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Léon XIV dénonce « des modes de vie superficiels ou marqués par le consumérisme »

Léon XIV lors du Regina Caeli du 26 avril 2026 - capture écran
Léon XIV lors du Regina Caeli du 26 avril 2026 - capture écran
Le Saint père développe une méditation sur le Bon Pasteur qui s’élargit à une lecture des dynamiques contemporaines qui affectent la liberté, la conscience et la vie intérieure ( intégralité du texte)


En s’appuyant sur un passage de Évangile selon saint Jean, le pape reprend d’abord l’opposition structurante entre le berger et le voleur : « Celui qui entre dans l’enclos des brebis sans passer par la porte […] est un voleur et un bandit » puis « Le voleur ne vient que pour voler, égorger, faire périr. Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance ». Cette distinction permet d’introduire deux logiques opposées, l’une décrite en termes de relation et de connaissance, l’autre en termes d’intrusion et de destruction. Le discours précise ensuite la nature de la relation entre le Christ et les croyants : « il nous connaît, nous appelle par notre nom, nous guide » et « vient nous chercher quand nous nous égarons ». Ces expressions mettent en avant une dimension personnelle et dynamique, où la figure du berger n’est pas seulement symbolique mais renvoie à une interaction continue. Dans le même mouvement, il est affirmé que Jésus « ne vient pas pour asservir ou tromper notre conscience, mais pour l’illuminer », ce qui situe l’action du Christ dans le registre de la lumière et du discernement plutôt que de la contrainte.

C’est à partir de ce cadre que le pape introduit la question des « voleurs » dans un sens élargi : « ce sont ceux qui […] étouffent notre liberté ou ne respectent pas notre dignité ; ce sont les convictions et les préjugés […] ce sont les idées fausses ». L’énumération associe des comportements, des attitudes intellectuelles et des constructions culturelles, suggérant que la menace évoquée par l’image évangélique peut prendre des formes variées et parfois diffuses. Dans cette liste apparaît la formulation la plus directement liée au contexte contemporain : « des modes de vie superficiels ou marqués par le consumérisme, qui nous vident intérieurement et nous poussent à vivre toujours en dehors de nous-mêmes ». Cette phrase établit un lien explicite entre certains styles de vie et une expérience de « vide intérieur ». Le propos ne développe pas les mécanismes économiques du consumérisme, mais met l’accent sur ses effets possibles sur la vie personnelle, en particulier sur la relation à soi.

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Le discours élargit encore la perspective en évoquant d’autres réalités : « ces “voleurs” qui, en pillant les ressources de la terre, en menant des guerres sanglantes […] ne font que nous priver tous de la possibilité d’un avenir de paix et de sérénité . Ici, la catégorie inclut des phénomènes collectifs et globaux, reliant la métaphore initiale à des enjeux écologiques et politiques. L’invitation à « veiller sur la clôture de notre cœur et de notre vie » introduit ensuite une dimension de vigilance. L’image de la clôture renvoie à la nécessité de discerner ce qui est admis dans la vie personnelle, en cohérence avec la question posée : « par qui voulons-nous nous laisser guider dans notre vie ? » Cette interrogation donne au discours une dimension réflexive, invitant à évaluer les influences évoquées précédemment.Enfin, la conclusion revient à la figure du Christ en reprenant l’affirmation : « Il ne mortifie pas notre vie, mais vient pour nous la donner en abondance ». Cette phrase reprend le contraste initial et le reformule en termes de finalité, en opposant une dynamique de diminution à une dynamique de plénitude. L’ensemble de l’allocution articule ainsi des citations évangéliques et des observations sur le monde contemporain, en reliant la figure du Bon Pasteur à une réflexion sur les conditions actuelles de la vie humaine et spirituelle.

PAPE LÉON XIV

REGINA CAELI

Place Saint-Pierre
IVe dimanche de Pâques 26 avril 2026

« Frères et sœurs, bonjour et bon dimanche !

Alors que nous poursuivons notre marche dans le Temps pascal, l’Évangile nous rapporte aujourd’hui les paroles de Jésus qui se compare à un berger, puis à la porte de la bergerie (cf. Jn 10, 1-10).

Jésus oppose le berger et le voleur. Il affirme en effet : « Celui qui entre dans l’enclos des brebis sans passer par la porte, mais qui escalade par un autre endroit, celui-là est un voleur et un bandit » (v. 1). Et plus loin, de manière encore plus claire : « Le voleur ne vient que pour voler, égorger, faire périr. Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance » (v. 10). La différence est claire : le berger a un lien particulier avec ses brebis et, par conséquent, il peut entrer par la porte de la bergerie ; si, au contraire, quelqu’un doit escalader la clôture, c’est certainement un voleur qui veut voler les brebis.

Jésus nous dit qu’il est lié à nous par une relation d’amitié : il nous connaît, nous appelle par notre nom, nous guide et, comme le berger le fait avec ses brebis, vient nous chercher quand nous nous égarons et panser nos blessures quand nous sommes malades (cf. Ez 34,16). Jésus ne vient pas comme un voleur pour nous dérober notre vie et notre liberté, mais pour nous conduire sur les bons chemins. Il ne vient pas pour asservir ou tromper notre conscience, mais pour l’illuminer de la lumière de sa sagesse. Il ne vient pas pour ternir nos joies terrestres, mais pour les ouvrir à un bonheur plus complet et plus durable. Celui qui se confie en Lui n’a rien à craindre : Il ne mortifie pas notre vie, mais vient pour nous la donner en abondance (cf. v. 10).

Frères et sœurs, nous sommes invités à réfléchir et surtout à veiller sur la clôture de notre cœur et de notre vie, car celui qui y entre peut multiplier la joie ou, comme un voleur, nous la voler. Les « voleurs » peuvent prendre bien des visages : ce sont ceux qui, malgré les apparences, étouffent notre liberté ou ne respectent pas notre dignité ; ce sont les convictions et les préjugés qui nous empêchent d’avoir un regard serein sur les autres et sur la vie ; ce sont les idées fausses qui peuvent nous conduire à faire des choix négatifs ; ce sont des modes de vie superficiels ou marqués par le consumérisme, qui nous vident intérieurement et nous poussent à vivre toujours en dehors de nous-mêmes. Et n’oublions pas non plus ces « voleurs » qui, en pillant les ressources de la terre, en menant des guerres sanglantes ou en alimentant le mal sous toutes ses formes, ne font que nous priver tous de la possibilité d’un avenir de paix et de sérénité.

Nous pouvons nous interroger : par qui voulons-nous nous laisser guider dans notre vie ? Quels sont les « voleurs » qui ont tenté de pénétrer dans notre enclos ? Y sont-ils parvenus, ou avons-nous été capables de les repousser ?

Aujourd’hui, l’Évangile nous invite à faire confiance au Seigneur : Il ne vient pas nous voler quoi que ce soit, bien au contraire, Il est le Bon Pasteur, qui multiplie la vie et nous l’offre en abondance. Que la Vierge Marie nous accompagne toujours sur notre chemin et intercède pour nous et pour le monde entier. »

Source Vatican

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