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« Christianophobie décomplexée » : que s’est-il passé à Marseille autour d’une soirée « Sainte Verge » pour l’Assomption ?

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À Marseille, une soirée organisée le 15 août dans un bar LGBT a détourné explicitement la fête de l’Assomption et la figure de la Vierge Marie. Le sénateur des Bouches-du-Rhône Stéphane Ravier dénonce une « christianophobie décomplexée » et interpelle le maire Benoît Payan

Que s’est-il passé à Marseille en cette fête de l’Assomption ? La polémique est née de la programmation d’un bar LGBT marseillais qui avait choisi la date hautement symbolique du 15 août pour organiser une soirée jouant explicitement avec les références catholiques.

L’événement était présenté sous le titre « Fête de la v(i)erge », détournement explicite de la Vierge Marie et de la fête de son Assomption. Le programme annonçait notamment une « bénédiction par la sainte verge », suivie d’un « quizz sur la sexualité des religieux », avant un spectacle de drag-queens et une soirée musicale. C’est La Dépêche du Midi qui rapporte la polémique et précise ces différents éléments, en s’appuyant notamment sur une publication Instagram des organisateurs. Le quotidien indique également que le responsable de l’établissement est un ancien adjoint chargé de la lutte contre les discriminations auprès du maire de Marseille, Benoît Payan.

Cette programmation a provoqué la réaction particulièrement vive du sénateur des Bouches-du-Rhône Stéphane Ravier. Dans une vidéo publiée le 14 août sur ses réseaux sociaux, l’élu dénonce ce qu’il qualifie de « christianophobie décomplexée ». Son message visait directement la soirée et interpellait également Benoît Payan.

« Pour le 15 août, le bar invite ses clients et ses clientes non pas à célébrer la fête de la Vierge, mais la fête de la verge ! », s’est indigné le sénateur, avant de qualifier l’initiative de « dégueulasse », « ignoble », « immonde » et « insultante ».

Au-delà de la virulence des mots employés, l’argument soulevé par Stéphane Ravier mérite d’être examiné sur le fond. Le 15 août n’est pas une date quelconque pour les catholiques. L’Assomption célèbre l’entrée de la Vierge Marie, corps et âme, dans la gloire céleste. En France, cette solennité possède en outre une profondeur historique particulière, liée notamment au vœu de Louis XIII de 1638 et à la longue tradition de dévotion mariale du pays.

Le choix d’organiser précisément ce jour-là une « bénédiction par la sainte verge » ne relève donc pas seulement d’un jeu de mots détaché de tout contexte religieux. Il repose volontairement sur le détournement d’une fête catholique, du vocabulaire de la bénédiction et surtout de la figure de la Vierge Marie, que les catholiques vénèrent comme la Mère de Dieu.

C’est précisément ce caractère intentionnel qui donne une certaine portée à l’accusation formulée par Stéphane Ravier. L’élu ne s’est d’ailleurs pas contenté de dénoncer le contenu de la soirée : il a directement interrogé le maire de Marseille, compte tenu des anciennes fonctions municipales du responsable de l’établissement. « Tous les ingrédients sont réunis pour vomir sur la religion chrétienne en général, catholique en particulier. Donc je voulais savoir ce qu’en pense Benoît Payan », a-t-il déclaré. Sur le plan juridique, il convient néanmoins de distinguer l’offense ressentie par les croyants de l’infraction pénale. Le blasphème n’est pas un délit en droit français et la liberté d’expression permet de critiquer, caricaturer ou tourner en dérision une religion et ses croyances. La « christianophobie » ne constitue pas davantage, sous cette appellation, une infraction pénale autonome.

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Mais cette réalité juridique ne suffit pas à épuiser le débat. Ce qui est légal n’est pas nécessairement respectueux, élégant ou opportun. La liberté de tourner une religion en dérision s’accompagne aussi de la liberté, pour les croyants comme pour leurs représentants politiques, de dénoncer ce qu’ils considèrent comme une provocation délibérée.

L’affaire marseillaise pose ainsi une question plus large : la dérision visant le catholicisme bénéficie-t-elle aujourd’hui d’une tolérance sociale qui serait beaucoup plus difficilement imaginable lorsqu’il s’agit d’autres religions ou de certaines minorités ? La question mérite au moins d’être posée sans être immédiatement disqualifiée.On peut contester le vocabulaire particulièrement cru de Stéphane Ravier ou ses positions politiques sans pour autant évacuer le fond de son argument. Un fait demeure : les organisateurs ont choisi l’une des plus grandes solennités du calendrier catholique pour détourner la Vierge Marie et une bénédiction religieuse dans un registre explicitement sexuel.

Pour les catholiques, il ne s’agit donc pas simplement d’un jeu de mots de mauvais goût. C’est la figure de celle qu’ils invoquent comme la Très Sainte Vierge et la Mère de Dieu qui a été volontairement utilisée. Cela permet de comprendre pourquoi une soirée revendiquée sur le registre de l’humour a pu être reçue par certains croyants comme une offense particulièrement grave.

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