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GPA : une « foire aux bébés »annoncée à Varsovie avec des offres jusqu’à 65 000 euros

Vue aérienne de la vieille ville de Varsovie, avec le château royal et la colonne de Sigismond - Depositphotos
Vue aérienne de la vieille ville de Varsovie, avec le château royal et la colonne de Sigismond - Depositphotos
Les évêques polonais, des juristes et des associations de défense de la vie demandent aux autorités de faire obstacle à cette nouvelle étape de la marchandisation de l’enfant

Les 12 et 13 septembre 2026, la clinique ukrainienne BioTexCom doit organiser à Varsovie des « rendez-vous promotionnels » autour de ses programmes de gestation pour autrui. La scène aurait été impensable il y a encore quelques années : dans la capitale polonaise, une entreprise étrangère doit venir présenter des programmes de gestation pour autrui, avec des prix, des rendez-vous personnalisés et la promesse d’un enfant obtenu au terme d’un contrat.

CNA Deutsch précise que l’entreprise doit proposer des consultations individuelles pour présenter ses offres, dont les tarifs s’échelonnent entre 37 000 et 65 000 euros. Le mot de « foire aux bébés » ne figure évidemment pas dans la communication de l’organisateur. Mais comment qualifier autrement un événement commercial où sont présentées, à des clients potentiels, des formules permettant d’obtenir un enfant grâce au ventre d’une autre femme ?

BioTexCom est une clinique ukrainienne spécialisée dans les programmes de procréation artificielle et de GPA à destination d’une clientèle internationale. Elle profite d’une réalité devenue banale dans ce marché mondialisé : le pays où l’agence démarche ses futurs clients, celui où la femme porte l’enfant, celui où l’enfant naît et celui où il sera ensuite élevé peuvent être quatre pays différents. La Pologne se trouve aujourd’hui dans une situation juridique ambiguë. La GPA n’y est pas encadrée par une loi spécifique. Le droit polonais reconnaît toutefois comme mère de l’enfant la femme qui accouche. Cette absence de réglementation explicite permet aux agences étrangères de prospecter et d’organiser des opérations promotionnelles, sans que le pays ne devienne nécessairement le lieu où sera exécuté le contrat.

C’est précisément ce que dénonce l’institut juridique polonais Ordo Iuris. Le 26 août dernier, cette organisation a saisi le ministre polonais de la Justice, Waldemar Żurek, afin qu’il intervienne pour empêcher l’événement. Elle affirme également que le dossier est parvenu au parquet. Pour ses juristes, un accord organisant la remise d’un enfant en contrepartie d’un paiement pourrait relever, selon les circonstances, du trafic d’êtres humains ou de la vente d’enfants.

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La réaction de l’Église polonaise ne s’est pas fait attendre. Le 27 août, la commission de bioéthique de la Conférence épiscopale polonaise a publié une déclaration signée par son président, Mgr Józef Wróbel, évêque auxiliaire de Lublin. Elle y affirme que la GPA est, « par sa nature même, mauvaise et incompatible avec la foi et la morale chrétiennes ». Les évêques rappellent surtout qu’« un enfant ne peut être considéré comme la propriété de ses parents ». Une vérité première, que l’idéologie du droit à l’enfant tend aujourd’hui à faire disparaître.

La GPA est régulièrement présentée comme un acte de générosité ou comme une libre convention entre adultes consentants. Mais le consentement ne suffit pas à rendre juste ce qui porte atteinte à la dignité humaine.

Dans une telle logique, le corps d’une femme devient un instrument de production, sa maternité une prestation et l’enfant l’objet final d’une commande. La question de l’exploitation ne peut être évacuée. Les femmes qui portent des enfants pour autrui sont souvent recrutées dans des pays ou des milieux où la précarité rend cette « offre » particulièrement attractive. Face à elles se trouvent des clients solvables, parfois venus de pays où la GPA est interdite. L’argent fait alors sauter toutes les frontières et contourne toutes les protections juridiques.

Cette affaire doit aussi retenir l’attention de la France. La GPA y demeure interdite au nom de l’indisponibilité du corps humain et de l’état des personnes. Mais certains candidats à la présidentielle comme Gabriel Attal y sont très favorables et l’interdiction nationale devient fragile lorsque des agences internationales peuvent proposer leurs services à quelques heures de Paris.

À Varsovie, ce n’est donc pas seulement une clinique qui cherche de nouveaux clients. C’est tout un marché international qui s’expose sans complexe : des femmes mises à disposition, des enfants contractualisés et des prix affichés. Les autorités polonaises auront à dire si leur territoire peut devenir une vitrine de cette industrie.

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