Depuis 2000 ans

Le Vatican expulse le fondateur de la communauté Sodalitium Christianae Vitae

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"C'est un bon signe, mais cela ne suffit pas si Figari et ses complices ne sont pas jugés par la justice civile".

Le Saint-Siège Vatican a annoncé l’expulsion de Luis Fernando Figari, fondateur de la communauté religieuse Sodalitium Christianae Vitae*, suite à des accusations de pédocriminalité et d’abus sexuels. Ce laïc de 77 ans, qui vivait en exil à Rome depuis 2015, est accusé d’avoir commis des violences physiques, psychologiques et sexuelles contre des membres de son groupe religieux ultraconservateur, établi au Pérou en 1971.

Depuis les premières révélations en 2000 par l’ex-membre José Enrique Escardó Steck, le fondateur de Sodalicio (Sodalitium Christianae Vitae) était accusé de sévices graves. Les allégations incluent des châtiments corporels sévères et des abus sexuels déguisés en rituels de purification. Les accusations ont conduit à une enquête en juillet 2023, dirigée par l’archevêque de Malte, Charles Scicluna, et le prêtre espagnol Jordi Bertomeu.

Le 15 août dernier le Vatican a pris la « décision de l’expulsion pour rétablir la justice endommagée par le comportement de M. Figari au fil des ans », a indiqué un communiqué du Dicastère pour la Vie Consacrée et les Sociétés de Vie Apostolique. Le texte souligne également la présence de « causes incompatibles et, par conséquent, inacceptables » et l’impact « grave » sur l’Église et ses fidèles.

Fernando Figari,fondateur de la communauté Sodalitium Christianae Vitae

Depuis Rome, Luis Fernando Figari continue de nier les accusations, affirmant qu’en 2016 il ne connaissait pas la réalité des victimes. Il indique qu’il était déjà en exil et soumis à son interdiction de retourner au Pérou ou de communiquer avec ses anciens membres étaient déjà en place.

José Enrique Escardó Steck, premier dénonciateur et président du Réseau des Survivants du Pérou, a salué l’expulsion mais a insisté sur la nécessité d’une action en justice. « C’est un bon signe, mais cela ne suffit pas si Figari et ses complices ne sont pas jugés par la justice civile. Il y a beaucoup d’autres abuseurs qui doivent être confrontés à la justice », a-t-il déclaré.

De son coté, la communauté Sodalitium Christianae Vitae avait pris ses distances avec Luis Figari, soulignant qu’il n’était plus un référent spirituel pour la communauté. « Cette mesure est un geste de charité pastorale, de justice et de réconciliation », a déclaré José David Correa González, supérieur général de l’association

Notons que la pression médiatique sud-américaine s’intensifie pour que les victimes reçoivent justice et réparation. Les journalistes et Les enquêteurs continuent de déterrer les affaires sombres de l’Eglise.

La communauté Sodalitium Christianae Vitae

La communauté de Sodalicio , fondée par Luis Fernando Figari le 8 décembre 1971 à Lima, est une société de vie apostolique reconnue par le Vatican en 1997. Destinée à « contrer l’influence de la théologie de la libération », cette organisation conservatrice a vu son influence croître dans le milieu politique et économique péruvien.

En janvier 2018, le Vatican a placé l’organisation sous la tutelle d’un commissaire apostolique en raison de graves irrégularités. Des enquêtes ont suivi sur des accusations de détournements de fonds et de blanchiment d’argent. Aujourd’hui, la communauté Sodalitium Christianae Vitae continue de mener des activités d’apostolat et de solidarité.

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