Les responsables des conférences épiscopales catholiques d’Allemagne, du Canada, des États-Unis, de France, de Grande-Bretagne, d’Italie et du Japon ont donc adressé un message commun aux chefs d’État et de gouvernement. Soutenu par le président de la Commission des épiscopats de l’Union européenne (COMECE), ce texte constitue un rappel ferme des principes de la doctrine sociale de l’Église dans un contexte international marqué par les guerres, les fractures géopolitiques, les inégalités et les défis technologiques.
Parmi les signataires figurent notamment le cardinal Jean-Marc Aveline pour la France, le cardinal Matteo Maria Zuppi pour l’Italie, le cardinal Tarcisio Isao Kikuchi pour le Japon, ainsi que Mgr Paul Coakley pour les États-Unis et Mgr Heiner Wilmer pour l’Allemagne. Le document s’ouvre sur un constat préoccupant : « la dignité de toute personne humaine doit demeurer le fondement de toute gouvernance politique et économique ». Les évêques rappellent que les décisions prises par les pays du G7 ont des conséquences directes sur l’avenir du monde et appellent les dirigeants à exercer leur responsabilité au service du bien commun.
Le premier axe de leur réflexion concerne la paix. Face à la multiplication des conflits, les signataires invitent les États à réaffirmer leur attachement au droit international et au multilatéralisme. Ils citent explicitement l’Ukraine, la Terre Sainte, le Soudan, le Sahel ou encore l’est de la République démocratique du Congo comme autant de foyers de violence exigeant un engagement renouvelé pour la réconciliation et la négociation.
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Les évêques s’inquiètent également de la diminution de l’aide publique au développement observée dans plusieurs pays occidentaux. Alors que les besoins humanitaires explosent, ils demandent que la lutte contre la pauvreté, l’accès aux soins, à l’éducation et à l’alimentation demeurent des priorités. Ils mettent aussi en garde contre un commerce international qui sacrifierait les populations locales ou l’environnement aux seuls impératifs économiques. Une place importante est consacrée à l’intelligence artificielle. S’appuyant sur l’encyclique Magnifica Humanitas du pape Léon XIV, les signataires appellent à une gouvernance éthique des nouvelles technologies. Ils reprennent notamment cette mise en garde du Saint-Père :
« Désarmer ne signifie pas renoncer à la technologie, mais l’empêcher de dominer l’humain. »
Enfin, le texte aborde la crise écologique et la question migratoire. Les évêques demandent des mesures « courageuses et vérifiables » pour répondre au changement climatique, tout en rappelant que les migrants et réfugiés doivent toujours être accueillis dans le respect de leur dignité humaine. À quelques jours de l’ouverture du G7, cet appel constitue une intervention remarquable de l’épiscopat catholique des principales puissances économiques mondiales. Dans un climat international tendu, les signataires rappellent que la paix, la justice et la protection des plus fragiles ne peuvent être considérées comme des questions secondaires, mais comme le fondement même d’un ordre international véritablement humain.


