Dans son allocution dominicale, le pape Léon XIV a d’abord commenté un passage de l’Évangile selon saint Jean, centré sur la promesse du Christ à ses disciples : « Je vais vous préparer une place ». Une parole qu’il interprète comme l’assurance que « en Dieu, il y a une place pour chacun », insistant sur le fait que « personne n’est confondu avec un autre ». Le propos s’inscrit dans une opposition classique entre deux logiques : celle d’un « monde ancien », marqué par des formes d’exclusivité, et celle d’un « monde nouveau », où « ce qui a le plus de valeur est accessible à tous ». Sans développer explicitement une analyse sociale ou politique, le pape suggère une lecture qui peut être appliquée à différents domaines de la vie collective.
Par ailleurs, c’est dans le cadre du Regina Caeli que le Saint Père a évoqué la Journée mondiale de la liberté de la presse de ce 3 mai 2026 , organisée sous l’égide de l’UNESCO. « Ce droit est souvent violé, parfois de manière flagrante, parfois de façon plus discrète », observe-t-il. Dans certains pays, ces atteintes prennent une forme directe et physique, avec des journalistes menacés, emprisonnés ou tués. En Europe, elles se manifestent plus souvent de manière indirecte, à travers des pressions économiques, éditoriales ou des formes de conformisme imposées.
Dans un contexte international marqué par des tensions croissantes autour de l’information, entre conflits armés, pressions politiques et mutations économiques du secteur, cette prise de parole s’inscrit dans une attention constante du Saint-Siège à la situation des journalistes. Elle peut aussi inviter à une réflexion au sein même des médias d’inspiration chrétienne. Certains observateurs notent en effet que, dans la presse catholique, des lignes éditoriales fortement marquées sur le plan idéologique peuvent conduire à privilégier une pensée unique , qu’elles souhaitent imposer au lecteur en discréditant toute autre approche éditoriale.
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Notons qu’en filigrane des propos du Saint père , le lien avec la méditation évangélique apparaît : si « chacun a sa place », comme le rappelle Léon XIV, cette affirmation peut aussi être comprise comme une invitation à veiller aux conditions d’expression et à leur ouverture. Dans cette perspective, la liberté de la presse ne relève pas seulement d’un cadre juridique, mais aussi d’une pratique concrète, qui engage la responsabilité des acteurs concernés.
PAPE LÉON XIV
REGINA CAELI
( Traduction TC)
Place Saint-Pierre
Ve dimanche de Pâques, 3 mai 2026
« Chers frères et sœurs, bon dimanche !
Pendant le temps pascal, comme l’Église naissante, nous revenons aux paroles de Jésus qui révèlent toute leur signification à la lumière de sa passion, de sa mort et de sa résurrection. Ce qui auparavant échappait aux disciples ou les troublait, revient maintenant à leur mémoire, réchauffe leur cœur et donne espérance.
L’Évangile proclamé ce dimanche (Jn 14, 1-12) nous introduit dans le dialogue du Maître avec les siens lors de la Dernière Cène. Nous y entendons en particulier une promesse qui nous implique dès maintenant dans le mystère de sa résurrection. Jésus dit :
« Quand je serai parti vous préparer une place, je reviendrai et je vous prendrai avec moi, afin que là où je suis, vous soyez vous aussi » (v. 3).
Les Apôtres découvrent ainsi qu’en Dieu il y a une place pour chacun. Deux d’entre eux en avaient déjà fait l’expérience dès leur première rencontre avec Jésus, près du Jourdain, lorsqu’il avait remarqué qu’ils le suivaient et les avait invités à rester chez lui cet après-midi-là (cf. Jn 1, 39).Maintenant encore, face à la mort, Jésus parle d’une maison, cette fois très grande : c’est la maison de son Père et de notre Père, où il y a de la place pour tous. Le Fils se décrit comme le serviteur qui prépare les chambres, afin que chaque frère et sœur, en arrivant, trouve la sienne prête et se sente attendu depuis toujours et enfin retrouvé.
