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Léon XIV : « C’est une grâce d’être les collaborateurs de Dieu »

Léon XIV lors de l'Angelus du 20 septembre 2026 - capture écran
Léon XIV lors de l'Angelus du 20 septembre 2026 - capture écran
"Les desseins de Dieu sont infiniment plus grands" : Lors de l’Angélus de ce dimanche 20 septembre, place Saint-Pierre, Léon XIV a commenté la parabole des ouvriers de la vigne. Le Pape a opposé la logique du calcul et du mérite à celle, plus exigeante, de la grâce et de la miséricorde de Dieu

« C’est une grâce d’être les collaborateurs de Dieu, de travailler dans sa vigne, de servir son Royaume de justice et de paix ! » C’est par ces mots que Léon XIV a résumé, ce dimanche 20 septembre, le sens de l’Évangile des ouvriers de la vigne (Mt 20, 1-16). La parabole est bien connue. Un maître embauche des ouvriers à différentes heures de la journée. Certains travaillent depuis le matin, d’autres ne rejoignent la vigne qu’à la dernière heure. Pourtant, le soir venu, chacun reçoit le même salaire. Les premiers protestent.

Léon XIV s’arrête sur un détail essentiel : le maître demande que les derniers soient payés devant les premiers. Leur mécontentement aurait donc pu être évité. Mais cette confrontation avec la générosité du maître appartient au sens même de la parabole. « La révélation de la bonté de Dieu s’adresse à tous, et non pas seulement à certains », explique le Pape.

L’enjeu dépasse la seule question de la rémunération. Le Christ révèle un Dieu dont la justice ne se laisse pas réduire à une comptabilité des mérites. Le salaire promis aux premiers est bien versé : personne n’est lésé. Ce qui les scandalise est la générosité accordée aux derniers. Léon XIV touche ici à une tentation spirituelle ancienne : transformer la fidélité à Dieu en titre de propriété sur sa grâce. Le Pape évoque ceux qui « se considèrent comme les premiers et estiment avoir gagné ce qu’ils sont, avoir mérité les résultats qu’ils ont obtenus ».

Cette phrase mérite d’être entendue dans toute sa portée chrétienne. La grâce ne supprime ni l’effort, ni la fidélité, ni la responsabilité. Mais elle rappelle que le salut demeure d’abord un don. Saint Paul l’exprime avec une grande netteté : « C’est bien par la grâce que vous êtes sauvés, et par le moyen de la foi. Cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu » (Ep 2, 8).

D’où cette formule particulièrement forte de Léon XIV : « Nous gagnons tous en joie, en intelligence et en avenir lorsque la loi de l’amour prend le pas sur celle du calcul, lorsque l’expérience de la miséricorde élargit celle du mérite. » Il ne s’agit pas d’opposer arbitrairement justice et miséricorde. Dans la parabole, le maître respecte la justice envers les premiers tout en exerçant sa générosité envers les derniers. La miséricorde divine ne retranche rien à la justice ; elle manifeste que Dieu peut donner davantage que ce que l’homme pense pouvoir réclamer.

Le Pape avait ouvert sa méditation par Isaïe : « Mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos chemins ne sont pas mes chemins » (Is 55, 8). Léon XIV en tire une expression remarquable : les desseins de Dieu sont « infiniment plus grands » et même « plus “humains” » que ceux des hommes marqués par le péché. Le paradoxe est profondément chrétien. L’homme croit parfois devoir protéger son intérêt contre celui d’autrui ; Dieu révèle au contraire une bonté qui n’appauvrit personne lorsqu’elle se répand. La grâce accordée au dernier venu ne diminue pas celle reçue par le premier. C’est pourquoi le Pape insiste : « Il n’y a pas de place pour l’envie et la division là où fait irruption la nouveauté de Dieu. »

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Être ouvrier de la vigne n’est donc pas d’abord revendiquer une place ou comparer son mérite à celui du voisin. C’est avoir reçu la grâce d’être appelé et de servir.

Léon XIV revient finalement au prophète Isaïe et à l’appel à abandonner « les chemins tortueux et les pensées iniques ». La parabole n’est pas seulement destinée à rassurer les ouvriers de la dernière heure. Elle demande également aux ouvriers de la première heure de convertir leur regard. Le Pape confie cette conversion à la Vierge Marie, « créature comme nous » mais « sans tache », afin, dit-il, que les voies de Dieu deviennent nos voies et ses pensées nos pensées. Après l’Angélus, Léon XIV a également exprimé sa « grande inquiétude » devant la crise humanitaire en Somalie, où violences et phénomènes climatiques extrêmes frappent particulièrement les femmes et les enfants. Il a appelé la communauté internationale à s’engager « généreusement » pour leur venir en aide.

De la vigne de l’Évangile à cet appel concret à la solidarité, le même principe traverse ainsi les paroles du Pape : recevoir la bonté de Dieu oblige aussi à élargir son regard aux autres.

