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Affaire Rupnik : malgré la décision de Lourdes, le sanctuaire de Fatima maintient ses 500 m² de mosaïques

Mosaïques du sanctuaire de Fatima - capture Facebook
Mosaïques du sanctuaire de Fatima - capture Facebook
Monseigneur Virgílio Antunes, président de l’épiscopat portugais, vient de confirmer cette position, tout en reconnaissant que les victimes n’ont pas été spécifiquement consultées

Deux des plus importants sanctuaires mariaux d’Europe ont désormais adopté des positions différentes face aux œuvres de Marko Rupnik. Alors que Lourdes a décidé de maintenir définitivement couvertes les mosaïques de l’ancien jésuite, accusé par plusieurs femmes d’abus sexuels, spirituels et psychologiques, le sanctuaire de Fatima conserve l’immense composition qui domine le chœur de la basilique de la Très-Sainte-Trinité.

La décision portugaise n’est pas nouvelle, mais elle vient d’être confirmée. Dans un article publié ce 21 septembre par ANSA , Monseigneur Virgílio Antunes, évêque de Coimbra, président de la Conférence épiscopale portugaise et président du Conseil national du sanctuaire de Fatima, a indiqué qu’il n’existait pas, « à l’heure actuelle », de raisons conduisant à modifier la position déjà adoptée par le sanctuaire.

L’œuvre concernée est monumentale. Elle occupe environ 500 m², avec 50 mètres de largeur et 10 mètres de hauteur, derrière le maître-autel de la basilique de la Très-Sainte-Trinité. Cette dernière, qui peut accueillir 8 633 fidèles, a été dédiée le 12 octobre 2007 par le cardinal Tarcisio Bertone, alors secrétaire d’État de Benoît XVI.

La mosaïque n’est d’ailleurs pas matériellement l’œuvre d’un seul homme. Conçue sous la direction de Marko Rupnik, elle a mobilisé une équipe d’environ vingt artistes originaires de huit pays et appartenant à quatre Églises chrétiennes. Lors de sa réalisation en 2007, Rupnik expliquait que chaque élément de la composition était passé neuf fois entre les mains de l’équipe. Cette dimension collective constitue aujourd’hui l’un des éléments invoqués pour expliquer les réticences à faire disparaître l’ensemble.

La position de Mgr Antunes est cependant plus nuancée qu’une simple défense de l’autonomie de l’œuvre par rapport à son auteur. Le prélat reconnaît lui-même que l’on ne peut pas entièrement séparer une œuvre d’art « du contexte et des circonstances » dans lesquels elle a été créée. Il estime néanmoins qu’aucun élément nouveau ne justifie actuellement de revenir sur la décision du sanctuaire. Précisons que Fatima avait par ailleurs clairement pris ses distances avec Rupnik. Le sanctuaire avait déclaré condamner « catégoriquement » les actes qui lui sont reprochés et exprimé sa solidarité avec les victimes. Une mesure concrète avait été prise : ne plus utiliser les images de la mosaïque dans les supports de communication et de promotion du sanctuaire, sans toutefois masquer ou retirer l’œuvre elle-même.

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Enfin Monseigneur Antunes a reconnu que la Conférence épiscopale portugaise n’avait pas organisé de consultation spécifique des victimes concernant l’avenir de la mosaïque. Il affirme toutefois que l’Église portugaise considère leur écoute, leur accompagnement, leur souffrance et leur dignité comme essentiels dans le traitement de ces affaires. Cette position contraste désormais fortement avec celle adoptée à Lourdes. Monseigneur Jean-Marc Micas a choisi de laisser définitivement couvertes les mosaïques de Rupnik ornant les portes de la basilique Notre-Dame-du-Rosaire. Le sujet avait fait l’objet d’un long discernement, précisément en raison de la souffrance exprimée par des victimes face à la présence des œuvres de l’artiste dans un sanctuaire consacré à la prière et à l’accueil des personnes fragiles.

Le débat pourrait toutefois ressurgir rapidement. En 2027, le sanctuaire célébrera le 110e anniversaire des apparitions de Fatima, tandis que l’éventualité d’une venue de Léon XIV au Portugal est déjà évoquée. Les responsables portugais ont indiqué qu’une éventuelle instruction du Saint-Siège concernant les œuvres de Rupnik serait naturellement prise en compte.

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