrain, plusieurs organisations catholiques participent également à la campagne. CatholicVote, particulièrement active dans la défense des valeurs chrétiennes, a notamment publié des guides portant sur 24 élections ou référendums répartis dans sept États : l’Arizona, la Géorgie, le Michigan, la Caroline du Nord, l’Ohio, la Pennsylvanie et le Wisconsin. Ces documents examinent les positions des candidats sur l’avortement, la liberté religieuse, l’éducation et les questions de genre.

Le poids électoral des catholiques reste toutefois difficile à ramener à une seule orientation politique. Selon une enquête du Pew Research Center menée du 28 septembre au 4 octobre, 50 % des électeurs catholiques blancs inscrits déclarent préférer les candidats républicains à la Chambre des représentants, contre 32 % pour les démocrates. La tendance s’inverse parmi les catholiques hispaniques, dont 59 % privilégient les démocrates et 19 % les républicains. Ces écarts témoignent des différences qui traversent une communauté religieuse dont l’influence demeure importante dans la vie publique américaine.

À cette mobilisation s’ajoute une singularité historique. Le 30 octobre, le Vatican a confirmé que le pape Léon XIV, natif de Chicago et détenteur de la citoyenneté américaine, avait participé au scrutin par correspondance dans l’Illinois. Jamais auparavant la participation d’un souverain pontife à une élection américaine n’avait été publiquement attestée. Le Saint-Siège n’a naturellement donné aucune indication sur son vote, qui relève du secret électoral.

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