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« C’est une journée historique »: Mgr Matthieu Rougé souligne le caractère exceptionnel de la rencontre entre les évêques de France et les responsables de l’enseignement catholique

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Dans le sillage du pape Léon XIV, l'évêque de Nanterre, souligne l’urgence de défendre la mission chrétienne de l’enseignement catholique face aux défis éducatifs et aux inquiétudes d’une jeunesse en quête de repères

« Cette journée a quelque chose d’historique. » C’est par ces mots que Monseigneur Matthieu Rougé, évêque de Nanterre et président du Conseil pour l’enseignement catholique de la Conférence des évêques de France (CEF), a salué, au micro de KTO, la rencontre organisée le jeudi 5 novembre à Lourdes.

Dans le cadre de leur Assemblée plénière, les évêques ont consacré une journée entière de prière, de réflexion et de travail avec environ 80 directeurs et directrices diocésains de l’enseignement catholique. « Je pense que c’est la première fois que tous les évêques et tous les directeurs diocésains passent une journée complète de partage, de prière et de réflexion pour mieux répondre tous ensemble aux enjeux éducatifs contemporains », a expliqué le prélat.

La CEF évoque elle-même, dans son communiqué, une « initiative inédite et historique », destinée à répondre à l’invitation du pape Léon XIV à prendre soin de l’enseignement catholique, au service de la société tout entière.

Au-delà de cette première institutionnelle, l’enjeu est celui de l’identité même de l’école catholique. Mgr Rougé a insisté sur trois priorités : la dimension missionnaire des établissements, la mise en œuvre de leur caractère propre et la qualité de la relation éducative, notamment en matière de protection des mineurs. « Nous avons souhaité aujourd’hui évoquer ensemble les grands enjeux de l’enseignement catholique dans notre pays et tout spécialement sa dimension missionnaire, la manière dont nous pouvons mettre en œuvre tous ensemble le caractère propre de l’enseignement catholique », a-t-il précisé.

Une laïcité qui ne doit pas empêcher la transmission de la foi

L’évêque de Nanterre a également évoqué les préoccupations du pape Léon XIV concernant la liberté de l’enseignement catholique en France. Selon lui, le souverain pontife suit attentivement les débats qui entourent la place de la foi dans les établissements scolaires. « Le pape est très sensible au questionnement qu’il a entendu dans notre pays où, régulièrement, une laïcité un peu outrancière voudrait remettre en cause notre capacité à proposer la foi aux élèves dans nos établissements », a déclaré Mgr Rougé.

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Une affirmation qui rappelle que le caractère propre de l’enseignement catholique ne constitue pas un simple héritage historique. Il implique la possibilité de proposer explicitement la foi chrétienne, dans le respect de la liberté de conscience des élèves et des familles. Le prélat a également souligné l’attention personnelle du pape à ces questions, rappelant ses interventions lors de son voyage en France et sa volonté de prolonger le pacte éducatif initié par le pape François. Léon XIV insiste notamment sur la vie intérieure, un usage humain du numérique et la construction de la paix.

Répondre aux inquiétudes d’une jeunesse en crise

Cette rencontre intervient alors que la France connaît de nouvelles tensions dans le monde lycéen. Pour Mgr Rougé, le calendrier de cette journée, préparée de longue date, apparaît particulièrement significatif. « Il est tout à fait providentiel que cette journée ait lieu au moment même où notre pays fait face à des violences qui expriment une crise, une crainte de l’avenir chez beaucoup de lycéens », a-t-il confié.

Face à ces inquiétudes, l’évêque défend une réponse qui dépasse les seules mesures disciplinaires ou institutionnelles. Il s’agit de redonner aux jeunes des perspectives et un sens à leur existence. « Nous croyons que c’est en prenant soin vraiment des jeunes et surtout, comme le pape a eu l’occasion de le dire à l’UNESCO, en ouvrant leur vie à un sens que nous pouvons les aider à dépasser les craintes qui aujourd’hui s’expriment parfois par la violence. »

Dans son communiqué, la CEF insiste également sur une « transformation culturelle fondée sur le respect, l’attention à la personne et le développement harmonieux des relations entre éducateurs, enseignants, familles et élèves ».À Lourdes, les évêques ont ainsi voulu rappeler que l’avenir de l’enseignement catholique ne se joue pas uniquement dans les moyens financiers ou l’organisation des établissements. Il repose aussi sur leur capacité à transmettre une vision chrétienne de l’homme, à former les consciences et à offrir à une jeunesse inquiète des raisons d’espérer.

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