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[ÉDITORIAL] Visite du pape Léon XIV : 4 jours à la gloire de Dieu et un souffle d’espérance pour l’Église et pour la France

La force et la bienveillance dans le regard du pape Léon XIV - capture  lors de son passage à Metz
La force et la bienveillance dans le regard du pape Léon XIV - capture lors de son passage à Metz
Léon XIV est venu réparer, réconcilier et rallumer l’étincelle de ce feu qui brûle encore au cœur de l’Église de France

Par Philippe Marie

La messe célébrée par Léon XIV dans la cathédrale Saint-Étienne de Metz vient de s’achever, marquant la dernière grande étape de ces quatre journées historiques. Le Saint-Père a rencontré une dernière fois le président de la République, Emmanuel Macron, avant de reprendre le chemin de Rome, au terme d’un voyage qui aura profondément marqué l’Église de France. Il faudra du temps pour mesurer ce que la France vient de vivre. Quatre jours pendant lesquels les images ont parfois parlé plus fort que les discours.

Cette visite apostolique est historique, non pas seulement par la nature des événements et les foules rassemblées, mais aussi et surtout par la portée spirituelle de l’événement : il y aura un avant et un après, c’est évident.

Des centaines de milliers de fidèles rassemblés autour du successeur de Pierre, des jeunes chantant leur foi à pleins poumons, des malades bouleversés par la présence du Saint-Père, des évêques réunis autour de lui et, partout, cette même ferveur, cette même joie, cette même soif du Christ. On nous avait tellement parlé d’une Église qui n’en finit plus de traverser le drame des abus, d’une Église qui n’ose plus faire entendre sa voix dans le débat public, d’une Église confrontée à la crise des vocations, à la baisse de la pratique religieuse et aux difficultés de la transmission. Une Église parfois tentée par le silence, comme si le poids de ses blessures devait désormais l’empêcher d’annoncer au monde la force de l’Évangile.

Et voici qu’un pape traverse la France et que surgit, sous les yeux de tous, un peuple immense, priant, chantant, espérant. Un peuple qui n’a pas disparu. Un peuple qui attendait peut-être simplement qu’on lui rappelle la grandeur de sa vocation.

Léon XIV, plein d’une force paisible, n’est pas venu flatter la nostalgie d’une France catholique révolue. Il est venu réveiller une espérance, rappeler des exigences et redonner à l’Église de France la conscience de sa mission.

Quatre jours qui ont révélé la vitalité du peuple de Dieu

À Paris, devant les autorités de la République, le Pape a rappelé que les chrétiens engagés dans la vie publique ne sauraient être considérés comme une menace pour l’unité nationale, face à une laïcité étouffante, contraignante et de plus en plus hostile à l’expression publique des valeurs chrétiennes. Il a également réaffirmé le caractère sacré de la vie humaine, la place de la famille et la légitimité de la contribution chrétienne au bien commun.

À l’UNESCO, il a prolongé cette réflexion en plaçant la dignité humaine, la liberté religieuse et la transmission au cœur de son intervention. Puis vinrent les images. La majesté de Notre-Dame de Paris, les 80 000 jeunes du Stade de France et sa veillée historique et magnifique, puis ce silence saisissant au moment de la vénération de la Sainte Tunique du Christ mais aussi l’immense foule de la Concorde, où plus de 800 000 fidèles se sont rassemblés pour la messe. Des images qui ont montré une jeunesse et un peuple de Dieu désireux de témoigner du Christ et une Église capable de réunir toutes les générations, toutes les races, toutes les cultures dans une même communion.

À Lourdes, la rencontre avec les malades, l’émotion des hospitaliers et cette extraordinaire procession aux flambeaux ont donné à ce voyage une profondeur particulière. Dans cette marée de lumière, sous le regard de la Vierge Marie, la foi populaire retrouvait toute sa beauté. Mais le Pape a aussi rappelé, à travers son attention aux victimes d’abus, que l’Église ne saurait avancer sans vérité, sans justice et sans réparation.

Enfin, à Metz, Léon XIV a martelé ce que certains voudraient nous faire oublier pour imposer une idéologie de la confusion : « L’Europe plonge ses racines dans la vie et l’œuvre d’hommes et de femmes qui ont vécu, prêché et partagé les enseignements de l’Évangile. »

Cette affirmation dépasse largement le simple rappel historique. Le Pape souligne que l’héritage chrétien de l’Europe ne se réduit ni à ses cathédrales, ni à ses monuments, ni même à ses traditions. Il est d’abord le fruit d’une foi vécue et transmise par des générations d’hommes et de femmes qui ont façonné la conscience européenne. Reconnaître ces racines ne consiste pas à idéaliser le passé, mais à refuser l’effacement d’un héritage spirituel qui demeure essentiel pour comprendre notre histoire et construire notre avenir. C’est aussi rappeler aux chrétiens d’aujourd’hui qu’ils sont les héritiers d’une responsabilité : transmettre à leur tour ce qu’ils ont reçu.

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Léon XIV est reparti. À l’Église de France de répondre.

Ces quatre journées ne doivent pas devenir le souvenir magnifique d’une parenthèse enchantée. L’émotion ne suffira pas à remplir les séminaires, à ramener les fidèles dans les églises ou à restaurer la confiance de ceux que l’Église a blessés. Mais cette visite a révélé une réalité qu’il serait désormais difficile d’ignorer : la foi catholique possède encore en France une extraordinaire capacité de rassemblement, de transmission et d’espérance.

Il appartient maintenant aux évêques, aux prêtres et à tous les fidèles de transformer cet élan en un véritable renouveau spirituel. Passer du réveil, à un renouveau durable de l’Eglise de France. Cela suppose de retrouver le courage d’annoncer le Christ sans timidité, de défendre la dignité et le caractère sacré de toute vie humaine, de soutenir et d’encourager les vocations et de redonner aux familles les moyens de transmettre la foi.

Il faudra également que l’Église de France retrouve toute sa liberté de parole. Une Église qui renoncerait à intervenir dans les grands débats de société, par crainte de déplaire ou de provoquer la controverse, se priverait elle-même d’une part essentielle de sa mission. Le dialogue avec le monde ne saurait exiger le silence sur les convictions qui fondent son enseignement. Mais ce renouveau ne viendra pas seulement des institutions. Il naîtra aussi de ces jeunes et de ces familles qui font l’Eglise, qui ont chanté au Stade de France, qui prient ensemble au quotidien et de tous ces catholiques qui vivent discrètement l’Évangile. La France vient de vivre quatre jours de gloire, non pas celle des puissants, des honneurs ou des triomphes humains, mais celle d’un peuple rassemblé autour du Christ. Léon XIV est venu rallumer le feu. À l’Église de France, désormais, de ne pas le laisser s’éteindre.

Merci au pape Léon XIV.

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