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Le Vatican lance un atlas écologique mondial et prépare l’utilisation de l’intelligence artificielle dans les diocèses

capture plateforme Laudato Si
capture plateforme Laudato Si
le Vatican a présenté une nouvelle étape de son programme d'écologie intégrale, dans la continuité de l'encyclique Laudato si' du pape François. Un atlas numérique mondial est lancé, tandis que l'intelligence artificielle pourrait prochainement accompagner les initiatives environnementales des diocèses

Le Vatican entend donner une nouvelle dimension à son engagement écologique. Ce mercredi 4 novembre 2026, lors d’une conférence de presse organisée au Saint-Siège, le Dicastère pour le service du développement humain intégral a présenté le cinquième rapport annuel de la Plateforme d’action Laudato si’, accompagné de plusieurs initiatives destinées à inscrire durablement la protection de la Création dans le fonctionnement des institutions catholiques.

La principale annonce concerne le lancement d’un atlas numérique mondial recensant les établissements catholiques engagés dans des actions environnementales. Cet outil permettra de localiser les diocèses, paroisses, écoles, universités et congrégations participantes, tout en associant leurs initiatives à des données scientifiques relatives à la déforestation, aux émissions polluantes et aux risques climatiques. Alonso de Llanes, directeur du programme de la Plateforme d’action Laudato si’, a précisé que l’atlas réunirait trois catégories d’informations : la localisation des institutions catholiques, leurs initiatives écologiques et les caractéristiques environnementales des territoires concernés. Les plans des établissements pourront également être consultés, sous réserve de leur autorisation.

Lancée en 2021, la plateforme revendique aujourd’hui plus de 13 000 participants, dont plus de 6 200 institutions. Mais ses responsables reconnaissent que ces chiffres ne suffisent pas à mesurer l’efficacité des engagements pris. « Une inscription est un commencement, pas une réalisation. Un plan est un engagement, pas encore un résultat », a souligné Alonso de Llanes, insistant sur la nécessité d’évaluer les conséquences concrètes des actions entreprises.

L’intelligence artificielle bientôt au service des diocèses ?

Autre orientation annoncée : le recours éventuel à l’intelligence artificielle. Le dicastère étudie le développement d’outils permettant aux communautés catholiques d’identifier des ressources adaptées à leurs besoins et de sélectionner des initiatives environnementales correspondant à leur situation locale. Il ne s’agit pas d’un dispositif déjà opérationnel dans les diocèses, mais d’une perspective de développement. Alonso de Llanes a tenu à en préciser les limites : « L’intelligence artificielle peut nous aider à trouver des réponses possibles. Elle ne peut pas décider quelles réponses sont justes pour une communauté. »

Un atelier consacré à l’intelligence artificielle, à la créativité humaine et à l’écologie intégrale est prévu le 6 novembre. Il devra notamment examiner les coûts environnementaux de ces technologies et la place du discernement humain dans leur utilisation.

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Une transformation durable des institutions catholiques

Au-delà des innovations numériques, les responsables du programme souhaitent faire évoluer le fonctionnement même des institutions ecclésiales. Lorna Gold, directrice exécutive du Mouvement Laudato si’, a ainsi appelé à davantage de courage institutionnel : « La conversion écologique doit influencer les décisions concernant les investissements, l’énergie, l’éducation, le patrimoine immobilier, les achats et la gouvernance. » Cette orientation traduit une ambition qui dépasse les initiatives ponctuelles de protection de l’environnement. Les préoccupations écologiques pourraient progressivement intervenir dans les décisions économiques, administratives et patrimoniales des établissements catholiques. Lorna Gold a résumé cette perspective dans une formule particulièrement explicite : « Les cinq prochaines années doivent démontrer ce que l’Église est prête à changer. »

Une continuité revendiquée entre François et Léon XIV

Sœur Alessandra Smerilli, préfète du Dicastère pour le service du développement humain intégral, a replacé ces annonces dans l’héritage de l’encyclique Laudato si’, publiée en 2015 par le pape François. Elle a rappelé que la protection de la Création relevait d’une conversion chrétienne concernant les relations de l’homme avec Dieu, avec son prochain et avec la terre. Elle a également évoqué l’engagement de Léon XIV, qui a approuvé une messe pour la sauvegarde de la Création et appelé à dépasser les simples discours environnementaux. Citant Laudato si’, elle a rappelé ce principe fondamental : « Il n’y a pas d’écologie sans une anthropologie adéquate. » Une référence qui inscrit cette démarche dans une conception chrétienne de la personne humaine.

Le programme prévoit également des ressources accessibles sans connexion Internet, un espace international de partage des expériences et le développement d’un réseau de « missionnaires numériques ».

Pour le Saint-Siège, l’enjeu des prochaines années sera de traduire ces ambitions en résultats mesurables. Mais cette stratégie soulève également une question de fond : comment intégrer durablement ces nouvelles priorités dans la vie des diocèses, tout en préservant la primauté de leur mission spirituelle, sacramentelle et évangélisatrice ?

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