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« Chaque avortement implique la mort d’un enfant et porte atteinte à la mère » alertent les évêques américains

A gauche, Monseigneur Daniel E. Thomas, évêque de Toledo et Monseigneur Paul S. Coakley
A gauche, Monseigneur Daniel E. Thomas, évêque de Toledo et Monseigneur Paul S. Coakley
Depuis le 18 août, les évêques américains appellent les catholiques à se mobiliser contre la diffusion des pilules abortives, désormais accessibles par télémédecine et expédiées par courrier jusque dans des États où l’avortement est interdit. Cette campagne nationale de prière, d’information et d’action se poursuivra jusqu’au 31 octobre

Quatre ans après la décision historique de la Cour suprême renversant Roe v. Wade, la bataille américaine autour de l’avortement a changé de terrain. Aux affrontements devant les cliniques et dans les assemblées des États s’ajoute désormais un phénomène beaucoup plus difficile à contrôler : les pilules abortives prescrites à distance et expédiées par courrier. C’est précisément contre cette évolution que la Conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB) a lancé, le 18 août, une initiative nationale qui se poursuivra jusqu’au 31 octobre. Elle englobe ainsi le Respect Life Month, organisé chaque année par l’Église catholique américaine durant le mois d’octobre.

L’appel est porté conjointement par Monseigneur Paul S. Coakley, archevêque d’Oklahoma City et président de l’USCCB, et Monseigneur Daniel E. Thomas, évêque de Toledo et président du Comité pour les activités pro-vie.

« Chaque avortement implique la mort d’un enfant et porte atteinte à la mère », déclarent les deux évêques. « Désormais, avec un accès plus facile aux pilules abortives, le taux d’avortement augmente tragiquement, tout comme les risques accrus pour la santé. » L’initiative ne se limite pas à la prière. Les catholiques sont invités à invoquer saint Joseph sous le titre de « Défenseur de la vie », mais également à s’informer, à diffuser des données sur les pilules abortives et à interpeller pharmacies, distributeurs et entreprises pharmaceutiques.

Le contexte explique cette mobilisation. Le 24 juin 2022, l’arrêt Dobbs v. Jackson Women’s Health Organization a supprimé la protection constitutionnelle fédérale de l’avortement établie près d’un demi-siècle auparavant par Roe v. Wade. Depuis, treize États appliquent une interdiction totale de l’avortement. Mais cette nouvelle géographie juridique a été progressivement contournée par la télémédecine. Selon le Guttmacher Institute, organisme favorable au droit à l’avortement et l’une des principales sources statistiques américaines sur le sujet, environ 1,13 million d’avortements ont été pratiqués par des professionnels aux États-Unis en 2025. Surtout, quelque 91 000 avortements ont été fournis par télémédecine cette même année à des femmes résidant dans les treize États appliquant une interdiction totale.

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Le phénomène dépasse ces seuls États. Les législations dites shield laws, ou « lois-boucliers », adoptées dans plusieurs États favorables à l’avortement, protègent des professionnels de santé prescrivant à distance des produits abortifs à des femmes résidant dans des territoires où l’avortement est interdit ou fortement restreint.

Une frontière juridique peut ainsi être franchie par une consultation en ligne, une prescription et un colis postal.

La mifépristone occupe une place centrale dans cette transformation. Dès décembre 2021, la Food and Drug Administration avait supprimé définitivement l’obligation de délivrance physique du médicament. En janvier 2023, elle avait encore modifié ses règles afin de permettre à certaines pharmacies de délivrer la mifépristone sous réserve de certification. La mobilisation des évêques intervient donc dans un paysage profondément différent de celui de juin 2022. La victoire juridique obtenue avec Dobbs n’a pas entraîné mécaniquement la disparition de l’avortement dans les États qui l’interdisent. Les réseaux favorables à l’avortement ont adapté leurs pratiques à la télémédecine et à l’expédition postale.

Pour l’épiscopat américain, l’enjeu est également médical et humain. Il dénonce la banalisation d’un processus pouvant désormais se dérouler au domicile de la femme après une consultation à distance et insiste sur les risques qu’il associe à cette absence de rencontre médicale physique.

Pendant près de cinquante ans, le mouvement pro-vie américain avait concentré une grande partie de ses efforts sur l’annulation de Roe v. Wade. Depuis Dobbs, le combat s’est fragmenté entre les cinquante États et se heurte désormais à une technologie capable de franchir leurs frontières. C’est tout le sens de l’initiative lancée cet été par les évêques : après la Cour suprême, les assemblées législatives et les cliniques, la bataille autour de l’avortement se joue désormais jusque dans les foyers américains.

Communiqué des évêques américains

Traduction TC

« WASHINGTON – Le Comité pour les activités pro-vie de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis invite les catholiques à participer à un effort particulier de prière et d’action destiné à enrayer la diffusion des pilules abortives.

Cette initiative se déroule du 18 août au 31 octobre 2026. Elle comprend donc le Respect Life Month, le mois consacré chaque année en octobre au respect de la vie par l’Église catholique aux États-Unis.

Mgr Paul S. Coakley, président de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis, et Mgr Daniel E. Thomas, président du Comité pour les activités pro-vie de l’USCCB, ont lancé conjointement cette initiative.

Ils rappellent que « chaque avortement implique la mort d’un enfant et porte atteinte à la mère ». Ils soulignent également que la plus grande facilité d’accès aux pilules abortives s’accompagne, selon eux, d’une hausse du nombre d’avortements ainsi que de risques accrus pour la santé des femmes.

Les participants sont invités à demander l’intercession de saint Joseph, invoqué comme « Défenseur de la vie ».

L’USCCB les encourage parallèlement à s’informer sur les dangers qu’elle associe aux pilules abortives. Celles-ci sont notamment devenues accessibles à la suite de consultations réalisées par télémédecine ainsi que par l’intermédiaire de pharmacies.

Les évêques invitent enfin les participants à faire connaître ces informations autour d’eux et à prendre part aux actions proposées par la campagne Respect Life Prayer and Action. Celle-ci permet notamment d’adresser des messages aux pharmacies, aux distributeurs et aux entreprises pharmaceutiques concernant la diffusion des pilules abortives. »

Source https://www.usccb.org/

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