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Attentat déjoué contre le pape François, la piste djihadiste refait surface

Le pape François lors des "Rencontre des Mouvements Populaires" à Santa Cruz - DR
Le pape François lors des "Rencontre des Mouvements Populaires" à Santa Cruz - DR
Selon le journal italien Il Piccolo, les services d’intelligence italiens auraient mentionné dans leurs rapports un « possible projet d’attentat contre le Souverain Pontife »

Selon une enquête exclusive publiée par le quotidien Il Piccolo de Trieste et signée par Gianpaolo Sarti, des militants liés à l’Isis-K auraient préparé un plan pour assassiner le pape François lors de sa visite à Trieste en juillet 2024. Une valise contenant une arme automatique chargée fut retrouvée dans la gare la veille de son arrivée, et un suspect turc a été arrêté par Interpol. Un an après, l’affaire refait surface, entre soupçons de complot et démentis des autorités.Le 6 juillet 2024, veille de la venue du pape François pour la clôture de la 50ᵉ Semaine sociale des catholiques en Italie, une valise sombre est retrouvée abandonnée dans un bar de la gare centrale de Trieste. À l’intérieur, une arme automatique CZ Luger calibre 9 mm, modèle 7B, avec numéro de série 5793N, accompagnée de son chargeur et de quatorze cartouches. L’information, révélée à l’époque par la télévision Tg1, avait brièvement circulé dans le monde entier avant de retomber dans l’oubli.

Selon Il Piccolo, les services d’intelligence italiens auraient mentionné dans leurs rapports un « possible projet d’attentat contre le Souverain Pontife ». La coïncidence entre la découverte de l’arme et la venue du pape le lendemain sur la grande place de Trieste avait de quoi intriguer.

Quelques mois plus tard, l’enquête s’oriente vers l’étranger. Le 3 avril 2025, Interpol arrête aux Pays-Bas un citoyen turc de 46 ans, Hasan Uzun. Extradé vers l’Italie le 27 juin, il est d’abord incarcéré à Milan avant d’être placé en isolement à Trieste. Son profil reste énigmatique : il parle peu l’anglais, communique difficilement, et son avocate, Me Lucrezia Chermaz, affirme n’avoir pas encore accès à tous les actes de procédure. Les enquêteurs le relient néanmoins à la valise déposée dans la gare, même si les preuves exactes de son identification demeurent floues.

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Un an après les faits, l’affaire conserve les allures d’un thriller : une arme abandonnée dans un lieu public, des munitions prêtes à l’emploi, un suspect arrêté à l’étranger, et la mention de l’Isis-K, la branche la plus radicale de l’État islamique. Tout semblait converger vers l’hypothèse d’un projet d’attentat contre François.La Questure de Trieste appelle cependant à la prudence et précise dans une note officielle qu’« aucune évidence n’est apparue de projets hostiles ou meurtriers envers le Saint-Père ». Selon la police, Hasan Uzun serait davantage impliqué dans des réseaux criminels classiques que dans une organisation terroriste. Il reste poursuivi pour détention et port illégal d’arme, et son rôle exact sera jugé au procès.

Cette affaire rappelle toutefois la vulnérabilité symbolique de la figure papale, souvent citée comme cible par des extrémistes. François, à Trieste le 7 juillet 2024, avait prêché l’accueil, le dialogue et l’amitié entre les peuples, des paroles de paix résonnant aujourd’hui avec une force nouvelle. Son successeur, le pape Léon XIV, poursuit ce message avec la même détermination. Si l’on sait que les services de sécurité du Vatican veillent avec rigueur à sa protection, les fidèles n’ignorent pas non plus qu’une autre protection, celle de la Providence divine, demeure la plus sûre et la plus mystérieuse des gardiennes du Pontife.

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