Sous couvert d’accueil, de dialogue et de lutte contre les discriminations, une dérive profonde traverse aujourd’hui une partie de l’Église en Europe : celle qui consiste à taire la vérité doctrinale pour ne pas heurter, au risque de désorienter gravement les fidèles, et de tromper les homosexuels. L’exemple du diocèse de Crémone, en Italie, n’est qu’un cas parmi d’autres. À l’occasion d’une rencontre prévue le 24 avril sur « les relations homoaffectives » et d’une veillée de prière le 8 mai, le diocèse justifie son initiative par un discours révélateur.
Sur son site officiel, le diocèse explique : « Déjà l’année dernière […] nous nous étions confrontés avec un psychologue et un théologien pour mieux comprendre la signification de termes comme identité sexuelle, orientation sexuelle, genre, et pour nous mettre à l’écoute de l’Esprit, afin qu’il nous aide à comprendre la richesse de chaque personne et à marcher dans l’écoute et la fraternité. » Plus loin, il est précisé qu’il s’agit de dépasser « des incompréhensions et des préjugés ». Le vocabulaire est révélateur : compréhension, écoute, fraternité. Mais où est la vérité ? Où est le rappel clair de l’enseignement de l’Église ? L’Église a toujours distingué entre la personne, qui doit être respectée, et les actes, qui peuvent être moralement désordonnés. Cette distinction fondamentale tend aujourd’hui à disparaître.
Rappelons que « s’appuyant sur la Sainte Écriture, qui les présente comme des dépravations graves, la Tradition a toujours déclaré que “les actes d’homosexualité sont intrinsèquement désordonnés”.
(Catéchisme de l’Église catholique, n° 2357)
Le diocèse annonce ainsi une veillée de prière « pour le dépassement de toute discrimination, et en particulier de l’homotransphobie ». Mais refuser un acte que l’Église qualifie de désordonné est-ce discriminer ? Non. C’est exercer un jugement moral légitime. En ramenant tout à une question de discrimination, on évacue la question centrale, celle de la vérité. Le diocèse affirme encore : « Les communautés chrétiennes d’aujourd’hui se posent de nombreuses questions liées à la réalité des personnes LGBT+ et au chemin que l’on peut parcourir ensemble. » Or, l’Église n’est pas dans l’incertitude sur ce point. Son enseignement est constant. Faire comme si tout restait à découvrir, c’est entretenir un flou qui désoriente les consciences.
Dans ce contexte déjà troublé, le document Fiducia Supplicans n’a fait qu’ajouter de la confusion. Présenté comme une ouverture pastorale, il est souvent interprété comme une reconnaissance implicite de situations contraires à la doctrine chrétienne.Cette ambiguïté a renforcé le malaise et contribué à brouiller encore davantage la clarté du message de l’Église, en particulier en Europe.
Plus grave encore, peu de prêtres ont aujourd’hui le courage de dire ouvertement, clairement et haut et fort dans leurs homélies que l’homosexualité, en tant qu’acte, est un péché selon l’enseignement de l’Église.
Pourquoi ce silence ? Par peur des réactions, par crainte des lobbies, par peur d’être accusé de discrimination. Ce silence n’est pas sans conséquences. Voir communier des « couples homosexuels » sans que les prêtres n’aient ce courage, c’est un échec, pour ces personnes et pour la vérité.
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Le drame n’est pas d’annoncer une vérité exigeante. Le drame est de la cacher.
En réduisant le débat à une question de discrimination, on détourne les homosexuels de la question essentielle : celle de leur relation à Dieu et de leur appel à la sainteté. Mais que leur propose-t-on ? Trop souvent, un discours ambigu, qui évite soigneusement de nommer le bien et le mal. Face à cette situation, l’appel du Christ résonne avec force : « N’ayez pas peur » (cf. Évangile selon saint Matthieu 10,28).
Cet appel vaut aussi pour les pasteurs. N’ayez pas peur de dire la vérité. N’ayez pas peur d’annoncer l’Évangile dans toute son exigence. N’ayez pas peur de déplaire au monde si c’est pour être fidèles au Christ.
Cet exemple italien n’a rien d’isolé aujourd’hui. Partout en Europe, beaucoup de voix de l’Église font ce mélange des genres entre vérité du Magistère et vraie fausse discrimination, et font passer cet « accueil inconditionnel » au-delà du raisonnable, et surtout au mépris de la vérité. Heureusement, l’Afrique et les évêques africains sont clairs sur ce point et en cela aussi le continent africain devient le » vrai poumon du catholicisme » car la-bas les prêtres n’ont pas peur de dire la vérité sur ce sujet , et il ne s’agit absolument pas d’une question culturelle mais d’une question de vérité.


