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Le cardinal français Christophe Pierre nommé par Léon XIV au Dicastère pour l’évangélisation

Cardinal Christophe Pierre et sa devise - DR
Cardinal Christophe Pierre et sa devise - DR
À 80 ans, huit mois après avoir quitté ses fonctions de nonce apostolique aux États-Unis, le cardinal français reçoit une nouvelle responsabilité à Rome

Le pape Léon XIV continue de s’appuyer sur l’expérience des grandes figures de la diplomatie pontificale. Ce jeudi 5 novembre 2026, le Saint-Siège a annoncé la nomination du cardinal français Christophe Pierre comme membre du Dicastère pour l’évangélisation, au sein de la section chargée de la première évangélisation et des nouvelles Églises particulières. Une décision qui intervient huit mois après la fin de sa mission diplomatique aux États-Unis et qui confirme la confiance accordée à ce prélat français au parcours exceptionnel.

Né à Rennes le 30 janvier 1946, Christophe Pierre appartient à cette génération de diplomates qui ont servi l’Église universelle pendant plusieurs pontificats. Ordonné prêtre en 1970, entré au service diplomatique du Saint-Siège en 1977, il a successivement exercé les fonctions de nonce apostolique en Haïti, en Ouganda, au Mexique, puis aux États-Unis, où le pape François l’avait nommé en 2016. Ce dernier l’avait élevé à la dignité cardinalice lors du consistoire du 30 septembre 2023. Le 7 mars 2026, Léon XIV avait accepté sa démission de nonce apostolique à Washington, présentée pour raison d’âge, et nommé pour lui succéder Mgr Gabriele Giordano Caccia. Après dix années passées au contact de l’épiscopat américain, Christophe Pierre achevait ainsi une mission particulièrement délicate, dans une Église traversée par d’importantes tensions doctrinales, pastorales et institutionnelles.

Sa nomination au Dicastère pour l’évangélisation ouvre aujourd’hui une nouvelle étape de son service de l’Église. Cette instance romaine joue un rôle essentiel dans l’accompagnement des territoires de mission, notamment en Afrique, en Asie et dans les régions où les structures ecclésiastiques sont encore en développement. Elle participe à l’organisation des nouvelles Églises particulières et soutient leur enracinement pastoral, dans un contexte où le centre de gravité démographique du catholicisme mondial se déplace progressivement vers les continents africain et asiatique.

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Le choix du cardinal français est d’autant plus intéressant qu’il intervient aux côtés d’un autre diplomate expérimenté, le cardinal Mario Zenari, longtemps représentant du Saint-Siège en Syrie. Deux évêques italiens complètent ces nominations : Mgr Ambrogio Spreafico, évêque émérite de Frosinone-Veroli-Ferentino, et Mgr Maurizio Malvestiti, évêque de Lodi. Cette association de profils diplomatiques et pastoraux témoigne de l’importance accordée à la connaissance des réalités locales dans la conduite de l’évangélisation.

Cette nouvelle responsabilité trouve également un écho particulier dans les propos que le cardinal Christophe Pierre avait confiés à Tribune Chrétienne lors d’un entretien exclusif réalisé le 15 août dernier, à l’occasion de la procession mariale de l’Assomption autour de Notre-Dame de Paris. Interrogé sur le sens de cette solennité et sur la nécessité de transmettre la foi, le cardinal déclarait : « Je souhaite que ce destin soit accueilli par le plus grand nombre de Français, pour qu’eux-mêmes puissent communiquer autour d’eux cette Bonne Nouvelle. »

Une affirmation qui prend aujourd’hui une résonance particulière. Pour Christophe Pierre, l’évangélisation ne saurait se réduire à l’organisation des institutions ecclésiastiques : elle engage la vocation de chaque baptisé à témoigner du Christ et à transmettre l’espérance chrétienne.

Dans ce même entretien, le cardinal avait également appelé les Français à renouveler l’esprit du vœu de Louis XIII, rappelant que l’héritage chrétien de la France ne pouvait être réduit à une simple mémoire historique. Il insistait sur la nécessité d’ouvrir l’histoire humaine à la transcendance : « Notre histoire prend sens quand Dieu est présent dans cette histoire. »

Ayant atteint l’âge de 80 ans en janvier dernier, le cardinal français ne dispose plus du droit de participer à un conclave. Cette limite d’âge ne l’empêche cependant pas de continuer à servir le Saint-Siège dans les responsabilités que le pape entend lui confier.Pour l’Église de France, cette nomination rappelle enfin que plusieurs de ses prélats continuent de participer, à Rome, aux grandes orientations de l’Église universelle. Après une longue carrière au service de la diplomatie pontificale, Christophe Pierre est désormais appelé à mettre son expérience au service d’une mission qui demeure au cœur de la vocation de l’Église : annoncer l’Évangile à toutes les nations.

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