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« Aide à mourir » : pourquoi les évêques italiens apparaissent-ils plus « timides » que les évêques français ?

Le cardinal Matteo Zuppi, président de la Conférence épiscopale italienne - capture écran
Le cardinal Matteo Zuppi, président de la Conférence épiscopale italienne - capture écran
Le cardinal Matteo Zuppi, président de la Conférence épiscopale italienne, figure aussi emblématique que controversée, ira-t-il jusqu'à justifier l'injustifiable au nom de "l'inclusion"

L’adoption, le 15 juillet dernier, de la loi française sur l’aide à mourir continue de susciter des réactions bien au-delà des frontières de l’Hexagone. En Italie, où le Parlement réfléchit toujours à une législation sur le suicide assisté, plusieurs observateurs s’interrogent sur l’attitude de la Conférence épiscopale italienne (CEI) à la lumière de la fermeté affichée par les évêques français. Dans un article de La Nuova Bussola Quotidiana, Stefano Fontana estime que la réaction des évêques français constitue une véritable leçon pour la Conférence épiscopale italienne. Selon lui, là où l’épiscopat français a finalement parlé sans ambiguïté contre une loi jugée contraire au respect de la vie, la CEI apparaît davantage soucieuse d’accompagner le débat institutionnel.

Rappelons qu’en France, les évêques ont réagi sans détour après le vote de l’Assemblée nationale. Dans un communiqué solennel, ils ont dénoncé « une grave rupture dans l’histoire de notre pays », estimant que la France avait désormais inscrit dans son droit la possibilité de provoquer volontairement la mort. Ils ont également rappelé que cette évolution rompait avec une longue tradition de soins visant à soulager la souffrance et à accompagner toute personne jusqu’à sa mort naturelle. Cette prise de position a été largement saluée, même si certains catholiques ont regretté qu’elle intervienne tardivement.

Beaucoup auraient souhaité voir les évêques appeler à de grandes manifestations nationales ou organiser une mobilisation populaire comparable à celles qui avaient marqué d’autres grands débats de société.

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Ces rassemblements n’ont finalement pas eu lieu. En revanche, les évêques ont multiplié les interventions publiques au cours des derniers mois et ont adopté, après le vote de la loi, un ton particulièrement ferme.

Plusieurs évêques sont allés encore plus loin. Monseigneur Marc Aillet, évêque de Bayonne, Lescar et Oloron, avait notamment averti avant le vote que les parlementaires catholiques soutenant la loi sur l’aide à mourir ne pourraient plus recevoir la communion, estimant qu’un tel choix est incompatible avec l’enseignement de l’Église sur le caractère sacré de la vie humaine. Pour lui, comme pour d’autres prélats, la cohérence entre la foi professée et les actes posés dans la vie publique constitue une exigence morale.C’est précisément cette détermination qui nourrit aujourd’hui le débat en Italie.

La présidence de la Conférence épiscopale italienne avait publié, en février 2025, une note consacrée au projet de loi sur le suicide assisté. Si le texte réaffirmait que « la dignité ne disparaît pas avec la maladie », il appelait également à un large débat parlementaire et à une intervention législative respectant les décisions de la Cour constitutionnelle italienne. Pour le journaliste italien la différence entre les deux approches est profonde. Là où les évêques français ont choisi de rappeler explicitement la loi naturelle, l’Évangile et le caractère inviolable de toute vie humaine, la CEI apparaît davantage attachée au processus démocratique et au dialogue politique. Une approche que le journaliste juge insuffisante face à un enjeu aussi fondamental.

L’auteur relève également que certains médias catholiques italiens ont ouvert leurs colonnes à des réflexions favorables à une législation sur le suicide assisté, contribuant, selon lui, à semer le trouble parmi les fidèles.

Sans remettre en cause l’engagement des évêques italiens en faveur de la défense de la vie, cette comparaison met en évidence deux styles pastoraux bien différents. D’un côté, un épiscopat français qui, malgré une mobilisation publique jugée insuffisante par certains, a finalement parlé d’une voix forte après l’adoption de la loi. De l’autre, une Conférence épiscopale italienne dont les prises de position apparaissent plus prudentes et au nom de l’inclusion davantage tournées vers le dialogue avec les institutions. Une question demeure. Le cardinal Matteo Zuppi, président de la Conférence épiscopale italienne, figure aussi emblématique que controversée, notamment en raison de ses prises de position sur le dialogue interreligieux et son approche pastorale des personnes homosexuelles. Souvent accusé par ses détracteurs de tout justifier au nom de la « sacro sainte inclusion », ira-t-il jusqu’à justifier l’injustifiable face à une éventuelle légalisation de l’aide à mourir ?

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