La demande est officielle et intervient à un moment diplomatique soigneusement choisi. Dans un communiqué publié le 14 septembre 2026, la Commission américaine sur la liberté religieuse internationale (USCIRF) appelle Donald Trump à poursuivre personnellement ses démarches auprès de Xi Jinping afin d’obtenir la libération de prisonniers détenus en Chine pour des motifs liés à leur religion ou à leurs convictions.
La rencontre entre les deux présidents est prévue le 24 septembre aux États-Unis. Pour l’USCIRF, organisme fédéral indépendant et bipartisan créé par le Congrès américain, ce sommet doit permettre à Washington de remettre sur la table un dossier que les relations économiques entre les deux puissances pourraient facilement reléguer au second plan : celui de la liberté religieuse en Chine.
« Prendre à nouveau la parole envoie un signal clair et cohérent », affirme le président de l’USCIRF, Asif Mahmood. Selon lui, les États-Unis doivent signifier au Parti communiste chinois qu’ils attendent de lui qu’il respecte sa population au lieu de persécuter des millions de personnes en raison de leur pratique religieuse.
Le précédent du pasteur Ezra Jin
La Commission ne s’adresse pas à Donald Trump par hasard. Elle rappelle qu’une intervention personnelle du président américain a déjà produit un résultat concret. Lors du sommet sino-américain organisé à Pékin en mai dernier, Donald Trump avait directement demandé à Xi Jinping la libération du pasteur Ezra Jin, responsable de la Zion Church. Deux mois plus tard, en juillet, les autorités chinoises l’ont libéré et lui ont permis de rejoindre les États-Unis, où vit sa famille.
Mais cette libération ne signifie nullement la fin de la répression. Huit responsables de la Zion Church arrêtés avec Ezra Jin demeurent détenus : Wang Lin, Yin Huibin, Wang Cong, Lin Shucheng, Liu Zhenbin, Gao Yingjia, Wang Zhong et Wu Qiuyu. L’USCIRF rappelle que le Parti communiste chinois a lancé en 2025 une nouvelle campagne contre les « Églises domestiques », ces communautés chrétiennes qui refusent de se placer entièrement sous le contrôle des structures religieuses reconnues par l’État.
Ce précédent nourrit aujourd’hui l’espoir de voir la diplomatie présidentielle américaine obtenir d’autres libérations.
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Jimmy Lai parmi les noms remis à Trump
La liste transmise par l’USCIRF est particulièrement significative. La Commission demande à Donald Trump d’intervenir notamment pour Gulshan Abbas, Ekpar Asat, le pasteur Gao Quanfu et son épouse Pang Yu, le Panchen Lama Gedhun Choekyi Nyima et sa famille. Et pour Jimmy Lai. Le nom du magnat de la presse hongkongaise occupe une place particulière pour les catholiques. Converti au catholicisme en 1997, fondateur du quotidien Apple Daily et l’une des figures les plus connues du mouvement prodémocratie de Hong Kong, Jimmy Lai est emprisonné depuis décembre 2020.
Son cas est devenu emblématique de la reprise en main de Hong Kong par Pékin et de l’application de la loi sur la sécurité nationale. Mais derrière la personnalité politique et médiatique se trouve aussi un catholique dont la foi a régulièrement été mise en avant par ses proches.
L’USCIRF demande également aux autorités chinoises de délivrer un passeport au pasteur John Cao, résident permanent légal des États-Unis, afin qu’il puisse retrouver sa famille et recevoir aux États-Unis les soins médicaux dont il aurait urgemment besoin.
Une liberté religieuse toujours étroitement contrôlée
L’appel intervient dans un contexte plus général de durcissement du contrôle exercé par Pékin sur les religions. Églises protestantes indépendantes, catholiques refusant certaines structures officielles, musulmans ouïghours et bouddhistes tibétains sont soumis, selon des modalités différentes, à une politique dans laquelle la pratique religieuse doit s’inscrire dans le cadre défini par le Parti communiste chinois. Dans son rapport annuel 2026, l’USCIRF a recommandé au département d’État américain de maintenir la Chine parmi les « pays particulièrement préoccupants » en matière de liberté religieuse, estimant que les violations y sont « systématiques, continues et flagrantes ».
La rencontre du 24 septembre constituera donc un rendez-vous diplomatique particulièrement observé. Commerce, relations stratégiques et rivalité entre les deux puissances occuperont nécessairement une grande partie des discussions. L’USCIRF demande que les prisonniers religieux ne disparaissent pas derrière ces dossiers.
La libération d’Ezra Jin a montré qu’une intervention au plus haut niveau pouvait avoir des conséquences concrètes. À quelques jours de retrouver Xi Jinping, Donald Trump est désormais publiquement appelé à intervenir de nouveau. Et cette fois, parmi les noms posés sur la table se trouve celui de Jimmy Lai.


