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Faire payer l’entrée dans les églises : une nécessité pour leur avenir ?

Seules les églises à forte affluence de visiteurs et de touristes, comme celles qui sont à la fois des sites religieux et patrimoniaux, devraient envisager de mettre en place des entrées payantes.

Le débat autour de la question de rendre payantes les visites dans les églises refait surface, notamment après la proposition de Rachida Dati, ministre de la Culture, d’instaurer un tarif d’entrée de 5 euros pour Notre-Dame de Paris. Cette suggestion a suscité l’indignation du diocèse de Paris, mais elle soulève des interrogations légitimes sur la gestion des sites religieux face à des besoins croissants de financement. Selon la ministre, cette mesure pourrait rapporter 75 millions d’euros par an, une somme destinée à sauver les églises de France. Un modèle déjà envisagé en 2017 par Stéphane Bern, mais récemment évoqué par L’Est Républicain, qui cite l’exemple de la chapelle Notre-Dame du Haut en Haute-Saône, un site emblématique qui propose désormais une entrée payante pour ses visiteurs.

Un modèle économique durable pour la préservation des églises

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, faire payer l’entrée ne remet pas en cause l’accueil gratuit pour les fidèles. Au contraire, cela permet à l’Église de garantir la pérennité de ses sites religieux tout en répondant à un besoin financier légitime. La chapelle Notre-Dame du Haut, par exemple, a adopté cette mesure afin de financer l’entretien d’un lieu de culte exceptionnel, tout en maintenant une accessibilité spirituelle pour ceux qui viennent prier. Cette décision est loin d’être une exception et pourrait se répandre dans d’autres sites religieux à forte affluence.

Pour Justyna Lombard, responsable de la communication dans le diocèse de Belfort-Montbéliard, bien que la question de l’entrée payante ne se soit jamais posée dans leur diocèse, l’exemple de Notre-Dame du Haut démontre que cette approche peut être un modèle viable, qui répond à des exigences économiques sans altérer la dimension spirituelle des lieux.

L‘Est Républicain rapporte que le père Didier Sentenas, curé de la paroisse Mère Teresa et Saint-Pierre, reste cependant prudent, rappelant que les églises sont avant tout des lieux de culte et qu’elles doivent rester ouvertes à tous, sans conditions. Cependant, le père Sentenas reconnaît également que certaines chapelles, notamment celles à forte valeur patrimoniale, peuvent se retrouver dans une situation où l’entrée payante devient une solution pragmatique pour préserver leur avenir.

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Un équilibre entre patrimoine et spiritualité

Les critiques se concentrent souvent sur l’idée que l’entrée payante pourrait transformer l’église en un simple site touristique, mais cette mesure permet justement de maintenir un équilibre entre le rôle spirituel des églises et leur préservation en tant que patrimoine. Faire payer l’entrée à ceux qui viennent pour l’aspect culturel ou architectural ne remet pas en cause l’accès gratuit pour les personnes souhaitant pratiquer leur foi.

L’exemple de la chapelle Notre-Dame du Haut montre que les fonds récoltés grâce aux visites payantes peuvent être réinvestis dans l’entretien et la restauration des lieux de culte, permettant ainsi de les préserver pour les générations futures. Dans cette perspective, les visiteurs qui paient pour entrer contribuent non seulement à la conservation du patrimoine, mais aussi à maintenir ces lieux accessibles à tous, dans le respect de leur vocation spirituelle. Ce modèle économique permet de financer des restaurations coûteuses et de garantir la continuité de l’accueil dans des sites qui, sans ce soutien financier, risqueraient de se détériorer.

Un avenir à assurer pour les églises

Seules les églises à forte affluence de visiteurs et de touristes, comme celles qui sont à la fois des sites religieux et patrimoniaux, devraient envisager de mettre en place des entrées payantes. Cette mesure permettrait de récolter les fonds nécessaires à la préservation de ces sites emblématiques tout en garantissant la continuité de l’accueil dans des églises plus modestes, qui resteront accessibles gratuitement pour les fidèles. Ainsi, l’entrée payante ne remet pas en cause l’ouverture des lieux de culte aux croyants, mais offre une solution pragmatique pour financer l’entretien et la conservation des églises les plus sollicitées, tout en respectant leur vocation spirituelle.

Le financement de la préservation des églises et chapelles historiques devient un enjeu crucial face à des coûts de plus en plus élevés pour l’entretien du patrimoine religieux. Si la question de faire payer l’entrée reste sensible, elle représente néanmoins une solution de financement durable, permettant de garantir l’avenir de ces lieux sacrés sans nuire à leur vocation spirituelle.

En conclusion, rendre l’entrée payante dans certaines églises et chapelles n’est pas une mauvaise idée, à condition que cela soit appliqué de manière réfléchie. Comme le montre L’Est Républicain, le modèle économique des visites payantes peut être une solution pragmatique pour concilier préservation du patrimoine et maintien de l’accessibilité spirituelle. En protégeant les lieux de culte tout en maintenant leur ouverture, l’Église peut garantir un avenir pour ces sites emblématiques, tout en restant fidèle à sa mission d’accueil et de prière.

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