Très chers, dans le monde ancien où nous cheminons encore, ce qui attire l’attention ce sont les lieux exclusifs, les expériences réservées à quelques-uns, le privilège d’entrer là où personne d’autre ne peut aller.Au contraire, dans le monde nouveau vers lequel le Ressuscité nous conduit, ce qui a le plus de valeur est accessible à tous. Et cela n’en perd pas pour autant son attrait. Bien au contraire : ce qui est ouvert à tous devient source de joie. La gratitude remplace la compétition ; l’accueil efface l’exclusion ; l’abondance ne produit plus d’inégalités.Surtout, personne n’est confondu avec un autre, personne n’est perdu. La mort menace d’effacer le nom et la mémoire, mais en Dieu chacun est enfin lui-même. En vérité, c’est ce lieu que nous cherchons toute notre vie, parfois prêts à tout pour obtenir un peu d’attention et de reconnaissance.
« Ayez foi », nous dit Jésus. Voilà le secret !
« Ayez foi en Dieu et ayez foi aussi en moi » (Jn 14, 1).
C’est précisément cette foi qui libère notre cœur de l’angoisse de posséder et d’obtenir, de l’illusion de courir après une place prestigieuse pour valoir quelque chose. Chacun a déjà une valeur infinie dans le mystère de Dieu, qui est la véritable réalité.
En nous aimant les uns les autres comme Jésus nous a aimés, nous nous donnons cette conscience. C’est le commandement nouveau : nous anticipons ainsi le ciel sur la terre et révélons à tous que la fraternité et la paix sont notre destinée.
Dans l’amour, en effet, au milieu d’une multitude de frères, chacun découvre qu’il est unique.
Prions donc la Très Sainte Vierge Marie, Mère de l’Église, afin que chaque communauté chrétienne soit une maison ouverte à tous et attentive à chacun.
Après le Regina Caeli
Chers frères et sœurs,
Le mois de mai a commencé : dans toute l’Église se renouvelle la joie de se retrouver au nom de Marie notre Mère, en particulier pour prier ensemble le Rosaire. On revit l’expérience de ces jours, entre l’Ascension de Jésus et la Pentecôte, lorsque les disciples se réunissaient au Cénacle pour invoquer l’Esprit Saint. La Très Sainte Vierge Marie était au milieu d’eux et son cœur gardait le feu qui animait la prière de tous.
Je vous confie mes intentions, en particulier pour la communion dans l’Église et pour la paix dans le monde.Aujourd’hui, on célèbre la Journée mondiale de la liberté de la presse, parrainée par l’UNESCO. Malheureusement, ce droit est souvent violé, parfois de manière flagrante, parfois de façon plus discrète. Souvenons-nous des nombreux journalistes et reporters victimes des guerres et de la violence.
Je vous salue avec affection, vous tous, fidèles de Rome et pèlerins venus de nombreux pays !
Je souhaite la bienvenue aux enseignants, religieux et laïcs ,des écoles des Sœurs Franciscaines des Sacrés Cœurs ; ainsi qu’aux fidèles de Madrid et de Grenade, de Minneapolis et de Malaisie ; et aux Péruviens qui, à Rome, forment l’Association Virgen de Chapi d’Arequipa.Je salue l’Association « Meter », qui depuis trente ans s’engage à défendre les mineurs contre le fléau des abus, en impliquant la communauté ecclésiale et civile, en éduquant à être proches des victimes et à faire de la prévention. Merci pour votre service !
Je suis heureux d’accueillir les fidèles de Padoue, le « Groupe des jeunes Valdaso » et le « Point Jeunes » de la Communauté camillienne de Piossasco, l’Action catholique du Vicariat de Noale, les jeunes de Verolanuova et Cadignano, le chœur de jeunes de Coredo-Predaia et les élèves du lycée Fardella-Ximenes de Trapani.
À tous, je souhaite un bon dimanche ! »
Source Vatican