PAPE LÉON XIV

ANGÉLUS

Place Saint-Pierre
Dimanche 20 septembre 2026

« Chers frères et sœurs, bon dimanche !

dans la liturgie de ce jour, le Seigneur, par la bouche du prophète Isaïe, nous offre un grand motif d’espérance, en nous disant que ses pensées ne sont pas nos pensées et que ses voies ne sont pas nos voies (cf. Is 55, 8). Oui, les desseins de Dieu sont infiniment plus grands et, disons-le, plus “humains” que ceux que nous, hommes et femmes marqués par le péché, pouvons concevoir et réaliser. C’est pourquoi cet appel du prophète est plus que jamais d’actualité : abandonner nos voies tortueuses et revenir vers le Seigneur, qui est miséricorde et pardon (vv. 6-7).

Dans l’Évangile, les paraboles de Jésus décrivent la nouveauté de ce que Dieu nous réserve, mais elles révèlent aussi, en général, la résistance que nous sommes prêts à opposer à une justice plus généreuse et à un amour plus grand. Aujourd’hui, en particulier, nous entendons le récit des ouvriers appelés à travailler dans la vigne (cf. Mt 20, 1-16) : les uns pour une journée entière, les autres seulement pour quelques heures, d’autres encore presque au moment du coucher du soleil. Mais le cœur de la parabole réside dans le moment de la rémunération, lorsque le maître tient parole envers les ouvriers de la première heure et les paie comme convenu. Mais veut qu’ils voient sa bonté et, sous leurs yeux, il traite les derniers de la même manière.

Un détail, en effet, ne doit pas nous échapper. Le maître donne à l’intendant un ordre précis à suivre : les ouvriers devront être payés « en commençant par les derniers jusqu’aux premiers » (Mt 20, 8). La réaction négative de ceux qui avaient travaillé toute la journée aurait donc pu être facilement évitée ; elle est voulue, car la révélation de la bonté de Dieu s’adresse à tous, et non pas seulement à certains. Dieu a des voies différentes et des pensées nouvelles, même pour ceux qui se considèrent comme les premiers et estiment avoir gagné ce qu’ils sont, avoir mérité les résultats qu’ils ont obtenus. Au contraire, nous gagnons tous en joie, en intelligence et en avenir lorsque la loi de l’amour prend le pas sur celle du calcul, lorsque que l’expérience de la miséricorde élargit celle du mérite, lorsque que le don de la paix suspend les rivalités et nous rapproche dans la gratitude.

Frères et sœurs, c’est une grâce d’être les collaborateurs de Dieu, de travailler dans sa vigne, de servir son Royaume de justice et de paix ! Il n’y a pas de place pour l’envie et la division là où fait irruption la nouveauté de Dieu. Cherchons donc le Seigneur tant qu’il se laisse trouver, invoquons-le tant qu’il est proche ; abandonnons les chemins tortueux et les pensées iniques (cf. Is 55, 6-7) !

Tournons notre regard vers notre Très Sainte Mère : elle est une créature comme nous, mais elle est sans tache ; c’est pourquoi elle nous aide à espérer en Dieu et à nous confier à sa miséricorde, afin que ses voies deviennent nos voies et que ses pensées deviennent nos pensées.

À l’issue de l’Angélus

Chers frères et sœurs,

je suis avec une grande inquiétude la crise humanitaire qui sévit actuellement dans certaines régions de Somalie, où des épisodes de violence et des phénomènes climatiques extrêmes aggravent les conditions de vie déjà précaires de la population, en particulier celles des femmes et des enfants. Je souhaite que la communauté internationale s’engage généreusement, afin que nos frères et sœurs ne manquent pas de l’aide nécessaire.

Et maintenant, j’adresse mes salutations à vous tous, Romains et pèlerins !

Je souhaite la bienvenue à l’évêque et aux fidèles du diocèse de Toruń, en Pologne, qui visitent en Italie les lieux où ont eu lieu des miracles eucharistiques ; ainsi qu’aux familles venues du diocèse de Spiš, en Slovaquie.

Je salue les Pères jésuites qui commencent leur nouveau parcours d’études à Rome ; ainsi que le groupe de la paroisse romaine de la Sainte Famille de Nazareth, avec la Polisportiva Centocelle et l’Oratoire « Saint-Joseph Manyanet ».

J’adresse ma bénédiction à la population de Pescantina, près de Vérone, qui se rassemble aujourd’hui autour du Monument aux anciens internés pour commémorer ceux qui ont été déportés et faits prisonniers pendant la Seconde Guerre mondiale. Je le fais pour souligner qu’il ne faut pas oublier, mais tirer les leçons de l’histoire afin de ne pas retomber dans les erreurs du passé.

Cher amis, je vous remercie d’être venus. Bon dimanche à tous ! »

Source Vatican

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