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Le Vatican rappelle que « nul ne peut refuser la communion à un fidèle parce qu’il souhaite la recevoir à genoux »

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Selon plusieurs médias catholiques argentins, le Dicastère pour le Culte divin aurait rappelé à deux évêques argentins que les fidèles conservent le droit de recevoir la communion à genoux et sur la langue, conformément aux normes universelles de l’Église établies notamment dans l’instruction Redemptionis Sacramentum de 2004

Une nouvelle controverse liturgique agite l’Église catholique en Argentine après plusieurs incidents liés à la manière de recevoir la communion. Selon des informations diffusées par des médias catholiques argentins, le Vatican serait intervenu auprès de deux évêques du pays afin de rappeler que les fidèles conservent le droit de recevoir l’Eucharistie à genoux et sur la langue. Le Dicastère pour le Culte divin et la Discipline des sacrements aurait ainsi échangé avec Marcelo Colombo, archevêque de Mendoza et président de la Conférence épiscopale argentine, ainsi qu’avec Gabriel Barba, évêque de San Luis. Selon ces mêmes sources (Religión en Libertad), Rome aurait rappelé que « les fidèles ont la liberté de communier selon les modalités prévues par l’Église, et cette liberté ne peut être restreinte ».

L’affaire trouve son origine dans plusieurs polémiques apparues au cours de l’année 2025. Monseigneur Colombo avait alors déclaré publiquement que « en Argentine, la communion se reçoit debout », en référence aux normes établies par la conférence épiscopale nationale. Si ces dispositions recommandent effectivement la communion debout, plusieurs fidèles ont dénoncé une interprétation jugée trop rigide de ces directives. À Mendoza, un incident particulièrement commenté se serait produit dans la basilique Saint-François. Selon les témoignages relayés par la presse catholique locale, un religieux aurait publiquement repris des fidèles qui tentaient de s’agenouiller pour recevoir l’hostie. Une personne se serait même vu refuser temporairement la communion jusqu’à ce qu’elle accepte de la recevoir debout et dans la main.

Dans le diocèse de San Luis, Mgr Barba aurait également encouragé des orientations pastorales favorisant la communion dans la main, notamment pour les ministres extraordinaires de l’Eucharistie. Cette évolution a suscité des réactions dans un diocèse historiquement marqué par une forte tradition eucharistique sous l’épiscopat de Juan Rodolfo Laise, ancien évêque connu pour sa défense de la communion sur la langue et de la révérence envers le Saint-Sacrement. La question avait pourtant déjà été clarifiée officiellement par le Saint-Siège dans l’instruction Redemptionis Sacramentum, publiée en 2004 sous le pontificat de Jean-Paul II. Le texte affirme explicitement que « chaque fidèle a toujours le droit de recevoir, selon son choix, la sainte communion dans la bouche ». Le document ajoute également qu’« il n’est pas permis de refuser la sainte communion à un fidèle au seul motif qu’il souhaite recevoir l’Eucharistie à genoux ou debout ».

Pour de nombreux catholiques, la communion reçue à genoux et sur la langue demeure un signe fort d’adoration envers la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie. D’autres privilégient la réception debout et dans la main, considérant cette pratique comme davantage conforme à certaines orientations liturgiques contemporaines.

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Le cas argentin relance ainsi un débat ancien mais toujours sensible dans l’Église catholique : jusqu’où les conférences épiscopales et les diocèses peuvent-ils adapter les pratiques liturgiques locales lorsque celles-ci touchent à des droits explicitement reconnus par le droit universel de l’Église. Au-delà de l’Argentine, cette affaire rappelle également les tensions apparues dans plusieurs pays depuis la pandémie de Covid-19, lorsque certaines restrictions temporaires concernant la communion sur la langue avaient été mises en place pour des raisons sanitaires. Dans plusieurs diocèses, ces mesures ont parfois laissé place à des habitudes pastorales durables, alimentant de nouvelles discussions sur les limites de l’autorité locale en matière liturgique.

Même en l’absence, à ce stade, d’un communiqué officiel public du Vatican sur cette intervention précise, les textes romains en vigueur demeurent sans ambiguïté : aucun fidèle ne peut être privé de la communion uniquement parce qu’il choisit de la recevoir à genoux ou sur la langue.

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